Pour mon premier jour à Paris, j'ai eu droit au trafic ralenti sur la ligne de métro suite à un incident voyageur, à la pluie en continu toute la journée même si le calendrier voulait me faire croire que nous étions passés à la saison estivale, et au choc des prix affichés dans les vitrines du quartier (107€ pour un shampooing / coupe / brushing, sérieusement ???). Très rapidement, j'ai pris le rythme du métro - boulot - dodo, même s'il est plus juste dans mon cas de parler de aérosol - métro - boulot - kiné - aérosol - dodo.
Justement, une de mes préoccupations pour bien démarrer cette nouvelle étape est de trouver un cabinet de kiné respi grâce à qui je vais pouvoir reprendre des séances quotidiennes avec un professionnel. Je me rappelle de mon arrivée à HEC, c'était exactement la même situation. Je débarquais de ma province et je devais mettre en place une structure de soins adaptée. J'avais été confrontée aux démarches administratives de la sécu étudiante, qui n'avait pas l'air pressée de valider ma prise en charge à 100% d'ALD (Affection de Longue Durée). C'était ma première prise de contact avec un CRCM adulte. J'avais eu du mal à trouver une pharmacie pour mes traitements quotidiens. Mais au milieu de toutes ces galères, j'avais eu la chance de trouver une kiné en or.
Cette fois-ci, je reviens de presque 10 ans à l'étranger, pendant lesquels j'ai continué à cotiser à la Sécurité Sociale française par le biais de la Caisse des Français de l'Etranger. Me voici une nouvelle fois aux prises avec la bureaucratie de la Sécu, mais je suis plus patiente qu'avant. Mon dossier est prêt, ainsi que tous les justificatifs demandés, il faut juste laisser le temps à ma nouvelle caisse d'en faire connaissance.
Grâce à ma visite du mois de mai, je suis déjà familière avec le CRCM de Cochin et son fonctionnement. Je suis encore en recherche d'un kiné et d'une pharmacie, sauf que j'ai emporté quelques provisions de médicaments dans mes bagages, et je sais maintenant faire mes séances de kiné toute seule avec un Flutter.
Je me sens donc bien préparée pour me lancer dans cette nouvelle étape. Jusqu'à la semaine prochaine (quand je recevrai les résultats de mon ECBC), je veux également croire que j'ai laissé à Madrid le staphylocoque et le pyo qui m'ont mise à plat ces derniers mois.
Alors voilà, le moral est au beau fixe, maintenant je crois le calendrier qui me dit que c'est l'été !
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 22 septembre 2002
Nous formions une grande communauté d’étudiants, mais au final, les profils ne variaient pas énormément. Chacun était issu d’une bonne famille, avait reçu une bonne éducation, et on se félicitait mutuellement d’avoir eu des bonnes notes à l’école. Bref, comme le disait maman, tous les jeunes garçons que je croisais correspondaient en tout point au gendre idéal. Mais elle avait vite compris que ma préoccupation première en arrivant là n’était pas de me caser. Au contraire, l’item numéro un de ma to-do list était de retrouver une structure de soins adaptée. Sauf que là, je ne pouvais plus compter sur l’aide des parents, j’étais partie bien loin de Toulouse.
J’avais eu de la chance de rencontrer Emma. Elle venait tout juste de finir l’école de kiné et avait été embauchée comme assistante au cabinet de Jouy-en-Josas. Elle adaptait les rendez-vous des autres en fonction de mes horaires, en disant que les mamies de Jouy n’avaient aucune contrainte d’emploi du temps, ce qui n’était pas mon cas. En plus, Emma se déplaçait jusqu’au campus tous les jours, et ça m’arrangeait bien car je n’avais pas de moyen de transport. Elle m’avait même emmenée à la pharmacie du village, car il fallait que je me fournisse en médicaments tous les mois. J’avais une ordonnance du Docteur Sab encore valide, mais comme mes papiers étaient en train de se mettre en place auprès de la sécu étudiante, le pharmacien refusa de prendre sur lui le tiers payant et je dus régler moi-même mes doses de Créon pour le premier mois. J’étais révoltée par son attitude, mais je ne dis rien. C’était la seule pharmacie des environs, donc j’avais plutôt intérêt à bien m’entendre avec lui. Autant faire bonne figure.