Au retour des vacances l’été dernier, j’ai subi une opération lourde. (Je vous en avais parlé dans ce billet.) Qui dit « opération » dit également « cicatrice », et même « cicatrices ».
Je me suis fait surprendre par le retour de mes anciens complexes, au point de me demander si j’allais oser remettre un bikini pour les prochaines vacances. Ce n’était sûrement pas la priorité du moment, mais cette question tournait à l’obsession. J’ai mis presque vingt ans à accepter mon corps en bikini, et j’avais l’impression que je pouvais en reprendre pour vingt ans avant de m’exposer en bikini.
La cicatrice qui me barre le ventre depuis toujours a servi de nouveau d’ouverture pour accéder à mes intestins, et elle a été légèrement rallongée à la fermeture.
Les petites cicatrices annexes ont plutôt bien évolué, elles se remarquent à peine.
La rééducation avec la kinésithérapeute a duré plusieurs mois, à raison d’une séance par semaine, pour casser les adhérences sous la cicatrice et pour que je puisse retrouver de la mobilité au niveau des abdominaux. Néanmoins, un aspect très positif de la rééducation et que j’avais complètement sous-estimé au départ, c’est que j’ai appris à apprivoiser cette cicatrice 2.0. Jusque-là je n’osais pas tellement toucher ma cicatrice, mais dorénavant je sais comment la manipuler avec délicatesse pour m’auto-masser.
En amont des vacances j’avais acheté un nouveau bikini, en me disant que j’envoyais le signal à mon cerveau que j’allais accepter mon corps en deux pièces. Les complexes physiques ont la vie dure, et finalement, le lendemain de cet achat censé être libérateur, j’ai acheté un maillot une pièce, « au cas où ».
Je suis donc partie en vacances bien équipée, investie d’un challenge personnel. Le premier jour, je n’ai pas osé, et j’étais contente d’avoir un maillot une pièce en plan B.
Le deuxième jour, je me suis lancée, en me répétant mentalement que je n’allais pas être intimidée par des avis extérieurs. Mon chéri a tout de suite remarqué que j’avais un nouveau maillot de bain, et il a ajouté qu’il me trouvait sexy en bikini. Il n’en fallait pas plus pour que je range mes vieux complexes au placard, et que je décide de rester en bikini pour toute la durée des vacances !
Un accomplissement qui n’a l’air de rien mais qui m’a largement réconciliée avec les conséquences de cette chirurgie.

Bel été !
Rayons de sourire,
Jessica