Rayons de sourire (Profiter de la vie malgré la maladie)

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jeudi 26 mars 2020

Attention Fiction !

Pendant ce temps que nos petits-enfants découvriront dans leurs manuels d'histoire comme "la période du grand confinement", s'occuper n'est pas vraiment un problème. (Gérer ses traitements et sa kiné toute seule en autonomie, c'est un peu plus problématique, mais c'est un autre débat.)
Cette semaine j'ai pu revoir le film "A deux mètres de toi" (en version originale "Five feet apart"), un film qui parle d'une histoire d'amour entre deux jeunes mucos.

A2mdetoi

Je ne gâcherai pas le suspense du film ici, néanmoins, comme on m'avait posé la question lors du Carrefour des Virades (je vous avais parlé de mon intervention dans ce billet), je voulais juste attirer votre attention sur le fait que ce film est un divertissement. C'est une fiction. Inspirée de faits réels, certes, mais ce n'est pas un documentaire.
Pour ma part, j'ai eu du mal à croire cette histoire la première fois, car je ne relevais que les incohérences médicales, en me basant sur ma propre expérience de la muco. Le fait que chaque patient soit hospitalisé dans une chambre immense, avec tout le confort. Le fait que les patients aient accès à une piscine olympique au sein de l'hôpital. Le fait que les patients puissent se ressourcer dans une salle de méditation... Peut-être que les hôpitaux américains sont effectivement dotés de tous ces moyens pour agrémenter les séjours de leurs patients, mais j'avais du mal à y adhérer.
Une fois qu'on oublie ces raccourcis utilisés pour servir l'histoire, on peut se concentrer sur le dilemme de Stella et Will : précisément ce qui les rapproche (toujours cette p*** de muco) les contraint à ne pas pouvoir se rapprocher physiquement.
A chaque réunion organisée par l'association Vaincre la Mucoviscidose, on nous rappelle les règles d'hygiène à respecter pour éviter au maximum les contaminations croisées entre les patients : Les porteurs de germe multi-résistants style Cepacia doivent rester isolés. Toujours garder une distance de sécurité entre les patients. Porter un masque en présence d'autres patients (et le changer régulièrement). Ne pas se serrer la main ni se faire la bise. Ne pas échanger d'affaires personnelles. (Ces consignes de bon sens vous rappellent sûrement les fameux gestes barrières que toute la population devrait adopter face à l'épidémie de coronavirus. Comme quoi, la population muco est déjà bien préparée !)
De mon côté j'ai mis à profit le temps de la semaine pour écrire une chanson sur le thème du film, en me basant d'un air que tous les fans de Goldman reconnaîtront !

Et si j’étais née en 17 à Villeurbanne
Plutôt qu’au bord de la Garonne
Mes gènes auraient-ils pu se tenir à carreaux
Si j’avais pas la muco ?

C’gamin qui dit « Moi je ne pense qu’à respirer »
ça s’rait juste un slogan télé
Comment j’aurais pu, une seconde, imaginer
Tous tes trait’ments et ta kiné

Comme tout l’monde j’aurais dû attendre 2004
Pour découvrir ton quotidien
Grâce au meilleur élève de la promo Star Ac
Greg, à jamais numéro un

Si t’avais croisé mon sourire dans le train
Plutôt que dans une salle de soins
Aurais-tu eu envie de me tendre la main
Si j’étais juste porteur sain ?

Heureusement qu’on peut échanger, communiquer
Comparer nos ECBC
Y a que mes frères de combat qui me comprennent
Face à certaines de mes peines
Le point commun qui nous rapproche fait qu’on ne peut pas se toucher
Et encore moins s’embrasser

Et si j’étais née en 17 à Villeurbanne
Plutôt qu’au bord de la Garonne
Mes gènes auraient-ils pu se tenir à carreaux
Si j’avais pas la muco ?

Et qu’on nous donne à toi et moi si possible dans pas longtemps
Un nouveau médicament…


Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 19 mars 2020

Kit De Survie au confinement

En règle générale, lorsque le Président de la République annonce que le pays est entré en guerre, il demande à ses concitoyens un effort nettement plus difficile que le simple fait de rester à la maison. Comme nous vivons une époque inédite face à la pandémie de coronavirus, nous devons également mettre en oeuvre des solutions inédites face à cette situation de crise. Faisons preuve de créativité !
Depuis mardi 12h, on demande donc à tous les Français de rester chez eux au maximum afin de limiter la propagation du virus.
Face à ce confinement généralisé, je vous propose un kit de survie pour parvenir à vous occuper sainement. (Ce billet est plus long que d’habitude, mais j’imagine que vous avez aussi plus de temps que d’habitude pour le lire attentivement !)

Quand j’étais coincée avec Arthur dans le Super Dome de La Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en août 2005, les conditions étaient nettement moins agréables. Nous n’avions pour mobilier qu’une chaise pour deux, nous devions dormir par terre à même le sol, au milieu de tous les indigents de la ville, nous n’avions aucune affaire de rechange. Je n’avais qu’un faible stock de médicaments, qui s’était vite réduit à zéro. Je n’avais rien pour recharger mon téléphone, d’ailleurs les lignes téléphoniques étaient toutes HS, et nous ne pouvions pas rassurer nos proches. Les militaires distribuaient des rations de repas lyophilisés pour nous nourrir, les toilettes du Super Dôme étaient devenues insalubres en moins de 24h, la coupure d’électricité nous avait plongés dans le noir pendant presque 48h… Bref, je préfère nettement la situation de confinement actuelle. Je suis chez moi, avec tout le confort habituel. Je n’ai pas de problème de pénurie de médicaments ou de nourriture, l’appartement est toujours approvisionné en électricité, je peux communiquer avec le monde entier… je ne vais pas me plaindre !

Masquee

Ce qui est très important pour le moral, c’est de continuer à garder un rythme. Les rituels nous aident dans les moments difficiles.
On peut facilement se laisser emporter par les réseaux sociaux, les vidéos marrantes qui circulent sur Internet, les infos qui défilent en permanence avec le compteur de cas dépistés au coronavirus… mais ça ne vous aidera pas à bien profiter du confinement. Si vous avez besoin d’aide pour déconnecter, je vous conseille de programmer une limite de temps par application sur votre smartphone. Je vous conseille de débrancher toutes les chaînes d’information en continu.
Si vous souhaitez vous tenir au courant de l’actualité, le flash info du matin au petit-déjeuner, et du soir pour le dîner, c’est largement suffisant. Le reste du temps, gardez vos habitudes « de votre vie d’avant » : prenez le temps de faire un bon petit-déjeuner, habillez-vous même si vous n’allez pas physiquement au bureau, respectez les horaires de repas (et ne répondez pas au téléphone pendant ces moments-là !), faites un peu d’activité physique en intérieur, n’oubliez pas d’aérer votre logement tous les jours, etc. Pensez également à prendre des nouvelles de vos proches, encore plus des personnes âgées et des personnes fragiles. Les lignes téléphoniques ne sont pas suspendues, tout message de réconfort est toujours le bienvenu, encore plus si on se sent isolé. Et si vous prenez des nouvelles des autres, il y a fort à parier que d’autres prennent également de vos nouvelles. Tout ce que je vous dis relève juste du bon sens.

Pour ceux qui ont adopté le télétravail, vous avez dû vous rendre compte que c’est un peu plus difficile de travailler de la maison (surtout avec des enfants dans les pattes !), et sûrement aussi moins productif, alors je vous recommande une bonne organisation. Au niveau de l’espace dans la maison, préparez-vous une zone de travail, dans laquelle vous installez toutes vos affaires pour travailler, et gardez une zone neutre, qui servira pour vos pauses. Même si vous êtes confiné dans un studio, essayez de garder une zone neutre (il peut juste s’agir d’un bout de canapé ou d’un oreiller, l’important c’est que cette zone existe). C’est vital pour votre mental.
En ce qui concerne la gestion de l’agenda, continuez sur vos horaires de bureau, si besoin réglez le réveil pour vous rappeler des horaires. N’oubliez pas de prendre une pause déjeuner, car il faut bien se nourrir pour avoir l’énergie nécessaire pour le reste de la journée. Si vous êtes salarié, vous n’êtes pas esclave. Vous avez le droit de ne pas répondre immédiatement au téléphone quand le bureau vous appelle et que vous n’êtes pas disponible. De même, après 20h, il ne devrait plus y avoir de télétravail à la maison. Vous avez le droit de débrancher et de profiter de votre soirée en famille. Sans culpabiliser.

Pour ceux qui doivent gérer H24 avec les enfants à la maison, bon courage ! Il est évident que le télétravail ne peut que difficilement cohabiter avec les enfants. En plus, on va culpabiliser les parents qui mettent les enfants devant les écrans… Heureusement qu’on a accès à Internet pour chiner de multiples idées pour remplir leurs journées !
D’abord, expliquons-leur avec des mots simples que nous vivons une situation exceptionnelle. Par exemple, Milan Presse donne quelques clés sur le sujet par ici.
De nombreux sites proposent des activités pour occuper les petits monstres, mais qui requièrent souvent la supervision de l’adulte.
Pomme d’Api a listé 15 idées sur ce site.
Personnellement, je vous conseille la boîte à « je m’ennuie ! » : vous mettez dans une boîte des petits papiers avec une activité pour l’enfant, et quand il s’ennuie, il en pioche un au hasard. Libre à vous d’en inventer autant que nécessaire ! Quelques exemples : écrire une carte à mes grands-parents, faire une cabane dans mon lit, faire un gâteau, inventer une histoire et la dessiner, lire un livre, faire la liste des métiers que je souhaiterais faire plus tard, dessiner le portrait de la famille, trier les livres et jouets qui ne m’intéressent plus, ranger ma chambre, faire un coloriage, faire un collier de pâtes, faire la plus longue ligne de dominos, faire une oeuvre d’art de collage avec des vieux magazines, fabriquer un masque pour se déguiser, dessiner ma maison, imaginer un poème, organiser une course d’obstacles dans la maison, imaginer une blague, construire une machine avec des Lego, faire de la peinture, construire une maison de poupée avec une boîte en carton, confectionner une marionnette avec une chaussette, me dessiner des visages sur les doigts et inventer une histoire, écrire une lettre à papa et maman et la déposer sous leur oreiller, penser à un mot et trouver toutes les rimes possibles, imaginer un spectacle de cirque, faire un cache-cache peluche, inventer le menu de ce soir, trier les feutres et les crayons de couleur, apprendre un tour de magie, faire un puzzle, me préparer un déguisement, construire des avions en papier, inventer une chanson, etc.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore le hit de l’année, apprenez à vos enfants la comptine pour apprendre à bien se laver les mains, lien YouTube par ici.
Une autre idée pour sortir des écrans, écoutez des podcasts ! Radio classique propose une série de podcasts d’histoires en musique par ici, France Inter met en ligne les podcasts de « Une histoire et… Oli » par là.

Pour ceux qui se retrouvent désoeuvrés à la maison, sans devoir travailler ni vous occuper des enfants, quelle chance ! Mettez à profit ce temps libre pour développer votre créativité et vous enrichir ! A la maison, on peut se cultiver, on peut lire des livres, on peut regarder les DVDs qui sont encore sous emballage depuis Noël, on peut feuilleter ses magazines, on peut prendre le temps d’écrire une lettre à un être cher (et cela vaut aussi même pour ceux qui sont confinés sous le même toit !). On peut mettre à jour son album photo, on peut jouer de la musique. On peut se mettre à la cuisine (après avoir vérifié ce qu’il reste dans les placards), une autre façon de faire quelque chose de ses mains. On peut s’inscrire à un cours en ligne, on peut apprendre une langue étrangère, on peut jouer à l’ensemble des jeux de société qui s’empilent dans le salon. On peut aussi prendre du temps pour soi, avec un gommage du corps, une manucure, une séance maquillage, un bain moussant… Prendre le temps d’une sieste, surtout si on se plaint toujours d’être fatigué le reste de l’année.

Vous avez remarqué que chacun participe « à l’effort de guerre » à sa manière. Plusieurs chaînes payantes ont rendu le contenu de leur chaîne accessible à tous. (Un grand merci à l’Opéra de Paris qui diffuse ses spectacles gratuitement par ici, ou au musée d’Orsay qui raconte les promenades imaginaires du musée par là.)
A ma façon, je participe à cette expérience de vie inédite, en proposant d’envoyer mon livre aux 50 premiers lecteurs qui se manifestent. (Envoyez-moi votre adresse et le choix du livre demandé, entre « Moins de souffle, plus de vie » ou « Rayons de sourire »)

N’oubliez pas de continuer à exercer une activité physique. Tout comme les vols long courrier vous conseillent quelques exercices d’étirement, prévoyez de faire des pauses dans votre journée. Pour moi, hier soir, première sortie en dehors de l’appartement depuis dimanche, j’ai descendu les poubelles ! Mon compteur de pas est à l’agonie depuis vendredi dernier, mais je ne me laisse pas abattre. Ce soir, je retournerai faire quelques pas dans la cour de l'immeuble. Sinon, j’ai improvisé un cours de danse dans le salon en m’aidant du DVD de ma prof. D’autres professeurs de fitness ou de yoga proposent également des exercices à faire de la maison. Si vous ne connaissez pas encore la page de Stephen, allez faire un tour sur https://www.step1fitness.com Vous n’avez besoin d’aucun accessoire pour faire un peu de sport, juste de la motivation !

Très important pour tous les patients atteints de mucoviscidose qui ne peuvent plus se rendre à leur séance de kiné respiratoire, il faut bien évidemment continuer à se drainer. N’oubliez pas de boire régulièrement, 2 litres par jour pour un muco adulte, c’est un minimum. Pour bien hydrater le mucus, il faut aussi bien se laver le nez (2 fois par jour c’est le top), et bien sûr, faire ses aérosols de pulmozyme ou sérum hypertonique salé.
Si vous avez un Pep style respirex, (qui travaille par pression positive), vous vous asseyez le dos droit, et vous inspirez dans le Pep (en plaçant le trou sur le numéro 1 si vous spasmez beaucoup, et sur le numéro 3 ou 4 si vous n’êtes pas trop spasmé), vous retenez votre respiration 4 secondes puis vous expirez dans le Pep. Le but du jeu, c’est de ne pas provoquer la toux. Vous enchainez les inspirations / expirations jusqu’à ce que les crachats remontent. L’idée est de ne pas provoquer la toux. Si vous avez un Flutter (avec une bille), c’est la même manip. Surtout, nettoyez bien vos appareils après chaque utilisation, à l’eau chaude et au savon.
Si vous n’avez aucun appareil, vous pouvez utiliser une écharpe à envelopper sur les côtes pour accentuer le travail de respiration. Et sinon, même sans aucun accessoire, on peut faire sa kiné. Soit avec des inspirations et expirations forcées (comme quand on souffle pour les EFR), soit avec le drainage autogène : on enchaîne une grande inspiration avec une grande expiration (si on peut faire une apnée de 4 secondes avant chaque expi, c’est encore mieux), une série de 10 par exemple. Puis, on passe sur le moyen volume (moindre amplitude des inspirations et expirations), 10 respirations, puis bas volume 10 respirations. Pour ceux qui n’ont jamais pratiqué le drainage autogène, ça surprend et ce n’est pas évident à mettre en place.
Surtout, dites vous bien que vous n’allez pas « mal faire », toute technique est bonne à prendre, surtout si elle vous fait remonter les crachats. Jetez un oeil au compte de Paul Fontaine, qui donne des exemples d'exercices et d'étirement pour faire sa kiné tout seul, sur son compte Facebook.
Et pour ceux qui ont un compte Instagram, je recommande le compte Bouge_ton_mucus, gérée par une équipe de super kinés qui donnent des conseils pour nous les mucos.

Gardez bien à l’esprit que cette situation est difficile pour tout le monde, les grands comme les petits.
Et maintenant, vous pouvez un peu mieux comprendre le quotidien des patients atteints de mucoviscidose colonisés par des bactéries telles que le Cepacia, qui les contraint à l’isolement vis-à-vis des autres patients tout le reste de l’année. Même quand l’épidémie de coronavirus sera résorbée, eux ne pourront toujours pas participer physiquement aux rencontres organisées avec les autres patients. C’est dingue qu’on ait dû en arriver là pour que mes collègues comprennent enfin pourquoi je ne fais pas la bise ni ne serre la main à personne au bureau. Mon capital santé, je le préserve !

Enfin, à vivre confiné dans un espace réduit, les tensions risquent de s’accumuler. Les violences conjugales et familiales risquent d’exploser… alors prenez bien soin de vous et de vos petites familles.

Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 12 mars 2020

Panique épidémique

C'est dingue à quel point l'ambiance générale a dégénéré en l'espace de moins d'une semaine.
Vendredi dernier, j'ai reçu un message de la direction pour m'informer que je devais faire du télétravail à partir de lundi, étant donné que j'avais été répertoriée comme "personne à risque" face à l'épidémie de Coronavirus. Sur le coup, je l'ai mal pris, même si cela partait d'un bon sentiment, mais je me suis sentie exclue et je l'ai mal vécu. (Peut-être que si on avait pris le temps de me parler directement plutôt que d'envoyer un e-mail, j'aurais mieux réagi...) Sauf qu'à la fin du week-end, tous mes collègues qui prennent les transports en commun pour se rendre au bureau ont reçu le même message. En conséquence, lundi matin, toute mon équipe était en télétravail, j'étais donc logée à la même enseigne que les autres.
Certes, je suis fragile, je fais partie des personnes à risque à cause de la mucoviscidose, mais le gros avantage que j'ai par rapport au reste de la population qui découvre les mesures d'hygiène de base, c'est que moi, je les applique depuis toujours. Se laver les mains régulièrement, (à l'eau et au savon plutôt qu'au gel hydro-alcoolique, d'ailleurs), ne pas serrer la main ou faire la bise à ses collègues pour dire bonjour, éternuer dans son coude, jeter ses mouchoirs usagés, porter un masque en présence d'autres malades... toutes ces recommandations font partie des règles d'hygiène de base. C'est tout de même drôle qu'on ait dû attendre l'arrivée du Coronavirus pour adopter ces gestes, très efficaces pour lutter contre n'importe quel virus d'ailleurs (la grippe saisonnière, l'épidémie de gastro, le rhume, etc.).
Donc pour une fois que la mucoviscidose me donne un avantage, j'en suis très contente ! Espérons que le reste de la population continuera à adopter ces gestes une fois l'épidémie canalisée.

coronavirus

J'ai dû faire contre mauvaise fortune bon coeur après l'annonce de l'annulation de l'assemblée territoriale de Vaincre la Muco Ile de France, où je devais témoigner des défis à relever au quotidien avec la mucoviscidose, mais on ne pouvait pas risquer un regroupement avec d'autres patients. Le coup de grâce est tombé dans la semaine également, avec le report des Journées Francophones de la Mucoviscidose et l'assemblée générale de Vaincre la Muco. Gros coup dur, car ces retrouvailles sont une occasion unique d'échanger et d'apprivoiser encore un peu mieux notre maladie chronique. Mais là encore, le risque sanitaire est trop important, alors soyons patients (sic !).
Par contre, après ces annulations en chaîne, j'ai perdu un peu de mon calme face à cette vague de panique qui a déferlé sur tout le territoire (et ne parlons pas de nos voisins transalpins en quarantaine !). J'ai demandé avis au CRCM suite à la conduite à tenir pour le reste de mes activités quotidiennes. Est-ce qu'ils me conseillaient de ne plus prendre les transports ? De ne plus aller au cabinet de kiné ? De ne plus aller au sport ? De reporter mes rendez-vous à l'hôpital ? (sachant que je venais d'aller à Cochin deux fois dans la semaine, pour la diabète et pour l'ostéopathe...) Finalement, la réponse de la pneumologue m'a rassurée, elle m'a dit de faire attention mais sans non plus dramatiser, car, comme je le pensais, toutes ces mesures d'hygiène que nous devons mettre en place pour contrer l'avancée de l'épidémie font déjà partie de mon quotidien. Elle m'a également conseillé d'éviter de faire mes courses en magasin et d'utiliser les services de courses en ligne.
Finalement, on s'inquiétait d'une guerre nucléaire, et ce qui va nous mettre par terre, c'est un simple virus... Une véritable catastrophe pour l'économie, pour les entreprises, pour les relations humaines. J'espère qu'on sera assez fort pour résister, mais pour l'instant, on n'est pas encore en phase de récupération. On est en plein coeur de l'épidémie, j'ai l'impression de vivre le jeu "Pandemic legacy" en direct live !
Petit clin d'oeil à Merlin l'Enchanteur, qui avait gagné son duel contre la diabolique Madame Mim en se transformant en virus...

Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 11 juillet 2019

Je m'en lave les mains !

Cette semaine, j’ai dû batailler avec Adrien sur les règles d’hygiène à la maison. Le petit filou s’imaginait sûrement qu’il n’y avait plus de règles en place pendant les vacances !
J’essaye de lui apprendre à bien se laver les mains, et régulièrement, afin d’éviter la propagation des microbes. Les mains sont des nids à microbes, d’où l’importance d’un lavage de mains efficace. Selon l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES), 80% des microbes se transmettent par les mains.
Le lavage des mains permet de réduire le risque de transmission des germes responsables de maladies infectieuses telles que la gastro-entérite et autres maladie diarrhéiques, la grippe, les infections cutanées et oculaires, les vers intestinaux, et j’en passe…
Les bactéries peuvent rester vivantes 3 heures sur vos mains, et elles proviennent d’une multitude de sources que vous rencontrez dans votre journée : vous ouvrez des portes avec vos mains (qui ne sont pas toujours désinfectées), vous utilisez un téléphone portable (sur lequel peuvent cohabiter 7000 types de bactéries différentes !), vous utilisez un ordinateur (dont le clavier contient également énormément de bactéries), vous prenez les transports en commun (où une rampe de métro peut contenir des centaines de milliers de bactéries), vous serrez la main à vos collègues, etc.
A la maison, on se lave les mains en rentrant de l’extérieur, avant de passer à table, en sortant des toilettes, après avoir éternué ou après s’être mouché…
En hiver, j’ai tendance à faire plus attention aux risques de contamination, (d’ailleurs, je porte très souvent des gants), mais en été, je prends moins de précautions, alors que les risques sont tout aussi présents.

LavageMains

Petit rappel donc du manuel pour bien se laver les mains : il faut d’abord se mouiller les mains avec de l’eau, puis ajouter du savon (l’eau seule n’a jamais lavé), avant de frotter ses mains l’une contre l’autre (pendant au moins 30 secondes). N’oubliez pas de nettoyer le dos des mains, entre les doigts, et le pouce. Ensuite, vous pouvez rincer, et surtout, sécher. Il faut savoir que 85% des micro-organismes sont transmis par des mains humides, contre 0,06% pour des mains sèches.
Protégez-vous bien ! Bon été !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 7 février 2019

En mode Hibernation

Le compteur du nombre de cure de perfusions pour l'année 2019 a été déclenché cette semaine, en espérant qu'il reste au même niveau que celui de l'année dernière. Je pensais avoir prévu les meilleures conditions possibles pour affronter cette cure, avec la venue de Mélanie à la maison pendant toute la durée du traitement, mais je n'avais pas prévu qu'elle ne viendrait pas seule. Comble de malchance, elle est arrivée avec la grippe ! Il faut dire que l'épidémie de cette année est particulièrement virulente, et elle s'attaque même aux personnes vaccinées ! En plus, il y a un nombre incroyable de virus qui se propagent partout, comme en témoigne le fort taux d'absentéisme à l'école.
Afin de passer au travers de tous ces vilains virus, nous avons renforcé les protections d'hygiène d'usage : lavage de mains systématique, port de masque, désinfection des poignées de portes ou de placards, etc. Le CRCM m'a tout de même demandé de vérifier si j'étais en période d'incubation, je suis donc passée hier à l'hôpital faire un test assez indolore et rapide. Maintenant, il ne me reste plus qu'à attendre les résultats. Ce matin, j'ai eu une fausse joie lorsque l'infirmière m'a annoncé que je n'avais pas contracté la grippe, car elle est revenue moins de cinq minutes plus tard tempérer cette bonne nouvelle. Le labo l'avait rappelée pour lui annoncer qu'il y a eu un problème sur mon prélèvement donc ils vont continuer les examens. Je patiente jusqu'à la confirmation des résultats, donc.
Comme le disait ma copine, la meilleure chose à faire pendant l'hiver, c'est d'hiberner. Je suis tellement assommée par les antibiotiques cette semaine que je me suis transformée en marmotte. Je sors du lit pour ouvrir la porte à l'infirmière, puis je me recouche aussitôt. J'avais vraiment une toute petite tension, une petite mine, et une petite saturation lors de ma visite à l'hôpital. Je travaille à faire remonter tout ça, bien sûr, ce qui nécessite beaucoup de repos !
Lors de la pose de l'aiguille sur la chambre implantable, Adrien avait demandé à rester avec moi pour me tenir la main et que je n'ai même pas mal pendant la piqûre. C'est mignon mais je ne pouvais pas accepter. Il s'est senti frustré de ne pas pouvoir y assister mais il avait encore plusieurs cordes à son arc. Adrien s'est proposé de préparer tout le matériel avant chaque perfusion, tout fier de sa contribution au bien-être de maman. Un kit rouge, un kit vert, un petit ballon, une poche de sérum, et les médicaments, il aligne tout sur le bureau. Comme il a été nommé assistant infirmier en chef, il m'a expliqué qu'on dit "infirmier" pour un garçon et "infirmière" pour une fille.

Hibernation

Ce qui est plus compliqué, c'est de négocier les horaires de lever et de coucher avec mon fils, qui ne veut surtout pas manquer la visite de l'infirmière (vu l'amplitude horaire qui va de 6h30/7h à 20h30/21h, ça fait quand même de grosses journées pour un petit bout de chou !). Heureusement que j'ai encore quelques ressources de super maman pour arriver à le convaincre de rester dans son lit, par exemple : on pourrait jouer à la famille marmotte et le premier qui se réveille a perdu !
Rayons de sourire,
Jessica