Rayons de sourire (Profiter de la vie malgré la maladie)

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jeudi 20 septembre 2018

Speaker at ERS Congress

Il y a deux mois, quand on m’a demandé de témoigner en tant que « maman muco » lors du congrès européen des maladies respiratoires (European Respiratory Society Congress, ERS pour les intimes), j’ai spontanément répondu « présent » ! L’intervenant idéal était une maman muco (check), disponible un samedi après-midi à Paris (check) pour parler de son parcours (check), en anglais (check), devant un auditoire de mille personnes (euh? vous êtes sûr ?).
J’ai été contactée par la coordinatrice de CF Europe, puis par la représentante de ELF (European Lung Foundation), pour leur raconter mon histoire et elles ont été convaincues par mon énergie positive. Ensuite j’ai participé fin août à une conférence téléphonique avec tous les intervenants du cours « CF adult management », ce qui m’a permis d’identifier quatre axes à mettre en avant : la fertilité, la grossesse, l’accouchement et la période post-accouchement.

Samedi dernier, je suis montée sur scène avec un peu de trac, (trac tout de même réduit, car finalement le public était beaucoup moins nombreux qu’annoncé au mois de juillet, quand on m’avait parlé du nombre total de participants au congrès et non à la table ronde sur la muco), et je me suis appliquée à faire passer le message aux médecins confrontés à des patients mucos.

ERSCongress

Je ne répèterai pas ici tout mon témoignage, mais je voudrais tout de même insister sur deux aspects.

1- La première fois que j’ai parlé à mon pneumologue de mon envie de fonder une famille, il m’a rétorqué instantanément que je ne devais pas songer à avoir des enfants, mais que je devais me préparer à avoir des orphelins. La répartie peut surprendre. Comme je n’avais pas la langue dans ma poche et que je m’étais renseignée sur le sujet avant de m’en ouvrir au corps médical, j’ai répondu du tac au tac qu’on était logé à la même enseigne car lui aussi pouvait avoir deux orphelines s’il avait un accident en rentrant de l’hôpital. Il n’a pas insisté, et ensuite il m’a soutenue à 100% jusqu’à ce que j’apprenne l’existence de l’hormone beta HCG dans la fameuse prise de sang.
Avec le recul, je pense que mon pneumo ne pensait pas à mal avec sa remarque. Si personne d’autre ne m’avait mise en garde des risques d’une grossesse, il était nécessaire d’entendre au moins une fois que mon espérance de vie pourrait être diminuée du fait de devenir maman. NEANMOINS, j’encourage tous les médecins qui sont confrontés à ce genre de situation à faire tourner leur langue dans leur bouche sept fois avant de prononcer une phrase qui pourrait causer un réel choc traumatique. (Deux fois, c’est accepté aussi pour les médecins de la NHS* qui sont limités à des rendez-vous de huit minutes.) Pendant toute cette période de pré-conception, plus ou moins longue, les patients ont énormément besoin du soutien des médecins qui les suivent. On a besoin d’être en confiance avec l’équipe médicale, d’autant plus quand on est à fleur de peau à cause de questions aussi intimes.

2- Quand on est tellement focalisé sur la grossesse (comme moi à l’époque), on ne se soucie pas tellement du reste (je ne voulais rien savoir sur le déroulement de l’accouchement avant d’y être confrontée pour de vrai, par exemple). Or, avec le recul, c’est bien la période post-accouchement qui est cruciale, et c’est bon que les médecins soient là pour nous en parler, ou tout du moins le mentionner. Pendant la grossesse, il faut certes prendre en compte les contre-indications de certains médicaments, la capacité respiratoire mise à mal par la place que prend le bébé, ou encore d’autres désagréments propres à chacune, MAIS on sait que cet état est limité dans le temps. Encore plus dans le cas des primipares, on peut dédier presque tout son temps à s’occuper de soi et rien que soi (ce qui inclut tous les traitements contre la muco, vous m’avez bien comprise).
Cela me parait bien bête aujourd’hui, mais par exemple, je n’avais pas du tout réfléchi au fait que je devrais trimballer mon bébé à chaque visite chez le kiné pendant mon congé maternité. Pourtant je vais chez le kiné tous les jours depuis de nombreuses années.

ERS2

La pneumo qui me suit au CRCM de Cochin avait vraiment bien fait d’insister sur le fait que la première année avec bébé était déterminante et que c’était justement sur cette période que je devais concentrer tous mes efforts face à la muco. Elle s’attendait à ce que j’observe moins bien mes traitements (et elle n’avait pas tort, merci l’expérience des autres mamans mucos !) et que ma capacité respiratoire reste un peu en deçà des valeurs « d’avant », sans compter tous les virus et bactéries que j’allais échanger spontanément avec mon fils.
Si c’était à refaire, je referais probablement les mêmes choix. Je troquerais un (ou deux) aérosol(s) contre un moment de peau à peau, je rognerais sur mes heures de sommeil pour veiller sur mon tout petit qui a le nez pris, j’abandonnerais mon cours de sport hebdomadaire en le remplaçant par une sortie journalière en poussette. Sauf que la responsabilité de parents n’a pas de limite temporelle (cette nuit encore, j’ai dû veiller mon petit bonhomme et ses crises de laryngite !), alors c’est un vrai piège de toujours faire passer ses enfants avant son bien-être. De façon générale, pour bien s’occuper des autres, (pas seulement des enfants), il faut commencer par bien s’occuper de soi-même.
Je compte donc sur les médecins qui accompagnent les parents atteints de maladie chronique à anticiper avec eux la gestion du quotidien pour intégrer la prise en charge de la maladie au même titre que la prise en charge des enfants. Cela peut valoir le coup d’établir une liste de personnes ressources qui peuvent venir décharger la maman muco, ne serait-ce qu’une heure par semaine, ou de façon complètement ponctuelle. Le temps de faire une sieste, le temps de se rendre à une consultation, le temps de s’accorder un petit plaisir…

En conclusion, retenez l’importance de la confiance dans la relation patient - médecin, et l’importance de l’anticipation d’une vie de parent pour être mieux armé face aux attaques de la maladie.
Je tiens à remercier tous les médecins, et notamment les pneumologues, qui m’ont accompagnée dans cette fabuleuse aventure de maman muco.

Rayons de sourire,
Jessica


  • NHS = National Health Service, le service de sécurité sociale au Royaume-Uni.


jeudi 22 octobre 2015

Ma plus grande fierté

Il aura suffi d'une micro-seconde à peine pour que je tombe sous le charme de mon fils. Je me suis sentie tellement fière de mes exploits de jeudi dernier ! (vous comprenez maintenant pourquoi j'ai manqué à l'appel de la publication du billet du jeudi...)
Adrien
Depuis les cours de préparation à l'accouchement j'avais du mal à imaginer le déroulement de cette épreuve ultime ! Je ne me voyais pas assez forte pour tenir le rythme physique et en même temps je pensais bien que je pouvais me surpasser pour un moment aussi intense. J'avais raison de faire confiance à cet instinct animal qui a finalement plus que décuplé mes forces. (Je reconnais que la cure IV de septembre a fortement contribué à me fournir toute l'énergie nécessaire pour le jour J!)
Quelle satisfaction incroyable d'avoir pu donner le jour au plus beau petit garçon du monde (of course!) à la force de mon souffle ! C'est une réaction très égoïste mais il faut bien savoir être égoïste de temps en temps.
D'autant plus que mon euphorie n'aura pas duré très longtemps car le contrecoup du plus gros effort de ma vie ne s'est pas fait attendre. J'ai profité des premiers instants avec mon fils sur la poitrine puis mon corps m'a complètement lâchée et j'ai perdu connaissance. L'équipe médicale a bien sûr géré ça comme des pros et j'ai recouvré mes esprits un peu plus tard.
C'est après mon deuxième malaise le lendemain que j'ai fait un bilan sanguin. Comme j'étais fortement anémiée j'ai eu droit à une transfusion de deux culots de sang neuf. Je suis donc sortie de la maternité avec des suppléments en fer et une ordonnance pour contrôler le niveau de mes globules rouges !
Mais surtout je repars avec un nouveau statut dont je suis extrêmement fière : celui de maman ! Et maintenant, je me concentre sur mes soins pour pouvoir assurer un maximum ce rôle de nouvelle maman. Pas question de laisser le Pyocianique jouer les trouble-fête !
Rayons de sourire,
Jessica

Patricia - 5 mai 1983
Les pieds coincés dans les étriers, je ruminais. Les contractions, bien qu’espacées pour le moment, étaient tellement douloureuses ! Consciencieusement, je labourais de mes ongles le bras de mon homme qui supportait la douleur, sans oser se plaindre. De toute façon, il savait bien que c’était bénin par rapport à ce que j’étais en train d’endurer. J’étais en salle de travail depuis plusieurs heures, qui me paraissaient une éternité. J’étais épuisée. Arrivée la veille au soir, j’avais vu le soleil se coucher, les étoiles se lever, et laisser de nouveau la place au soleil, qui était maintenant à son zénith. Malgré les encouragements de la sage-femme, j’en avais marre. Je ne comprenais pas ce qui retenait notre bébé aussi longtemps. J’alternais les cris, les soupirs, les larmes. Je respirais tant bien que mal, façon « petit chien ». Quand vint le moment de pousser, je m’appliquai de toutes mes forces, mais apparemment pas assez fort. Ça n’avait pas suffi. J’étais à bout.
Enfin, à 16 h 10, le cri tant attendu retentit. Avec grand soulagement, je desserrai les doigts et libérai ainsi le bras de Laurent. Mon mari m’embrassa sur le front. J’étais en nage mais il s’en fichait. La sage-femme posa alors sur ma poitrine une minuscule boule gluante toute chevelue qui braillait : notre fille chérie. Nos regards de parents étaient subjugués par cette forme minuscule et ridée, qui ressemblait alors plus à un crapaud velu qu’à une petite princesse. Comme nous avions déjà convenu du prénom pour le bébé, je passai mes doigts dans ses cheveux collants en souhaitant la bienvenue à Jeanne.

jeudi 17 septembre 2015

Nouvelle cure

On parle de l'intuition féminine, mais dans mon cas je parlerai plutôt de l'intuition de ma pneumologue. Dès le mois de juin, elle m'avait dit que j'aurais du mal à échapper à une cure de perfusions d'antibiotiques avant la fin de ma grossesse... Et bien elle avait entièrement raison, car après les bonnes surprises liées au repos et à l'intensification de la kiné au mois d'août, il a suffi d'un banal rhume pour me mettre complètement KO...
Vendredi dernier je suis passée au CRCM (Centre de Ressources et de Compétences pour la Mucoviscidose) en urgence, et le diagnostic ne s'est pas fait attendre. Avec toujours 10^7 de Pseudomonas qui se promènent dans mes bronches, un encombrement qui va crescendo, une fatigue intense qui ne va pas vraiment s'améliorer dans les prochains temps, des nuits tellement agitées par la toux que même les siestes ne sont plus réparatrices, il fallait bien frapper un grand coup, c'est-à-dire lancer l'artillerie lourde avec les perfusions d'antibiotiques.
La bonne nouvelle, c'est que les infirmières coordinatrices du CRCM s'occupent de tout l'aspect logistique, ce qui n'est pas rien. Puisque c'est ma première cure d'antibiotiques sur Paris, elles ont dû chercher tous les prestataires associés à ce plan de bataille, soit : un bloc opératoire à l'hôpital pour assurer la pose du picc-line, une infirmière pour venir tous les jours à domicile faire passer le traitement, le prestataire médical qui livre le matériel qui prend de la place (le contenant), la pharmacie qui s'occupe des antibiotiques et du sérum (le contenu), ça en fait du monde à coordonner !
Je leur tire mon chapeau car tout a été organisé très rapidement.
Mardi matin, je suis passée au bloc pour la pose du picc-line. Cette fois-ci, j'ai même eu droit à un peu d'anesthésie locale (après le premier trimestre de grossesse, 1cc d'anesthésie ne devrait pas faire de mal au bébé, et ça peut être tellement bénéfique pour la future maman !), et heureusement car le chirurgien a bataillé pour trouver une veine. Son discours, qui se voulait rassurant lorsqu'il s'est présenté à moi ("Ne vous en faites pas Madame, en 5 minutes chrono, tout est réglé"), s'est transformé au fil du temps en un langage beaucoup plus coloré et qui ne m'était sûrement pas destiné ("P#$*@ de b#$*@ de m#$*@, la veine roule et on ne peut rien fixer"). 1h30 plus tard, il était tout de même fier de m'annoncer qu'il avait réussi un exploit au vu de mon capital veineux. Je suis repartie avec le picc-line en place, certes, mais également avec un hématome assez moche et douloureux, juste en dessous du picc-line, là où la veine n'a jamais voulu accepter qu'on la touche.
Après ces émotions, le petit-déjeuner de l'hôpital était le bienvenu. L'après-midi j'ai récupéré tout le reste du matériel, juste à temps pour l'arrivée de l'infirmière du soir. Je n'ai vraiment pas fait long feu ensuite, et j'ai dormi comme un bébé (enfin, comme un bébé sage qui fait déjà ses nuits) jusqu'à l'arrivée de l'infirmière du matin le lendemain matin.
Maintenant j'ai deux semaines pour me requinquer et me remettre sur pied ! Déjà, pour les Virades de l'Espoir, dans 10 jours, je devrais me sentir un peu plus en forme. Ma collecte de fonds continue sur la page : http://mondefi.vaincrelamuco.org/projects/la-collecte-de-jessica-jessica-s-fundraising-campaign
Et bien sûr, l'objectif pour le mois d'octobre c'est d'avoir récupéré toutes mes forces, et même plus, pour pouvoir faire connaissance avec Junior dans les meilleures conditions possibles !
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 3 décembre 2001
L’opération ne devant pas avoir lieu tant que je n’avais pas besoin de perfs, je m’étais sentie tranquille au moins jusqu’à Noël. L’arrivée d’un hiver rude ne m’avait cependant pas laissé beaucoup de répit, vu que je passai au bloc le 18 novembre. J’avais d’abord été très agréablement surprise par les résultats de l’anesthésie locale. J’étais allongée sur le billard, seulement recouverte d’un champ couleur « vert hôpital », dans lequel le chirurgien avait ouvert un grand carré au niveau du haut de mon torse. Mais l’inclinaison de la table d’opération faisait en sorte que mon regard n’avait pas accès à cette zone, même en louchant très fort. Mon cerveau savait pertinemment que le chirurgien était en train de faire de la couture à cet endroit-là, mais il ne le sentait pas. Par contre, mon ouïe n’avait malheureusement pas été anesthésiée, et j’entendais tout ce qui se passait au bloc. Le cliquetis des instruments en métal qui s’entrechoquaient me paraissait terrifiant. Le chirurgien sifflotait, et voulait engager la conversation. Moi, j’étais trop stressée pour lui répondre par autre chose qu’un claquement de dents. L’opération m’avait semblé durer une éternité, mais finalement en moins d’une demi-heure le chirurgien m’avait laissée aux mains de l’infirmière pour finaliser les pansements. En plus d’installer la chambre implantable, il y avait également connecté une aiguille de Huber pour que je puisse commencer la cure le soir même. Toute la partie supérieure gauche de mon torse et jusqu’à la base du cou était recouverte de compresses, de Bétadine, de Tegaderm, autant dire que je ne pouvais pas vraiment admirer le résultat. Le chirurgien semblait content de lui, il m’avait même promis que je le remercierais dans quelque temps, quand je pourrais voir le très beau travail qu’il avait réalisé. Il m’avait assurée que je pourrais continuer à mettre des décolletés sans qu’on s’aperçoive de la présence de la chambre implantable. La magie du baby port-à-cath ! C’était sympa de sa part de penser à conserver mon capital séduction.

jeudi 13 août 2015

Lecture d'Ete

Cela fait déjà 40 billets publiés sur ce site, donc cela fait 40 semaines que l'aventure de "Moins de souffle, plus de vie" a commencé. Le temps d'une grossesse !
En ce mois d'août où mon activité tourne au ralenti, j'en profite pour me plonger dans de nouvelles lectures, découvrir de nouveaux auteurs, et réfléchir à comment promouvoir mon livre. Pour vous qui passez sur ce blog, c'est que vous avez sûrement déjà feuilleté "Moins de souffle, plus de vie", mais si ce n'est pas le cas, je vous invite à profiter du climat estival pour vous mettre à la lecture ! C'est par ici sur Amazon pour vous procurer un exemplaire !
La lecture est une de mes passions depuis toute petite. Depuis que j'ai appris à lire, en fait ! Sans la muco, je n'aurais peut-être pas été aussi assidue lors de mes lectures. C'était l'activité tout trouvée pour m'occuper pendant les aérosols (deux fois vingt minutes par jour en moyenne), pendant l'attente de la kiné pendant mes années collège (en général entre cinq et vingt minutes de retard), ou encore pendant les nombreuses salles d'attente écumées lors des bilans trimestriels ou visites à l'hôpital (je ne vais pas compter les heures d'attente mais j'emportais toujours au moins deux livres avec moi pour me tenir compagnie !). Encore aujourd'hui, j'ai toujours un livre dans mon sac, plutôt en format poche pour limiter le poids.
Je trouve que la saison estivale se prête encore mieux à la lecture, synonyme de détente, et je ne peux pas m'empêcher de faire un tour au rayon des nouveautés poche à chaque fois que je passe devant un Relay. En ce moment, j'alterne des romans avec des guides de grossesse et maternité, et j'avoue que c'est plutôt la première catégorie qui me fait le plus rêver !
N'hésitez pas à me contacter si vous avez des romans à me recommander !
Rayons de sourire,
Jessica

Patricia - 1er mars 1991
Jeanne avait dû réapprendre à utiliser son aérosol. Elle ne se souvenait pas vraiment des aérosols qu’elle prenait à quatre ans. Maintenant qu’elle était en âge de le tenir en main, elle n’avait plus besoin d’un masque ajouté à l’embout. Pour elle qui aimait la lecture, on lui avait expliqué qu’elle pouvait profiter du temps de l’aérosol pour avancer dans son livre, à condition qu’elle fasse bien attention à respirer correctement. Je ne pouvais m’empêcher de la surveiller pour m’assurer que le produit entrait dans ses poumons au lieu de s’échapper en particules humides sur la tapisserie de ma cuisine. La tactique préférée de ma fille, c’était de laisser l’appareil allumé quand elle se mettait à tousser. Le médicament ainsi gaspillé s’élevait en fumée blanche jusqu’au plafond. Si j’ouvrais la bouche pour protester, Jeanne commençait à bouder. Une vraie chipie.

jeudi 30 juillet 2015

L'Hémoglobine Glyquée expliquée

Avec l'apparition du diabète dans ma vie de muco, j'avais l'impression d'avoir franchi un cap, un point de non-retour dans l'aggravation de la maladie. Réaction somme toute normale, face à un nouveau traitement lourd au quotidien, face à de nouveaux examens à effectuer lors de mes bilans à l'hôpital, face aux questions soulevées par cette nouvelle maladie. Je dois reconnaître que j'ai accordé peu de crédit à l'endocrinologue qui m'avait expliqué que le traitement sous insuline allait m'aider à maintenir une bonne capacité pulmonaire.
J'y ai mis le temps, mais je pense que je suis en train d'apprivoiser mon diabète. Et ça, c'est plutôt une très bonne nouvelle !
Avec un diabète équilibré, on observe une meilleure prise de poids, une meilleure capacité respiratoire et moins d'exacerbations pulmonaires. Je comprends donc sans problème que les médecins cherchent à atteindre cet objectif ! D'autant plus qu'avec la grossesse, mes objectifs glycémiques ont tous été revus à la baisse, alors que la fréquence de mes passages à l'hôpital pour voir l'endocrinologue a été revue à la hausse. Non seulement il y a des risques pour ma santé, mais également des risques importants pour Junior, notamment risque de malformation cardiaque et/ou risque d'un bébé trop grand ou trop gros à cause du stockage du surplus de glucose qui passe directement de la mère à l'enfant.
Lors des premiers mois de grossesse, les médecins m'ont assez fait peur avec ça, et maintenant j'obéis sans rechigner à l'endocrinologue qui me demande une prise de sang mensuelle pour mesurer mon taux d'hémoglobine glyquée (HbA1c), en plus des contrôles d'autosurveillance glycémique (lorsque je me pique au bout du doigt avant et après chaque repas). Je n'aime toujours pas les prises de sang, mais en récupérant des résultats encourageants, je me dis que Junior me remerciera. Il va déjà hériter un "mauvais" gène de la muco de sa maman, il n'a pas sûrement pas envie de récupérer d'autres mauvaises surprises !
Le dosage de l’hémoglobine glyquée donne la proportion d’hémoglobine du sang qui a fixé du sucre. Elle s’exprime en pourcentage. Le terme "glyquée" vient de "glucose", le sucre qui est capté par l’hémoglobine. Alors que la glycémie varie tout au long de la journée en fonction de l’apport alimentaire, de l’activité physique réalisée et de la prise de médicaments, l'hémoglobine glyquée, en revanche, n’est pas influencée par ces facteurs. Elle est le reflet du taux moyen de sucre dans le sang sur une durée d’environ 3 mois, ce qui correspond à la durée de vie moyenne d’un globule rouge.
Dans mon cas, l'idéal est que les valeurs d'HbA1c soient inférieures à 7%. Autant dire que je suis fière d'afficher un résultat de 4,6% ! J'ai même remercié la laborantine en récupérant mes résultats tout à l'heure, même si elle n'y est pour rien. Je peux m'auto-féliciter, c'est chouette de voir ses efforts récompensés !
Une motivation supplémentaire pour continuer les piqûres d'insuline, l'autosurveillance glycémique, un régime alimentaire bien équilibré, l'activité physique régulière, les aérosols, la séance de kiné, tout ça tous les jours ! C'est pour mon bien... et pour celui de Junior !
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 24 mars 2011
Au moment où elle me rappela, toute tristesse s’était envolée. J’avais eu le temps de relativiser durant le trajet. Aussi je pus raconter ma matinée à maman sans sourciller, sans sangloter, sans l’alarmer. A ma grande surprise, on aurait dit qu’elle avait déjà digéré la nouvelle qui me restait encore sur l’estomac.
— Tu as quand même vécu presque vingt-huit ans sans diabète. On savait bien que ça allait arriver un jour ou l’autre, de toute façon.
Ah bon ? Pour moi, j’avais toujours pensé faire partie des 50 % de mucos qui étaient épargnés par le diabète. J’avais clairement une tendance à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

jeudi 23 juillet 2015

Pause estivale

Tout comme les coureurs du Tour de France qui ont soufflé quelques jours avant d'attaquer les Alpes, me voilà en mode "pause".
Ma visite au CRCM de Cochin mardi s'est soldée par un arrêt maladie. La cure de perfusions en IV me pend encore au nez, mais j'ai réussi à bénéficier d'un répit, au moins jusqu'à la publication des résultats de l'ECBC la semaine prochaine. D'ici là, je dois me tenir au programme de repos et séances de kiné intensives, en continuant les aérosols de Cayston et en multipliant aussi les aérosols de sérum salé hypertonique tant que je peux les supporter. C'est vrai qu'avec cette chaleur, j'ai plus de mal à faire remonter mes sécrétions, et pourtant elles sont toujours là, tapies au fond de mes poumons, elles n'ont pas disparu !
Dernièrement, je m’essouffle beaucoup plus vite qu'avant, et j'ai eu la désagréable surprise de voir revenir mes quintes de toux nocturne. Je ne le dis pas souvent, mais c'est vrai que je suis moins en forme. Je ne peux pas toujours être Wonder Woman, alors j'ai fini par accepter cette pause forcée, pour pouvoir me requinquer au mieux !
D'autant plus qu'il n'y a pas que le pyo qui me pompe mon énergie en ce moment ! Il y a également un petit bonhomme en formation qui puise en moi ses ressources. Une petite crevette qui est en train de grandir et grossir, et qui me donne régulièrement des petits coups pour me rappeler le miracle de la vie.
Alors, la santé avant tout, je vais bien m'occuper de moi et de Junior pendant ces quelques semaines d'arrêt, et j'espère que les résultats ne tarderont pas trop longtemps à se faire remarquer !
Rayons de sourire,
Jessica

Julien - 24 septembre 2010
Une fois dehors, Jeanne appela sa mère pour qu’elle passe nous prendre. Elle en avait pour dix minutes avant d’arriver. Je voyais bien que ma chérie était préoccupée, elle n’avait certainement pas anticipé ces conclusions-là ! Cependant, son optimisme inébranlable, ce pour quoi je l’admirais, reprit le dessus assez rapidement.
— Bon, il faut voir le bon côté : ils n’ont rien trouvé d’anormal chez toi qui soit une contre-indication pour nous à faire un bébé. Super nouvelle, non ?
Elle se hissa sur la pointe des pieds pour ponctuer sa phrase d’un baiser. J’admis qu’elle avait raison. Comme c’était chouette d’être en phase, avec ma future femme !