Rayons de sourire (Profiter de la vie malgré la maladie)

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jeudi 18 juillet 2019

Tuto pour devenir mon Héros

Avant de me connaître, Fred ne s’imaginait pas à quoi pouvait ressembler le quotidien d’un patient atteint de mucoviscidose. Il appréciait de rencontrer une collègue toujours pleine de pep’s, sans soupçonner la partie immergée de l’iceberg. Ensuite, nous avons sympathisé, et il a petit à petit découvert ma maladie. Touché par mon histoire, il m’a très vite demandé comment il pouvait m’aider. Il a dévoré mon livre « Moins de souffle, plus de vie », et s’est proposé de lancer une page de collecte lors de sa prochaine course de vélo.

Fred

Voilà donc comment Fred a rejoint la communauté des héros contre la muco. Pour celles et ceux qui souhaitent également me soutenir dans ce combat contre la muco, je vous invite à relever un défi personnel et à utiliser l’occasion pour devenir un héros !
Tout d’abord, créez un compte sur la plateforme mondefi.vaincrelamuco.org puis préparez votre page de collecte, adaptée à votre défi (collecte lors des Virades de l’Espoir, défi au sein de son entreprise, participation à un événement sportif, création d’un challenge personnel…)
La deuxième étape consiste à personnaliser votre page de collecte, en rédigeant une présentation de votre projet et en expliquant pourquoi vous souhaitez récolter des fonds pour Vaincre la Mucoviscidose. Donnez-vous un objectif de collecte : 200, 1000 ou 5000 euros. Chaque euro compte pour financer la recherche ! Vous pouvez aussi ajouter des photos ou même des vidéos.
Ensuite, il faut faire circuler l’information autour de vous, et solliciter votre entourage à faire un don pour vous soutenir. Grâce aux réseaux sociaux ou aux e-mails groupés, il est assez facile de communiquer sur son projet en quelques clics. (Je me rappelle lorsque je faisais du porte à porte avec mon vélo pour parler des Virades dans ma ville et j’essayais de récolter de l’argent pour financer les kilomètres que j’allais courir le jour des Virades !)
Une fois que vous avez réalisé votre défi, informez vos donateurs de votre performance, et remerciez-les pour leur collaboration. A plusieurs, on peut réaliser de grandes choses. A plusieurs, on est plus fort (pour aller vers l'avant, mais aussi pour se soutenir dans les moments plus difficiles où la maladie progresse également.) La recherche avance, même si c'est toujours trop lentement par rapport à nos attentes. Donnons-lui les moyens d'aboutir, en développant les initiatives pour financer la recherche contre la mucoviscidose !
Bravo à Fred et à sa bande de potes. Objectif relevé pour la Marmotte de l’Espoir 2019 ! (si vous voulez vous rendre sur sa page de collecte, c’est par ici.) Rendez-vous est pris pour l’année prochaine !
Le jour où nous vaincrons la mucoviscidose, ce sera grâce à vous tous, mes héros qui se sont mobilisés pour faire grimper le compteur du don du souffle. Merci, merci infiniment à vous, et surtout à tous les sympathisants qui se sentent concernés dès qu’ils connaissent un patient muco.
Bravo à tous les héros !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 11 juillet 2019

Je m'en lave les mains !

Cette semaine, j’ai dû batailler avec Adrien sur les règles d’hygiène à la maison. Le petit filou s’imaginait sûrement qu’il n’y avait plus de règles en place pendant les vacances !
J’essaye de lui apprendre à bien se laver les mains, et régulièrement, afin d’éviter la propagation des microbes. Les mains sont des nids à microbes, d’où l’importance d’un lavage de mains efficace. Selon l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES), 80% des microbes se transmettent par les mains.
Le lavage des mains permet de réduire le risque de transmission des germes responsables de maladies infectieuses telles que la gastro-entérite et autres maladie diarrhéiques, la grippe, les infections cutanées et oculaires, les vers intestinaux, et j’en passe…
Les bactéries peuvent rester vivantes 3 heures sur vos mains, et elles proviennent d’une multitude de sources que vous rencontrez dans votre journée : vous ouvrez des portes avec vos mains (qui ne sont pas toujours désinfectées), vous utilisez un téléphone portable (sur lequel peuvent cohabiter 7000 types de bactéries différentes !), vous utilisez un ordinateur (dont le clavier contient également énormément de bactéries), vous prenez les transports en commun (où une rampe de métro peut contenir des centaines de milliers de bactéries), vous serrez la main à vos collègues, etc.
A la maison, on se lave les mains en rentrant de l’extérieur, avant de passer à table, en sortant des toilettes, après avoir éternué ou après s’être mouché…
En hiver, j’ai tendance à faire plus attention aux risques de contamination, (d’ailleurs, je porte très souvent des gants), mais en été, je prends moins de précautions, alors que les risques sont tout aussi présents.

LavageMains

Petit rappel donc du manuel pour bien se laver les mains : il faut d’abord se mouiller les mains avec de l’eau, puis ajouter du savon (l’eau seule n’a jamais lavé), avant de frotter ses mains l’une contre l’autre (pendant au moins 30 secondes). N’oubliez pas de nettoyer le dos des mains, entre les doigts, et le pouce. Ensuite, vous pouvez rincer, et surtout, sécher. Il faut savoir que 85% des micro-organismes sont transmis par des mains humides, contre 0,06% pour des mains sèches.
Protégez-vous bien ! Bon été !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 4 juillet 2019

Visite Médicale Obligatoire

Aujourd’hui, mon humeur est nettement assombrie, après avoir appris le décès d’une « vieille » muco (on avait presque le même âge !) qui avait reçu une greffe en début d’année. Cette femme était flamboyante, littéralement : toujours rayonnante de bonheur et portée à voir le côté positif de chaque chose. (Ce n’est peut-être pas un hasard si elle était un modèle pour moi !)
J’avais prévu de vous raconter ma dernière visite médicale dans ce billet du jeudi, même si le sujet me parait tellement loin de ma préoccupation du moment (mon premier réflexe étant de dire à tous ceux que j’aime que je les aime vraiment très fort !). Après y avoir réfléchi, je suis arrivée à la conclusion que cette visite est importante car elle contribue à la préservation de mon capital santé. Il ne faut effectivement pas négliger les contrôles médicaux réguliers, et il ne faut surtout pas attendre que la situation se dégrade pour tirer le signal d’alarme.
En ce qui me concerne, soyez assurés que je fait tout ce qui est en mon pouvoir pour me maintenir au mieux, pour repousser le plus possible la dégradation pulmonaire, et pour profiter de la vie au maximum.
Après cette mise au point, reprenons donc le sujet de la visite médicale obligatoire :

VisiteMedicale

Tout salarié doit bénéficier d’un suivi médical dans le cadre de son contrat de travail. Néanmoins, la loi El Khomri promulguée en août 2016 a supprimé le principe de la visite médicale d’embauche systématique pour tous les salariés, qui a été remplacée par une simple visite d’information et de prévention (intitulée VIP, on a donc le droit de se sentir important). Les délais applicables entre chaque visite médicale périodique dépendent désormais des conditions de travail propres à l’emploi du salarié. Ainsi, le salarié doit passer une autre visite dans le délai maximal de 5 ans après sa première visite (au lieu de 2 auparavant). Ce délai est réduit à 3 ans pour les travailleurs handicapés, les travailleurs de nuit et les titulaires d’une pension d’invalidité, ce qui explique sûrement pourquoi ma dernière visite médicale remontait à plus de deux ans (au lieu des six mois annoncés par le médecin du travail).
J’ai donc été convoquée pour ma visite médicale. J’avais été convoquée plus tôt, à chaque fois sur des horaires d’après-midi, mais la responsable RH m’a appris que la visite médicale doit s’effectuer pendant les horaires de travail du salarié.
J’ai fait connaissance avec un nouveau médecin, qui avait l’air de connaître la mucoviscidose. Il m’a demandé si le rythme de travail mis en place depuis mon invalidité me convenait, et si je rencontrais des difficultés au travail liées à mon organisation de travail. Il m’a réellement écoutée, et j’étais soulagée de ne pas devoir me justifier à outrance sur la fatigue ressentie à cause da la maladie ou des traitements.
Il m’a aussi fait rire lorsqu’il s’est exclamé que mon temps de trajet pour aller travailler (25 minutes) était excessivement long, ce qui devait me fatiguer énormément, à tel point qu’il me recommandait de travailler de la maison… N’exagérons rien ! Au contraire, pour moi, c’est un vrai luxe d’être aussi proche du travail, et en même temps cela me permet d’intégrer mon heure de marche quotidienne dans ma routine. (Sinon, cela serait difficile de réaliser 1h d’exercice physique par jour.) Double bénéfice, donc !
Après examen des yeux et auscultation complète, il m’a parlé des vaccins, et j’avoue que je ne savais pas lui confirmer si j’étais à jour ou non sur le dTPca (diphtérie, tétanos, polio et coqueluche)… Je dois donc vérifier ce point avec mon médecin traitant, pour ne pas risquer d’attraper la coqueluche.
En conclusion, il a maintenu mon rythme actuel et la prochaine visite de contrôle est prévue d’ici six mois.
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 27 juin 2019

Bascule dans la Canicule !

On ne parle que de ça depuis le début de la semaine : l’alerte canicule est lancée sur tout le territoire ! (tout le territoire ? non ! les villages peuplés d’irréductibles bretons résistent encore et toujours à la chaleur !)

Canicule

A Paris, le thermomètre grimpe sérieusement aujourd’hui, à tel point que la directrice de l’école a demandé aux parents qui le peuvent de récupérer les enfants pour leur éviter de cuire dans des classes où il fait 32 degrés… et me voilà donc avec Adrien surexcité à la maison cet après-midi ! Les stores sont baissés, les ventilateurs sont en route, et le bain devient une activité obligatoire.
La canicule est dangereuse, en raison d’un risque de déshydratation accru, notamment chez les patients atteints de mucoviscidose. Cette semaine j’ai dû renoncer au cours de body balance, car je sentais bien qu’il demandait un effort physique trop important par rapport à mes capacités de la semaine. Rien que le fait d’aller chez le kiné (à pied, à l’ombre, et à mon rythme) m’a lessivée, alors je limite au minimum chaque effort physique !
En y réfléchissant bien, cette canicule est la période idéale pour aller faire les soldes si les boutiques sont climatisées !
J’essaye de boire en quantité suffisante, et j’ai appelé le CRCM pour avoir une ordonnance de gélules de sel. Entre 25 et 30 degrés, les préconisations sont de 1g de sel par 10kg de poids par jour (sans dépasser 6g), et elles augmentent à 2g au-dessus de 30 degrés (sans dépasser 12g).
J’ai eu quelques maux de tête chaque début d’après-midi de la semaine, que je dois contrôler pour éviter tout dérapage. Mon corps ne m’aide pas beaucoup dans ce combat contre la chaleur, car je suis en compote depuis lundi soir, ce qui accentue encore plus le risque de déshydratation.
Je sors équipée de lunettes de soleil et chapeau, et je mets même de la crème solaire pour aller travailler le matin.
Je vous recommande de lire tous les conseils de l’association Vaincre la Mucoviscidose, sur leur page dédiée (par ici). Protégez-vous et reposez-vous !
J’espère que la vague de chaleur ne me suivra pas jusqu’à Londres ce week-end…
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 20 juin 2019

Donnez-moi un La!

A la rentrée de septembre, j’ai décidé de m’inscrire à la chorale, persuadée que j’en retirerais un double bénéfice : celui du plaisir de chanter bien évidemment, ainsi que celui d’une meilleure capacité respiratoire.
Dix mois plus tard, force est de constater que j’avais entièrement raison.
En pratiquant le chant régulièrement, j’ai l’impression de défier ma maladie. Chaque séance commence par un temps de méditation (pour pouvoir se concentrer entièrement sur le chant par la suite), puis un échauffement de la voix, et des exercices qui mobilisent le périnée. En effet, « le soutien » est primordial pour donner de la voix, et notamment pour monter dans les aigus. Ensuite, on se lance sur les partitions proprement dites, en apprenant à s’écouter entre les différents pupitres.
De plus, les chanteurs font extrêmement attention à leur respiration, ce qui favorise une meilleure capacité vitale pulmonaire, ainsi qu’une meilleure posture (le dos droit et les épaules droites). Le diaphragme étant mobilisé en permanence, les abdominaux profonds sont également sollicités lors du chant.
En plus de tous ces bénéfices physiques, je dois reconnaître d’autres bénéfices psychologiques, qui sont associés à n’importe quelle activité de groupe : le fait de tisser un lien social, un moyen de gérer le stress comme sur toute activité physique, et la fierté de produire quelque chose de beau (en l’occurrence, un magnifique concert !).

Chorale

Mardi soir, j’était très fière de faire partie du concert de fin d’année. Certes, j’angoissais à l’idée de devoir rester debout pendant une heure, alors j’avais demandé à disposer d’une chaise « au cas où ». (J’ai tout de même tenu la première heure debout, et j’ai pu me reposer un peu pendant le dernier solo de la chef de choeur, avant d’enchaîner avec le final de l’opéra de Donizetti.) On m’avait même prêté un pupitre pour poser mes partitions plutôt que de les porter pendant le concert, ce qui m’a grandement soulagée. (C’est fou comme le papier pèse lourd !) Etant la plus jeune du groupe, je culpabilisais de ces arrangements matériels, mais très vite, le sentiment de culpabilité s’est envolé pour faire place au plaisir de participer au travail du choeur.
Et quel plaisir ! Un moment d’éternité à l’état pur, qui m’a donné une énorme dose d’énergie positive pour affronter le reste de la semaine. Je pense bien sûr à Grégory, mon frère d’armes qui a réussi à défier la mucoviscidose par le chant. Merci de m’avoir montré la voie !
Je compte bien renouveler mon inscription l’année prochaine !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 13 juin 2019

RQTH décortiquée

Je râle tellement souvent contre les lourdeurs de la paperasserie que je me dois d'applaudir bien fort lorsque ces démarches sont simplifiées (et que ça marche pour de vrai !). A l'heure de demander le renouvellement de mon statut de travailleur handicapé, je me suis rendu compte que le processus est devenu beaucoup plus facile qu'il y a cinq ans.

RQTH

Reprenons depuis le début. La Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) s'obtient auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) pour une durée limitée (de 1 à 5 ans). La RQTH a pour objectif de permettre l'accès à un ensemble de mesures mises en place pour favoriser l'insertion professionnelle des personnes handicapées, donc aussi bien dans le domaine de la recherche d'emploi que dans celui de la conservation de son poste. La demande de RQTH se fait auprès de la MDPH de votre domicile, à partir de 16 ans ou plus, et à tout moment de votre parcours professionnel.
Sachez que vous n'avez aucune obligation de mentionner la RQTH sur votre CV ou lors d'un entretien d'embauche. C'est une démarche décidée par l'employé.
En obtenant la qualité de travailleur handicapé, le travailleur peut demander à être accompagné dans le cadre de la recherche d'emploi (par exemple, grâce à l'accès au réseau spécialisé Cap Emploi, à des contrats aidés, (type emploi d'avenir ou Contrat Unique d'insertion), à des stages de réadaptation ou de rééducation, un contrat d'apprentissage sans limite d'âge, ou encore des financements d'aides techniques et de formation). Pour accéder à la fonction publique, les travailleurs RQTH peuvent passer un concours aménagé, ou bénéficier d'un recrutement contractuel spécifique.
Dans le cadre de la conservation de son poste de travail, le travailleur RQTH peut bénéficier d'aménagement de poste (horaires) pour faciliter l'exercice de l'activité professionnelle ou permettre le maintien dans l'emploi (l'intervention de spécialistes, tels que le Sameth peut être sollicitée), mais également d'une protection (en cas de licenciement économique, le préavis est augmenté), d'un financement possible d'aménagement ou de formations spécifiques (financées par l'AGEFIPH dans le secteur privé ou le FIPHFP dans le secteur public).
Enfin, en ce qui concerne la retraite (et oui, même les mucos doivent se préoccuper de leur retraite, car notre espérance de vie s'allonge !), il existe certaines conditions sous lesquelles les employés RQTH peuvent bénéficier d'un départ en retraite anticipée. Depuis le 1er janvier 2016, il faut pouvoir justifier d'un taux d'incapacité minimum, il faut donc bien veiller à garder toutes les décisions de la Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH, qui a remplacé la COTOREP) car la RQTH ne précise aucun taux d'incapacité.
Disposer d’une RQTH permet d’être bénéficiaire de l’obligation d’emploi (OETH). Les employeurs du secteur privé ou du public ayant 20 salariés ou plus doivent respecter un taux d’emploi de personnes handicapées de 6%, sous peine de devoir verser une contribution financière auprès de l’AGEFIPH (Association de GEstion du Fonds pour l’Insertion professionnelle des Personnes Handicapées) ou du FIPHFP (Fonds d’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique). A partir de janvier 2020, le taux d'emploi à 6% sera révisé tous les 5 ans.
Ce que je viens de découvrir, c'est que d'autres titres relèvent de l’Obligation d’emploi des travailleurs handicapés, et notamment :

  • le fait de détenir une carte de mobilité inclusion avec la mention invalidité (qui a remplacé les cartes d'invalidité),
  • le fait de toucher l'Allocation Adulte Handicapé (AAH),
  • les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles, ayant entraîné une incapacité permanente au moins égale à 10% et titulaires d’une rente attribuée au titre du régime général de Sécurité sociale ou de tout autre régime de protection sociale obligatoire,
  • les titulaires d’une pension d’invalidité, à condition que l’invalidité des intéressés réduise au moins des deux tiers, leur capacité de travail ou de gain, etc.
  • (Pour une liste complète, vous pouvez vous référer au site du service public.)

Etant titulaire d'une carte mobilité inclusion depuis peu, je n'ai donc pas à faire une demande RQTH auprès de la MDPH pour bénéficier de l'obligation d'emploi. Je n'ai qu'à joindre une copie de ma carte à mon employeur pour mettre à jour mon statut de travailleur handicapé.
Un souci administratif en moins, je m'en réjouis !
Rayons de sourire,
Jessica

PS : Pour ceux qui sont intéressés par faire une demande de RQTH, le formulaire est à retrouver sur le site de votre MDPH ou du service public (par ici). Le formulaire est assez complet et long (20 pages) mais toutes les demandes sont regroupées au même endroit (AAH, RQTH, carte d'invalidité, carte de stationnement, etc.).

jeudi 6 juin 2019

Oh que j'aime ce projet d'AMM!

La semaine dernière, Vertex Pharmaceuticals a annoncé qu’ils venaient de sélectionner la nouvelle combinaison de modulateurs de CFTR pour laquelle le laboratoire va faire une demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), ce qui correspond à la dernière étape avant la commercialisation d’un nouveau médicament. (Rappelez-vous du process de développement d’un nouveau médicament, dont je vous avais parlé dans ce billet.)

Vertex_AMM

Sur les deux projets de nouveau modulateur de protéine CFTR qui étaient en ultime phase de recherche clinique et qui présentaient des résultats assez similaires, Vertex a finalement choisi de déposer une demande d’AMM pour la triple combinaison VX-445 (elexacaftor), tezacaftor et ivacaftor. Le gain de VEMS observé en moyenne après 24 semaines de traitement est de 14,3 points de VEMS pour les patients hétérozygotes de plus de 12 ans (une mutation DeltaF508 associée à une mutation de fonction minimale) et on note également une réduction de 63% du nombre d’exacerbations respiratoires. Les résultats préliminaires annoncés il y a quelques semaines (j’en avait parlé dans ce billet) aboutissaient à un gain de VEMS moyen de 13,8 points après 4 semaines de traitement. Un patient dont le VEMS est de 60% peut donc espérer remonter à 74,3% de VEMS grâce à ce traitement. Je trouve cela absolument incroyable !
En ce qui concerne les patients homozygotes (double DeltaF508), après 4 semaines de traitement, le gain de VEMS moyen était de 10,0 points comparé à l’Orkambi (un patient de 60% de VEMS remonterait à 70,0%).
La demande d’AMM pour le marché américain est attendue pour le troisième trimestre 2019, et pour le marché européen pour le quatrième trimestre 2019. Sachant que les délais sont en général assez longs (le processus prend environ deux ans), on ne peut pas se réjouir trop vite, néanmoins je suis très enthousiaste de pouvoir relayer cette excellente nouvelle. C’est un véritable bond en avant dans la lutte contre la mucoviscidose.
Je repense à la surprise de maman, il y a trente ans, lorsqu’elle avait entendu à la radio la nouvelle de la découverte du gène responsable de la mucoviscidose. Aujourd’hui, ce n’est pas à travers les ondes mais à travers les réseaux sociaux que j’ai reçu le communiqué de Vertex (disponible ici pour ceux qui sont intéressés), mais je suis tout autant surprise. La recherche avance, et ces résultats sont concrets. Si on peut arriver à mettre en pause l’évolution destructrice de la maladie pour la grande majorité des patients, on va pouvoir vivre mieux et plus longtemps. Nul doute que cette nouvelle va être l’objet de multiples discussions lors du congrès européen sur la mucoviscidose qui se tient cette semaine à Liverpool.
Tenez bon, les enfants (et les grands enfants) !
Rayons de sourire,

Jessica

jeudi 30 mai 2019

Bonne fête maman !

Dimanche dernier, Adrien m'a offert une surprise en l'honneur de la fête des mères.
Il voulait tellement me faire plaisir qu'il s'est levé à 8h (ce qui correspond à une grasse matinée, selon nos standards actuels !) et s'est précipité à mon chevet pour me réciter une poésie. Forcément, mon coeur s'est gonflé de bonheur en l'entendant chanter ces trois phrases destinées à maman.

maman

A mon tour, j'ai souhaité une très bonne fête à ma maman, que je trouve tellement courageuse et mère-veilleuse ! (Néanmoins, j'avoue que je n'avais pas pensé à lui faire un dessin...)
Et puis, j'ai adressé une prière à toutes celles qui souffrent : en premier lieu, pour toutes les femmes qui aimeraient tellement devenir mamans mais qui ne rencontrent que des embûches, et en particulier pour le groupe des mamans salées; ensuite pour toutes les mamans dont les enfants ont quitté notre monde, et en particulier pour les mamans d'enfants mucos; enfin pour toutes celles et ceux qui n'ont plus que des souvenirs de leur maman.
Comme me l'a fait remarquer une de mes copines ce jour-là, je réalise à quel point j'ai de la chance d'être maman. Comme pour tout le reste dans ma vie, je suis bien décidée à savourer au maximum tous ces bonheurs de maman, et à faire en sorte qu'il rejaillisse autour de moi sur tous les gens que j'aime.
Je pense également au billet dans lequel je voulais rendre hommage à toutes les mamans d'enfants mucos, (rappelez-vous, c'est par ici pour vous rafraîchir la mémoire), nos héroïnes du quotidien qui se battent encore plus fort que nous contre la maladie invisible. Blandine, Laurence, Annie, Jessica mon homonyme et toutes les autres, merci de votre détermination sans faille qui renforce encore plus notre combat contre la mucoviscidose, au point de réaliser un tour de magie incroyablement magnifique : construire de fabuleux souvenirs pour chacun, des moments d'éternité que la muco ne pourra jamais nous enlever.
Juste au moment où je publie ce billet, je remarque que Vertex vient de rédiger un nouveau communiqué sur leur dernier modulateur de protéine CFTR dont je vous avais parlé il y a quelques semaines. On dirait que je vais pouvoir vous faire part de bonnes nouvelles dans les prochains temps, mais je préfère lire l'article en entier et pouvoir le décortiquer avant de vous en dire plus. (C'est par ici pour ceux qui ne peuvent pas attendre !)
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 23 mai 2019

Moulin Rouge

J'ai beaucoup de chance d'appartenir à une famille nombreuse. Je remercie vivement mes parents d'avoir joué à la loterie génétique malgré les conseils des médecins, qui préconisaient d'attendre que la science découvre comment éradiquer la mucoviscidose. Grâce à leur petit défi à la science, la famille s'est considérablement agrandie en peu de temps, et me voilà l'aînée d'une fratrie de quatre soeurs.
Nous avons quatre morphologies assez différentes, quatre caractères plutôt différents, quatre coupes de cheveux très différentes, et quatre habitudes alimentaires carrément différentes ! Néanmoins, nous vénérons toutes ce lien sacré entre nous, et c'est fabuleux.
Depuis que nous avons toutes fini nos études supérieures, nous nous réunissons une fois par an pour un "week-end entre soeurs". Cette année, on s'en est mis plein les yeux lors de la revue Féérie du Moulin Rouge ! Nous avons passé une excellente soirée dans cette salle parisienne mythique, en profitant du spectacle étonnant sur scène, et de la joie de le partager entre soeurs.

MoulinRouge

Le lendemain, après un petit-déjeuner copieux très agréable, il était l'heure de se dire au revoir et de programmer dans nos agendas le prochain week-end soeurs. Alice est restée un peu plus longtemps avec moi en attendant l'heure de son train retour, alors nous avons continué à papoter comme font toutes les soeurs. Et puis, j'ai senti que quelque chose n'allait pas chez moi, j'ai bondi d'un coup sur mes pieds pour me précipiter dans la salle de bains en abandonnant ma soeur en plein milieu d'une phrase.
J'étais en train de faire une hémoptysie, une des complications de l'évolution de ma mucoviscidose.
Je suis restée plusieurs minutes (huit selon ma soeur, qui était beaucoup plus alerte que moi) au-dessus du lavabo, pour faire sortir tout ce flot de sang rouge vif qui remontait dans ma gorge sans que je puisse l'arrêter. En observant les taches sur l'évier, j'ai pensé aux ailes du Moulin Rouge qui tournaient. J'étais complètement fascinée par cette couleur. J'étais comme transportée dans un autre univers, je m'observais cracher mais sans réaliser la gravité de la situation.
Ce n'est qu'une fois que le flot s'est tari que j'ai repris mes esprits. Ce n'était certes pas la première fois que j'étais sujette à une hémoptysie, pourtant comme à chaque fois, je ne savais pas quoi faire et je me sentais désemparée.
J'ai pris deux cachets d'Exacyl, et j'ai bu beaucoup d'eau pour enlever le goût du sang dans la bouche. La pneumo m'avait prévenue que si je refaisais une hémoptysie abondante, on devrait parler d'une artériographie bronchique avec embolisation, et ce terme complètement barbare me panique tellement que je n'arrive jamais à retenir son nom.
Mardi, c'est donc avec une certaine appréhension que je me suis rendue à la consultation pneumo au CRCM. Heureusement pour moi, les indicateurs étaient au vert, aussi bien pour la capacité respiratoire que pour l'appareil digestif. Le médecin n'a donc pas souhaité ajouter d'antibiotiques suite à l'hémoptysie de dimanche. Une nouvelle fois, elle m'a expliqué le principe de l'embolisation et je me suis appliquée à mieux retenir ses paroles.
L'artériographie bronchique est un examen radiologique qui permet de visualiser les artères bronchiques qui sont les artères qui nourrissent le poumon et les bronches. Ces artères, en principe de petite taille, peuvent augmenter de taille et se rompre (ce qui est favorisé par l'infection et l'inflammation des bronches, typiques de la mucoviscidose). Elles sont alors responsables d'une hémorragie dans le poumon et dans les bronches. Grâce à un petit cathéter introduit en principe dans l’artère fémorale jusqu’à la naissance des artères bronchiques, on injecte un produit iodé qui opacifie ces artères et permet ainsi de les visualiser à l’écran. L'embolisation de ces artères vise à arrêter le saignement en bouchant les artères bronchiques jugées responsables du saignement par des micro-particules de taille et de nature variable (comme des petites billes).
L'intervention se fait sous anesthésie locale (aïe !) et le patient doit être hospitalisé trois jours (double aïe !) afin de contrôler les éventuelles complications de l'embolisation.
J'ai poussé un grand soupir de soulagement lorsque la pneumo m'a confirmé qu'on allait attendre la prochaine récidive avant de procéder à l'artériographie bronchique avec embolisation. Je compte bien savourer ce sursis !
J'en ai également profité pour lui demander la marche à suivre en cas de récidive, et ce que j'oublie à chaque fois, c'est qu'il faut quantifier le volume de crachat de sang. Donc, au lieu de me précipiter au-dessus du lavabo, je devrais me rappeler de cracher dans un récipient. A partir de 200 ml de sang, on parle d'hémoptysie abondante, et au-dessus de 500 ml, d'hémoptysie massive (auquel cas, il est conseillé d'appeler les secours !).
J'espère que je me rappellerai de toutes ces consignes lors du prochain épisode, mais j'espère surtout qu'il ne surviendra pas avant quelque temps.
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 16 mai 2019

Bonzini contre la muco

Parler de sa maladie au bureau, c’est un sujet extrêmement délicat.
Je comprends la posture des patients qui ne souhaitent pas du tout communiquer sur la maladie. La mucovicidose est une maladie qui ne se voit pas, on a donc le choix d’en parler ou non à ses collègues. Par contre, une fois qu’on lève le voile sur la maladie, on ne peut pas prévoir leur réaction : vont-ils nous prendre en pitié ? (C’est une possibilité qui ne nous enchante guère.) Vont-ils interagir différemment avec nous une fois « qu’ils savent » ? Vont-ils comprendre notre combat du quotidien qu’implique la gestion de la maladie ? (Probablement pas.) Vont-ils nous raconter les problèmes de santé de leur famille ? Vont-ils nous poser des questions qui nous dérangent ? Ou que sais-je encore ?
En ce qui me concerne, j’ai toujours fait le choix de jouer cartes sur table. Je n’ai pas peur d’avouer que je suis malade.
A l’école, tous les élèves étaient au courant de ma maladie. Au primaire, la maîtresse surveillait que je prenne correctement mes médicaments. Au collège, la Conseillère Principale d’Education m’avait donné un ticket prioritaire pour la cantine pour organiser mon déjeuner et ma séance de kiné sur la pause repas. Au lycée, je bénéficiais de la même organisation. Durant mes études supérieures, les professeurs étaient toujours compréhensifs lorsque je demandais des aménagements (report d’examen, salle en rez-de-chaussée, zones de travail non-fumeur…)
Les faveurs se sont brusquement arrêtées en entrant dans la sphère professionnelle. A partir du moment où je suis devenue employée (à Londres), je n’avais plus droit à quelconque aménagement et je devais fournir encore plus d’efforts pour démontrer à mon employeur qu’il avait raison de parier sur moi plutôt que sur le voisin.
Lors de mon retour en France, j’ai grandement apprécié de bénéficier de la Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH, délivrée par la Maison Départementale des Personnes Handicapées), qui m’a permis de poursuivre une carrière professionnelle grâce à certains aménagements de mon poste de travail (notamment, les horaires réduits).
C’est difficile de s’exposer au regard des autres, surtout en dévoilant ses failles. Dans un environnement où le mot d’ordre se résume à « Marche ou crève ! », on n’a pas vraiment envie de se montrer affaibli. D’où l’importance d’être protégé, en tant que travailleur handicapé.

Bonzini

Les premières fois où j’ai parlé de ma mucoviscidose à mes collègues, je dois dire que j’ai été assez déçue de leur réaction égoïste (indifférence complète). Certes, je ne leur demandais pas de compatir, mais je pensais qu’ils allaient s’intéresser à mon combat, ou au moins me poser des questions. Je n'ai pas pensé que j'allais peut-être les mettre mal à l'aise, en abordant des sujets intimes et délicats. On parle rarement de l'hôpital ou de la mort dans un environnement de travail de bureau, et tant mieux.
Quand j’ai envoyé un message à tout le personnel pour leur parler des Virades et leur demander de contribuer à ma page de collecte, j’ai essuyé un revers cuisant. Seulement trois personnes sont venues me poser des questions, et les autres sont restées dans leur attitude complètement indifférente. En bonne optimiste que je suis, je voyais bien entendu le verre à moitié plein (« Tu as réussi à sensibiliser trois personnes à ta cause, c’est un bon début ! »), alors j’ai repris le flambeau chaque année. Bien m’en a pris, car, au fur et à mesure des années, le petit nombre de personnes intéressées progresse (à vitesse d’escargot, certes !).
Cette année, lorsque la responsable Ressources Humaines a proposé de lancer un tournoi de baby-foot pour inaugurer la nouvelle acquisition du Comité d’Entreprise (surnommée « Bonzini »), elle a pensé à moi. Elle m’a donc contactée pour savoir comment organiser un tournoi de baby-foot qui contribue à m'aider dans mon combat, et de là, elle a créé une page Mon Défi dédiée : « Bonzini contre la muco » !
Vous n’imaginez pas comme j’étais heureuse ! J'étais très touchée de cette attention. Comme quoi, j'ai bien fait de persévérer, et de ne pas m'arrêter à un premier échec.
Petit clin d’oeil à mon histoire personnelle : c’est le duo Paul et Arthur qui a remporté le fameux tournoi ! (Ceux qui ont lu mon livre « Moins de souffle, plus de vie » comprendront la référence à ces deux personnes importantes de ma vie.)
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 9 mai 2019

En voir 36 chandelles

Le hasard du calendrier (associé au sens de la planification bien huilé de la famille Tessier) a contribué à faire du 5 mai une journée vraiment spéciale.
J’étais bien entourée pour réaliser mon challenge « bougies 2019 ». (Comme je l’explique dans mon livre « Moins de souffle, plus de vie », mon objectif à chaque anniversaire est de parvenir à éteindre mes bougies en une seule fois !)
J’en ai vu 36 chandelles ! Je n’allais pas me contenter d’une bougie par dizaine, car mon plaisir, c’est justement d’admirer chaque petite flamme, elle même associée à une année de plus où je tiens tête à la mucovicsidose.

Bougies

Vous vous en doutez peut-être si vous avez déjà essayé de souffler autant de bougies, la tâche était ardue et j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour les éteindre, même avec l’aide de mon fils. Je ne désespère pas de retenter l’expérience l’année prochaine, même si le défi va être de plus en plus difficile au fur et à mesure que le temps passe. L’infirmière du CRCM m’a assuré que j’avais la technique pour le faire, alors j’y crois !
Je dois faire partie des rares personnes qui se réjouissent de prendre de l’âge, et je m’en réjouis ! J’ai réalisé que je connaissais maintenant plus de personnes décédées des suites de la mucoviscidose que de patients plus âgés que moi… Triste constat qui m’incite à redoubler d’efforts pour maintenir mon capital santé au maximum. Je pense plus particulièrement à Grégory, qui est né huit jours après moi et qui n’a vécu que les deux tiers de ma vie actuelle (mais avec une telle intensité !).
Je devrais me mettre en contact avec les "vieux" mucos. Selon le Registre de la muco, il y a toujours des irréductibles qui résistent face à la sournoise maladie !
Le combat continue ! Tenez bon, les enfants et les grands !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 2 mai 2019

San Francisco avec la muco

L'année dernière, lorsqu'une de mes amies est partie à San Francisco pour une mission de deux ans, l'idée d'aller lui rendre visite a commencé à germer. Petit à petit, le projet a pris forme, pour finalement se concrétiser par un voyage en famille lors des vacances de Pâques.

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C'est avec un sourire jusqu'aux oreilles que j'ai posé le pied sur le territoire américain, bien contente d'avoir survécu aux onze heures d'avion sans trop de désagréments. A ma grande surprise, les douaniers n'ont pas été très regardants sur le contenu de nos affaires, donc je n'ai pas eu besoin de me justifier sur le poids énorme et disproportionné de ma trousse de médicaments.
En effet, lorsqu'on voyage avec la mucoviscidose, il vaut mieux anticiper ses besoins en médicaments, en emportant les doses habituelles pour un séjour un peu plus long que prévu, mais en y ajoutant les doses "au cas où". Dans mon cas, j'emporte toujours une plaquette de Solupred et de Ciflox, en plus du Doliprane et du Monazol. Je garde l'ordonnance du CRCM dans ma trousse à pharmacie, et surtout, je ne laisse jamais mes médicaments en soute, car je ne suis pas à l'abri d'une valise égarée. (Lors du fâcheux épisode de l'ouragan Katrina, qui avait conduit à mon rapatriement en France en urgence, j'avais été mal inspirée de n'emporter avec moi que mes doses de médicaments pour 24h. Je n'avais pas imaginé que j'allais rester coupée du monde pendant plusieurs jours, sans accès à une pharmacie.)
Pour m'aider à faire mes séances de kiné de façon autonome, je garde précieusement mon Respirex à portée de main, et le Flutter dans la valise pour adapter les outils de kiné en fonction de mon encombrement. Par contre, quand je prends l'avion, je laisse mes aérosols à la maison. (Demandez toujours conseil à votre CRCM avant de prendre ce genre de décision !) Pour l'AOHBox, vu que le poids de l'appareil dépasse le poids maximum autorisé par bagage, le choix est vite fait, mais pour l'e-flow, qui est très facile à transporter, ce qui m'embête, c'est de ne pas pouvoir conserver les antibiotiques de façon correcte, car ils doivent rester réfrigérés.
Du point de vue du diabète, c'était assez difficile d'ajuster les doses d'insuline en fonction de mes besoins, car le régime nutritionnel américain est assez éloigné de mon régime habituel, mais mon niveau d'activité physique était plus élevé que d'habitude, alors je vérifiais ma glycémie le plus souvent possible. Au final, il ne m'est arrivé qu'une seule fois d'être en forte hypoglycémie au point d'avoir besoin de petits sucres, et j'étais bien soulagée d'avoir emporté une réserve de sucres en morceaux dans ma trousse à pharmacie.
Une amie m'a également recommandé d'emporter avec moi les résultats de mon dernier ECBC (analyse des crachats plus antibiogramme).
En ce qui concerne l'assurance rapatriement, je n'en ai pas encore trouvé qui me convienne car elles ne prennent pas en charge les maladies chroniques connues avant le début du contrat. Si jamais vous utilisez une assurance santé qui couvre le rapatriement lié à la muco, je suis preneuse !
En attendant, je vous fais partager quelques bons moments des vacances, sous le soleil ou la brume, mais toujours au grand air !

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Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 25 avril 2019

Easter Break

Billet du Jeudi prend une pause vacances bien méritées.
Rendez-vous la semaine prochaine !

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Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 18 avril 2019

Compte Rendu de Rennes

En plénière d'ouverture lors du Congrès à Rennes, j'ai été emballée par les différents témoignages des personnes impliquées dans l'association Vaincre la Mucoviscidose. Sur le thème "Se mobiliser ! Un pas de plus vers la victoire !", chacun expliquait ses motivations pour rejoindre le combat de l'association : les pionniers, les parents, les patients, les délégués territoriaux, les viradeurs, les élus nationaux, les chercheurs et les médecins.

Pionniers

Une vague d'émotions fortes m'a submergée en écoutant les pionniers, Pr. Navarro et Catherine Soublin, surtout lorsque Catherine a rapporté les propos horribles d'un médecin : "Ces enfants là ne vivent pas longtemps, ne vous attachez pas à lui." J'ai pensé à toutes les épreuves que mes parents ont dû traverser, aux paroles dures qu'ils ont endurées, au fatalisme auquel ils n'ont jamais voulu adhérer.
C'est en regroupant les énergies de chacun que l'association est devenue un moteur pour ne jamais baisser les bras face à la mucoviscidose. En cinquante ans, le quotidien des patients mucos a grandement évolué, et le prochain challenge à relever, c'est de passer d'une médecine des soins à la guérison.

Microbiologie

Lorsque la chercheuse Geneviève Héry-Arnaud nous a parlé des infections respiratoires à l'ère des modulateurs, j'ai eu l'impression que la guérison était à portée de main. Portée par l'espoir de guérir un jour, mais aussi par les données présentées par Vertex. Le mode d'action des modulateurs de protéine CFTR, c'est qu'ils s'attaquent à ce qui dysfonctionne dans la maladie, la protéine. En rétablissant la fonction de la protéine dans l'organisme, on observe également moins d'infections dans les bronches, car les cils qui nettoient les bronches fonctionnent en partie, et donc les bactéries ne peuvent plus s'accrocher au mucus collant qui obstrue les bronches. Le mucus est de nouveau réhydraté, le pH est normalisé, ce qui aide les anti microbiens naturels à circuler.
Aujourd'hui, on manque de recul sur l'utilisation de ces modulateurs de protéine CFTR dans la "vraie vie", mais les études se poursuivent au fur et à mesure que des nouvelles molécules sont développées. Il faut attendre encore un peu pour observer l'effet au long cours de la prise de ces nouveaux types de médicaments (qui ne sont pas des antibiotiques), mais j'ai bon espoir qu'ils vont pouvoir changer la vie d'une grande partie des patients mucos.
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 11 avril 2019

INSPIRE - projet inspiré pour les patients qui souhaitent exprimer leurs idées

En rentrant de Rennes, où s’est tenue l’Assemblée Générale de Vaincre la Mucoviscidose, je suis portée par une énergie renouvelée, nourrie des fructueux échanges du week-end.
Trente ans après l’identification du gène responsable de la maladie, les chercheurs sont toujours à pied d’oeuvre. En parallèle des projets de recherche sur la thérapie de la protéine, plusieurs thématiques de recherche sont développées : thérapie génique, thérapie cellulaire, lutte contre l’inflammation ou contre l’infection, les pathologies associées, sciences humaines et sociales, transplantation, etc.
Je reviendrai plus en détail sur les discussions de ce congrès, mais avant, j’aimerais mettre le focus sur un appel à projet intéressant, présenté en plénière. Le projet INSPIRE (Identification, Narration et Sélection par les Patients d’Idées de REcherche sur la mucoviscidose) propose une méthode innovante pour faire avancer la recherche, et nous avons besoin d’un maximum de participants.

INSPIRE

Face à l’évolution de la prise en charge de la maladie et à l’augmentation de l’espérance de vie, les besoins des patients changent, mais la recherche ne s’empare pas forcément des nouvelles problématiques auxquelles les patients font face. La recherche médicale est souvent en décalage avec les préoccupations des patients, et on le remarque lors des questions posées aux membres de l'association (par exemple "Pourquoi n'y a-t-il pas plus de projets de recherche financés pour les greffés?", qui s'explique tout simplement par le très faible nombre de chercheurs qui travaillent sur cette thématique.)
Le projet INSPIRE a pour ambition de réduire cet écart en incitant tous les acteurs de la maladie à proposer des idées de recherche, et ainsi la faire avancer au mieux. En effet, les idées de recherche identifiées dans le projet aideront les chercheurs à décider des recherches futures à mener en priorité, et améliorer celles en cours.
On recherche donc des patients adultes, confrontés à une ou plusieurs maladies chroniques, leurs proches, leurs soignants. A vos claviers, c’est le moment de vous exprimer !
Connectez-vous avant le 15 avril sur inspire-compare.fr pour proposer vos idées de recherche.
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 4 avril 2019

Tapas et Compote

Ce n’est certes pas mon sujet de prédilection (tout simplement parce qu’il me fait honte), mais je ne peux pas non plus l’occulter trop souvent, car il fait entièrement partie de ma vie de muco. Pour les âmes sensibles, vous pouvez vous abstenir de lire la suite de ce billet, consacré à mes tracas de digestion.
Je me réjouissais de passer un week-end à Madrid à famille, avec en bonus les retrouvailles avec nos amis madrilènes. Au menu : tapas, terrasse et amigas. Le plan du samedi s’est déroulé sans accro, et puis, à la tombée de la nuit, j’ai commencé à ressentir tous les symptômes d’une mauvaise digestion. Je n’étais pas surprise, car c’est la même histoire qui se répète à chaque voyage. Même pour 24h, et même à 200 km de chez moi. Alors, forcément, avec la cuisine grasse typique, mes intestins font les montagnes russes. Je ressens des éclairs dans le ventre, et j’ai peur d’atteindre trop vite la limite de la dose maximale du Créon qui m’aide à digérer. Je ne vais pas augmenter au-delà de ma limite.

Servicios

Très rapidement, je me sens « en compote » (mon nom de code pour « j'ai mal au ventre ! »), je me vide de toute l’énergie que j’avais emmagasinée, et je me sens très fatiguée même sans avoir fait le moindre exercice. (Rien que le fait de me fâcher avec Adrien pour un énième caprice lundi soir m’a ôté toute énergie. Je me suis allongée sur mon lit et je suis restée sans bouger pendant dix minutes.)
Se battre, toujours se battre, c’est le leitmotiv de ma vie de muco. Et grâce à ça, mon compteur de petites victoires est sur le point d'exploser ! Depuis que j’ai développé un diabète de muco, l’aspect digestion de la maladie a pris encore un peu plus d’ampleur, mais je ne m’avoue pas vaincue. Je sais que je dois ménager mon corps et ne pas forcer sur l’activité physique pendant ces crises. J’écoute mon corps et je prends le temps de manger comme il faut (en posant la fourchette entre chaque bouchée). J’arrive à refuser la nourriture que je pense inappropriée sans m’obliger à me justifier face à mon entourage. (Et tant pis si je passe pour une fille qui fait un régime spécial et compliqué pour les autres !) Je m’hydrate au maximum et je vérifie mes glycémies plus souvent.
J’ai tellement honte de mon corps lorsqu’il me fait faux bond que je suis reconnaissante à mon entourage de passer sous silence ces épisodes embarrassants. En plus, le ratio est assez déséquilibré : pour une journée avec un écart sur mon régime habituel, il me faut quatre jours pour récupérer. J’ai dû renoncer à mon cours de danse de mardi, ce qui m’a encore plus frustrée… mais j’aurai ma revanche, petit à petit, je reprends du poil de la bête !
Rayons de sourire,
Jessica

PS : Je tenais à expliquer à nouveau les données du communiqué de Vertex dont je vous avais parlé le mois dernier (c'est par ici). Lorsqu'ils annoncent que le gain moyen de capacité respiratoire a été de 13,8% au bout de 4 semaines de traitement pour les patients hétérozygotes (Delta F508 + une mutation minimale), il fallait bien comprendre 13,8 points de pourcentage de VEMS. Ce qui veut dire qu'un patient à 60% de VEMS avant traitement passe à 73,8% de VEMS après quatre semaines de traitement. Pour les patients homozygotes Delta F508, le gain a été de 10,0%, comparé à un patient sous tezacaftor et ivacaftor (qui avait déjà démontré un gain moyen de 3% de points de VEMS par rapport à l'absence de traitement). Un patient double Delta F508 sans traitement à 60% de VEMS passerait donc à 63% de VEMS avec la combinaison tezacaftor et ivacaftor, et à 73% après quatre semaines du nouveau traitement.

jeudi 28 mars 2019

Les questions des collégiens

Une des missions prioritaires de l'association Vaincre la Mucoviscidose, c'est de sensibiliser le grand public. Même si la mucoviscidose est la plus fréquente des maladies rares, elle n'en demeure pas moins une maladie orpheline. Forcément, autour de moi, tout le monde connait la maladie car j'en parle très facilement, et je préfère expliquer aux autres mes symptômes plutôt que de les cacher. J'estime que vivre avec une maladie chronique invalidante et invisible est assez lourd à porter, alors je ne vais pas m'encombrer du poids additionnel du secret.
Naturellement, quand Alice m'a proposé de faire une intervention à ses élèves de 3ème durant leur séjour à Paris, je n'ai pas hésité longtemps. La mucoviscidose fait partie du programme de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) des 3èmes, et la prof de SVT, qui avait organisé le voyage, était enthousiaste d'avoir trouvé un support vivant pour illustrer le chapitre.
Lorsque je me suis retrouvée devant ce groupe de collégiens, j'ai demandé qui connaissait la mucoviscidose, et je pouvais compter sur les doigts d'une main ceux qui ont répondu par l'affirmative. Durant mon adolescence, je n'étais pas surprise de rencontrer des personnes qui n'avaient jamais entendu parler de ma maladie, mais aujourd'hui, j'avoue que je suis étonnée. A leur décharge, ils habitent dans une région qui n'accueille aucune Virade de l'Espoir, ils sont trop jeunes pour avoir suivi le parcours de Grégory Lemarchal à la Star Ac', et ils sont encore bien trop jeunes pour avoir été confrontés au dépistage génétique systématique des nouveaux nés.

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Je leur ai donc fait un cours de génétique en accéléré, pour expliquer comment se transmet la maladie et comment elle se manifeste. Ensuite, je me suis mise à disposition pour répondre à leurs questions.
Les jeunes n'étaient pas du tout timides, et leur première interrogation concernait le fait de savoir si j'allais mourir à cause de la maladie. Heureusement que je suis maintenant blindée face à ces interrogations. Alice est d'ailleurs venue s'excuser après mon intervention, car elle pensait que j'avais pris un coup au moral. Je l'ai rassurée sur ce point, (d'autant plus que c'était une période où j'allais bien et où je n'avais pas de frère de combat à pleurer), et je comprends que ce soit la principale préoccupation des collégiens.
Ensuite, ils m'ont demandé si je suivais un traitement, si je devais prendre des médicaments, si je pouvais mourir si je ne prenais pas mes médicament comme il faut, si je devais souvent aller à l'hôpital, si je savais ce que je devais faire quand je crachais du sang, si je pouvais mourir à force de cracher du sang, si je pouvais travailler ou partir en vacances, si je pouvais avoir des enfants, si j'étais plus facilement malade à cause d'Adrien, si je pouvais mourir à cause des microbes d'Adrien, si je pouvais faire du sport, si je pouvais mourir à force de tousser, etc.
Alors, oui, j'ai répondu que la mucoviscidose était une maladie grave, qu'on ne sait toujours pas guérir aujourd'hui. Je leur ai parlé de mes frères de combat qui ne sont plus là pour témoigner, qui sont morts à force de tousser, qui sont morts à cause des complications de la maladie. Je leur ai parlé de mon envie irrésistible pour profiter de la vie au maximum, pour créer de nombreux moments d'éternité, pour voir la vie du bon côté.
Finalement, nous avons cherché ensemble des idées d'actions qu'ils pourraient entreprendre pour aider les malades atteints de mucoviscidose, et ils avaient l'air assez d'accord pour organiser une Virade scolaire au profit de l'association Vaincre la Mucoviscidose.
Merci à eux et à leurs professeurs de m'avoir écoutée, d'avoir partagé leurs inquiétudes sur la maladie, et d'avoir préparé un plan d'action pour apporter leur contribution à notre combat.
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 21 mars 2019

Le Cycle de la Recherche Clinique

Suite au billet de jeudi dernier qui commentait les résultats préliminaires prometteurs d'une étude clinique de Vertex, (c'est par ici pour la version longue), je propose de vous exposer un peu plus en détail comment on arrive à développer un médicament.
Au départ, la recherche fondamentale trace la voie. Son objectif est de mieux comprendre les mécanismes de la maladie et ses manifestations. En identifiant le dysfonctionnement qui entraîne la maladie, les chercheurs peuvent développer une molécule susceptible d'améliorer un aspect de la maladie. Ils réalisent des tests sur des cellules et des animaux, dont l'objectif est de déterminer, entre autres, le profil de toxicité et d'action de cette molécule.
Lorsqu'une molécule se présente comme candidate au développement d'un nouveau médicament, elle doit passer par différentes phases d'essai clinique. La première étape fait intervenir des personnes saines adultes, afin de vérifier "in vivo" les résultats obtenus en laboratoire. L'objectif est de déterminer la dose minimale active, et en même temps la dose maximale tolérée, ainsi que le mode d'administration adéquat.
Ensuite, la phase II peut commencer, avec l'administration de la molécule chez des patients. La première étape cherche à tester la tolérance de la molécule chez les patients. La seconde étape cherche à optimiser l'efficacité thérapeutique, c'est-à-dire la dose la plus adaptée et présentant le moins de risques.
Arrive alors la phase III, étendue à un plus grand nombre de patients, et qui se déroule sur une période plus longue, afin de confirmer si la dose sélectionnée est active et bien tolérée pendant une longue période de traitement, mais aussi si les effets du médicament sont observés de la même manière sur un grand nombre de patients. Au terme de la phase III, les résultats sont communiqués par les promoteurs de l'étude.
A ce moment-là, le promoteur dépose une demande d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) auprès de l'agence du médicament (FDA aux Etats-Unis, EMA en Europe). Commence alors la phase IV de développement de la molécule, dite de pharmacovigilance, avec la surveillance du médicament à long terme, afin de dépister des effets indésirables ou des complications qui interviennent sur le long terme.
En France, l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANS) peut délivrer une Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU), notamment en attendant l'accord de mise sur le marché demandé à l'AMM, (qui peut mettre plusieurs années).
Une fois l'AMM en poche, le circuit n'est toujours pas terminé, car il faut encore négocier le prix de vente et fixer le taux de remboursement par la Sécurité Sociale. Si vous avez suivi les déboires des négociations sur l'Orkambi (petit rappel dans ce billet), vous comprenez que plusieurs années peuvent facilement s'écouler entre la découverte d'une molécule candidate et la vente du médicament dans les pharmacies.

essai clinique

Finalement, chacun est concerné par les essais cliniques, qui nécessitent des volontaires malades ou en bonne santé. Donc si vous souhaitez vous impliquer dans la recherche clinique, n'hésitez pas à en parler avec votre médecin. En effet, c'est lui qui connait la liste des essais cliniques en cours dans son centre de soins et qui pourra vous proposer de participer à un essai clinique, en fonction de votre état de santé.
Le patient à qui l'on propose de participer à un essai clinique reçoit une feuille d'information et un consentement à signer. Il va prendre le temps de la réflexion pour comprendre le protocole en détail et de pouvoir poser ses questions à l'équipe de recherche. En général, entrer dans un protocole de recherche implique des visites plus fréquentes à l'hôpital, des examens plus nombreux que d'habitude, etc. Lorsque le patient décide de signer le consentement, il effectue une première visite destinée à vérifier que le patient remplit les critères demandés (par exemple VEMS supérieur à 40% par rapport à la normale, absence de diabète, ou encore présence de Pseudomonas aeruginosa dans les poumons... à chaque protocole sa liste de critères !).
Si le patient répond aux critères d'inclusion, il entre dans l'étude. Un tirage au sort détermine le type de traitement qu'il va recevoir (entre placebo ou médicament à tester), sachant que le médecin lui-même ne saura pas non plus le résultat du tirage au sort. ("essai en double aveugle") C'est l'heure de la première administration, qui déclenche un suivi médical selon le protocole établi. Le patient s'engage à une bonne observance du traitement, ainsi qu'à déclarer tout effet secondaire observé.
Lors de la visite de fin d'essai, l'essai clinique se termine pour le patient, qui se retrouve en attente de la publication des résultats de l'étude (qui peut tarder quelques semaines, voire quelques mois, après la visite de fin d'essai, car il faut attendre que tous les participants à l'étude aient effectué leur visite de fin d'essai.)
Pour plus d'informations, je vous encourage à vous rendre sur le site notre-recherche-clinique.fr qui est extrêmement complet.
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 14 mars 2019

Un communiqué qui me fait rêver

Le hasard fait parfois bien les choses. Notamment quand il place sur mon chemin de lecture digitale un communiqué de Vertex qui pourrait peut-être changer ma vie…
Le traitement de la mucoviscidose est longtemps resté limité à celui de ses symptômes. Pourtant, ces dernières années, des essais cliniques se multiplient avec des molécules innovantes (dites « modulatrices de la protéine CFTR »), qui visent à corriger les anomalies protéiques liées aux mutations. Aujourd’hui on dénombre plus de 2000 mutations à l’origine de la mucoviscidose, avec des conséquences sur la fonction CFTR (de l’absence de fabrication de la protéine à un déficit quantitatif de la protéine), que l’on répertorie en 6 classes.

Vertex Pharmaceuticals, c’est un laboratoire privé américain, spécialisé dans la mucoviscidose. Ce sont eux qui ont lancé le Kalydeco en 2012, en utilisant l’ivacaftor comme un activateur, pour traiter la cause de la maladie chez les patients homozygotes G551D. Ce médicament est présenté comme « modulateur de la protéine CFTR ». Puis ils ont développé l’Orkambi en 2015, qui associe lumacaftor, un correcteur, et ivacaftor, un activateur, et qui cible les patients homozygotes Delta F508 de plus de 12 ans. Ensuite, en 2018, le Symkevi, qui associe tezacaftor et ivacaftor, et qui cible les patients homozygotes Delta F508 de plus de 12 ans mais également les patients hétérozygotes Delta F508 avec une mutation résiduelle, a été approuvé par les agences du médicament. Et on dirait que la liste des correcteurs de nouvelle génération continue de s’allonger !
Plusieurs essais cliniques sont en cours, initiés par Vertex : VX 445-102, (qui concerne le deuxième correcteur de nouvelle génération pour les patients hétérozygotes Delta F508 avec une mutation minimale de plus de 12 ans), VX 659-102, (qui associe une trithérapie d’ivacaftor, tezacaftor, et le correcteur VX 659, qui concerne les patients hétérozygotes Delta F508 avec une mutation minimale de plus de 12 ans), VX 661-115 (qui concerne les enfants de 6 à 11 ans homozygotes Delta F508 ou hétérozygotes Delta F508 avec une mutation résiduelle)…
D’autres correcteurs développés par d’autres laboratoires (notamment la Roscovitine, un correcteur à propriété antibactérienne ou encore un correcteur du laboratoire Galapagos) sont également en cours d’essais cliniques (phase 2).

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La semaine dernière, Vertex a publié un communiqué sur deux essais de recherche clinique en phase 3, qui utilisent ce que l’on appelle un correcteur de nouvelle génération, en combinant trois molécules : ivacaftor, tezacaftor et VX-445. Pour les patients hétérozygotes (Delta F508 + une mutation minimale), le gain moyen de capacité respiratoire a été de 13,8% au bout de 4 semaines de traitement. Pour les patients homozygotes Delta F508, il a été de 10,0%. Quel bond énorme !
Certes, ces résultats sont provisoires, car le protocole de recherche dure 24 semaines, et non 4, donc la question est de savoir si la courbe de VEMS continue de monter après 4 semaines de traitement, ou si elle retombe, ou si elle se stabilise. Le laboratoire a choisi de publier ces résultats alors que les essais cliniques sont toujours en cours dans plusieurs centres, mais terminés dans certains centres, alors je pense que les résultats au bout de 24 semaines de traitement vont confirmer les résultats préliminaires, sinon ils n’auraient pas préparé de communiqué. Pour ceux qui souhaitent retrouver le communiqué intégral (et en anglais, bien sûr !), c’est par ici : Vertex.

L’année dernière, je vous avais fait part de mon coup de gueule contre Vertex, qui avait décidé de retirer la France des centres impliqués dans les essais cliniques de son prochain médicament, suite à l’échec des négociations avec l’agence française du médicament sur le prix de commercialisation de l’Orkambi en France. Quelques semaines plus tard, Vertex était revenu sur sa décision, grâce à l’action de toute la filière mucoviscidose.
Les résultats de la semaine dernière sont porteurs d’espoir. Merci à tous les acteurs impliqués dans notre combat. Grâce à leur ténacité, nous nous rapprochons petit à petit d’un monde sans mucoviscidose.
Rayons de sourire,
Jessica

PS : Pour rappel, un essai clinique est une étude scientifique évaluant chez l’homme l’effet d’une molécule. Chaque molécule doit passer par des essais de phase 1, 2 et 3 jusqu’à la potentielle autorisation de mise sur le marché de la molécule, qui devient alors un médicament, avec un nom commercial.
CFTR (= Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator) est la protéine déficiente ou absente chez les patients atteints de mucoviscidose.
La mutation Delta F508 est la mutation la plus fréquente chez les patients atteints de mucoviscidose. Les patients homozygotes Delta F508 présentent deux copies de cette mutation. Les patients hétérozygotes Delta F508 présentent une copie de cette mutation.
Dans le cas d’une mutation résiduelle, la protéine CFTR est bien à la surface de la membrane de la cellule mais soit elle est partiellement fonctionnelle soit elle est présente en quantité insuffisante. (On parle alors d’activité résiduelle.)
Dans le cas d’une mutation minimale, la protéine CFTR est produite dans la cellule, mais elle est non fonctionnelle ou très peu. (On parle alors d’activité minimale.)
L’activateur est une molécule qui vise à activer la protéine CFTR positionnée sur la membrane mais défectueuse, ce qui lui permet d’améliorer sa fonctionnalité.
Le correcteur est une molécule qui vise à corriger le défaut de maturation de la protéine CFTR, ce qui lui permet de se positionner à la membrane cellulaire.

jeudi 7 mars 2019

Presque au sommet du Mont Blanc

C'est toujours un plaisir de pouvoir admirer le Mont Blanc, et cette année, j'avais encore plus hâte de pouvoir profiter de ce bol d'air pur, car la semaine avant les vacances avait été très difficile au point de vue respiratoire, à cause des pics de pollution. Je ne suis d'habitude pas sensible à la pollution ambiante (heureusement pour moi, qui marche dans les rues de Paris 1h par jour !), alors je ne m'explique pas pourquoi cette fois-ci, j'ai eu une réaction aussi forte, semblable à une crise d'asthme. Je mettais beaucoup de temps à récupérer du moindre effort, et surtout je recommençais à tousser la nuit (et siffler aussi).
Une semaine après la fin de ma cure, je me sentais frustrée de ne pas avoir plus de forces pour résister à ces nouveaux assauts sur mes bronches. La pneumo m'a conseillé de changer d'air et d'augmenter la prise de bronchodilatateurs tant que j'étais exposée à la pollution. Je me suis donc mise à compter les jours jusqu'au départ pour la montagne.

MontBlanc

L'air de la montagne m'a grandement aidée à retrouver une respiration plus calme, qui "siffle"moins. Cerise sur le gâteau : le panorama de la vallée du Mont Blanc est toujours aussi majestueux et imposant. Je ne me lasse pas de l'admirer.
Au niveau physique, j'ai pu faire une balade en raquettes (niveau débutant, "pour les enfants de 8 à 14 ans"), même si le temps de parcours a été quelque peu rallongé à cause de mon rythme de débutante. La sortie en valait la peine, et même si j'étais épuisée, c'était de la bonne fatigue. La clé, c'était de rester à mon rythme et de ne pas vouloir rattraper les autres. (Soit dit en passant, les enfants de 8 à 14 ans sont très énergiques, la prochaine fois, je demanderai le niveau senior, des mamies débutantes !)
Après l'effort, le réconfort, soit la découverte des plats savoyards ! J'avais bien sûr très bon appétit, par contre mes doses de Créon n'étaient pas vraiment adaptées au régime fromage fondu et charcuterie deux fois par jour. (Les seuls légumes du séjour étant les tomates cerise pour l'apéritif...) Alors forcément j'ai un peu dégusté sur la fin du séjour, au niveau digestif. Comme quoi, la muco ne me laisse jamais tranquille ! (C'est sûrement la raison pour laquelle je suis rentrée avec un gros rhume dans ma valise !)
En tout cas, il en faudrait plus pour me dissuader de revenir me ressourcer dans ce paysage absolument relaxant. L'année prochaine, qui sait, je monterais peut-être à l'aiguille du Midi ? Chiche !
Rayons de sourire,
Jessica

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