La semaine dernière, Vertex Pharmaceuticals a annoncé qu’ils venaient de sélectionner la nouvelle combinaison de modulateurs de CFTR pour laquelle le laboratoire va faire une demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), ce qui correspond à la dernière étape avant la commercialisation d’un nouveau médicament. (Rappelez-vous du process de développement d’un nouveau médicament, dont je vous avais parlé dans ce billet.)

Vertex_AMM

Sur les deux projets de nouveau modulateur de protéine CFTR qui étaient en ultime phase de recherche clinique et qui présentaient des résultats assez similaires, Vertex a finalement choisi de déposer une demande d’AMM pour la triple combinaison VX-445 (elexacaftor), tezacaftor et ivacaftor. Le gain de VEMS observé en moyenne après 24 semaines de traitement est de 14,3 points de VEMS pour les patients hétérozygotes de plus de 12 ans (une mutation DeltaF508 associée à une mutation de fonction minimale) et on note également une réduction de 63% du nombre d’exacerbations respiratoires. Les résultats préliminaires annoncés il y a quelques semaines (j’en avait parlé dans ce billet) aboutissaient à un gain de VEMS moyen de 13,8 points après 4 semaines de traitement. Un patient dont le VEMS est de 60% peut donc espérer remonter à 74,3% de VEMS grâce à ce traitement. Je trouve cela absolument incroyable !
En ce qui concerne les patients homozygotes (double DeltaF508), après 4 semaines de traitement, le gain de VEMS moyen était de 10,0 points comparé à l’Orkambi (un patient de 60% de VEMS remonterait à 70,0%).
La demande d’AMM pour le marché américain est attendue pour le troisième trimestre 2019, et pour le marché européen pour le quatrième trimestre 2019. Sachant que les délais sont en général assez longs (le processus prend environ deux ans), on ne peut pas se réjouir trop vite, néanmoins je suis très enthousiaste de pouvoir relayer cette excellente nouvelle. C’est un véritable bond en avant dans la lutte contre la mucoviscidose.
Je repense à la surprise de maman, il y a trente ans, lorsqu’elle avait entendu à la radio la nouvelle de la découverte du gène responsable de la mucoviscidose. Aujourd’hui, ce n’est pas à travers les ondes mais à travers les réseaux sociaux que j’ai reçu le communiqué de Vertex (disponible ici pour ceux qui sont intéressés), mais je suis tout autant surprise. La recherche avance, et ces résultats sont concrets. Si on peut arriver à mettre en pause l’évolution destructrice de la maladie pour la grande majorité des patients, on va pouvoir vivre mieux et plus longtemps. Nul doute que cette nouvelle va être l’objet de multiples discussions lors du congrès européen sur la mucoviscidose qui se tient cette semaine à Liverpool.
Tenez bon, les enfants (et les grands enfants) !
Rayons de sourire,

Jessica