Rayons de sourire (Profiter de la vie malgré la maladie)

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jeudi 24 août 2017

Les bonnes fées de Foch

Dans tout conte de fées qui se respecte, les bonnes fées se sont penchées sur le berceau du personnage principal, afin de lui prodiguer santé, bonheur et prospérité. Ainsi, lors de ma dernière grande fête d'anniversaire, Hélène, Parraine et Marraine se sont penchées sur mon berceau (même si je n'y entrais qu'une fesse) pour m'offrir, chacune à leur tour, un don pour la vie. La mauvaise fée Mucoviscidose était déjà passée par là, mais cela n'empêche pas d'y croire. Et moi je crois dur comme fer que j'ai droit à ma part de santé, de bonheur et de prospérité.
Je dois dire que ma bonne étoile a un peu rattrapé le coup depuis l'annonce brutale du diagnostic de mucoviscidose. En effet, malgré tous les soucis qui sont le lot de mon quotidien de malade, je suis toujours optimiste et j'arrive à profiter de ma vie avec mes rayons de sourire.
Depuis la publication de mon livre "Moins de souffle, plus de vie", j'ai rencontré plusieurs autres mucos ou parents de mucos, pour qui la mauvaise fée a tellement tourné autour du berceau que les bonnes fées n'ont pas vraiment eu l'opportunité d'y prodiguer leurs souhaits. Forcément, j'ai culpabilisé ("pourquoi eux, et pourquoi pas moi ?") mais cette semaine j'ai eu l'occasion de faire changer le cours des choses.
Quand j'ai reçu un appel à l'aide, je n'ai pas hésité une seconde. J'ai pensé à Laurence et Pierre Lemarchal, qui rendent visite aux patients hospitalisés, qui s'occupent d'agrémenter leurs séjours dans les CRCM, qui deviennent des bonnes fées pour tous les mucos qu'ils sont amenés à rencontrer. J'ai pensé au Père Noël, qui fait naître des étincelles dans les yeux de tous les gamins qui croient en lui. J'ai pensé à tous ceux qui oeuvrent au sein du Rire médecin, qui introduisent la joie dans des services hospitaliers qui font grise mine.

foch

L'espace d'un après-midi, je me suis transformée en bonne fée et ça m'a fait beaucoup de bien. En franchissant la grille d'entrée de l'hôpital Foch, quinze ans après ma dernière visite, je n'ai rien reconnu ! Les locaux m'ont semblé comme neufs. Je suis venue incognito comme le Père Noël, masquée et gantée, et j'ai vécu un très beau moment de partage. J'ai eu l'impression de distiller un peu d'espoir pour l'avenir, et je me suis sentie utile. Bien sûr, les autres bonnes fées qui oeuvrent dans le service, comme les médecins, les infirmières et la kiné, ont une action beaucoup plus concrète et utile que la mienne. N'empêche que ce jour-là, mes rayons de sourire ont irradié dans une chambre d'hôpital, et c'était très beau.
J'y crois encore plus fort qu'au Père Noël : nous allons finir par mettre la mucoviscidose à bout de souffle. Tenez bon, mes frères et soeurs de galère ! Tenez bon !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 1 juin 2017

Mukk

Aujourd’hui je vous parle de mon expérience d’une nouvelle application que j’ai téléchargée sur mon smartphone : Mukk. Après l’application iBGstar qui était centrée sur le suivi de la glycémie exclusivement, voilà une appli faite par et pour les mucos !
Lors de l’Assemblée Générale de Vaincre la Mucoviscidose, l’infirmière de l’association nous avait présenté le fruit de la collaboration entre l’association et le laboratoire Novartis. Il est vrai que l’observance des traitements est un défi majeur pour les patients atteints de mucoviscidose. Entre les médicaments par voie orale, les aérosols, les séances de kiné et les multiples rendez-vous médicaux, il faut être bien organisé pour se soigner comme il faut. (Je vous en parlais déjà dans ce billet.)

Mukk

Cette nouvelle application cherche à faciliter le quotidien des patients grâce à trois types d’outils :
1- un agenda et des alertes personnalisées,
2- un journal de bord pour noter les symptômes rencontrés,
3- la mise à disposition de fiches pratiques et pédagogiques sur la maladie.
En ce qui me concerne, j’arrive assez bien à gérer mes rendez-vous médicaux avec mon agenda classique, mais j’apprécie le fait de retrouver tous les rendez-vous avec les différents professionnels de santé au même endroit. Comme mon traitement habituel a été modifié plusieurs fois au courant du mois de mai, j’ai pu tester les alertes pour ne pas oublier la prise de ces nouveaux médicaments. De plus, l’agenda me permet de retrouver très facilement les périodes où j’étais sous aérosols de Tobi et les périodes où j’étais sous aérosols de Cayston.
A mes yeux, le gros avantage de cette appli est ce journal de bord « spécial muco », que je peux utiliser en consultation avec le médecin. J’ai pris le réflexe de noter sur l’appli les petits désagréments du quotidien, par exemple les jours où je suis plus fatiguée que d’habitude, où j’ai du mal à respirer, à digérer, où j’ai craché du sang, ou au contraire les jours où j’ai pu faire du sport sans être essoufflée. Les commentaires que j’ai ajoutés traduisent mon ressenti, et c’est utile de pouvoir les relire avant d’aller en consultation. Je me suis rendue compte que je minimisais souvent les moments où j'étais "en compote".
J’ai parcouru les différentes fiches pratiques sur la muco avec beaucoup d’intérêt, notamment les conseils pratiques pour des apports en sel adaptés.
Pour utiliser l’application de façon encore plus optimale, il me reste à stocker les ordonnances et comptes rendus de consultation dans mon espace personnel. J’ai déjà commencé par entrer les contacts (la fameuse fiche de liaison du CRCM !) un par un, car je n’ai pas trouvé comment récupérer les fiches des contacts de mon téléphone. Le petit bémol d’avoir recours à Mukk, c’est que je deviens de plus en plus dépendante de mon smartphone…
Hier, pour mon bilan au CRCM, j'ai fait le point avec la pneumo et, en sortant, je me suis auto-félicitée comme il se doit. Après les antibiotiques des tropiques et le flash de corticoïdes, je retrouve un VEMS à 74%, et mon poids du mois de janvier. J'évolue toujours dans le cercle vertueux, et j'en profite un maximum car j'ai plein d'énergie.
A tous les patients 3.0 et les parents d'enfants mucos qui sont des jongleurs des soins du quotidien, je vous recommande cette appli ludique et pratique. Merci à Novartis et Vaincre la Muco de nous avoir fabriqué cet outil, c’est ça aussi une façon de lutter contre la maladie et d’améliorer la qualité de vie des patients. D'ailleurs, chacun peut envoyer ses commentaires pour faire évoluer l'application et améliorer la prochaine version, alors n'hésitez pas !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 6 avril 2017

Deux semaines de sursis

Dire que je me suis pris un coup de massue sur la tête mardi serait un euphémisme. C'est à un véritable tsunami que je suis confrontée ces temps-ci !
Je n'avais pas encore eu le temps de me remettre de toutes les émotions du week-end de l'AG (émotions encore plus fortes que d'habitude, après la crise d'appendicite de ma soeur déclenchée à 6h du matin) que je me retrouvais au CRCM pour mon bilan annuel, à l'aube. Comme l'année dernière, je retrouvai mon box et le programme des réjouissances au tableau.

Bilan2017

J'ai commencé par me peser, et l'infirmière a annoncé que j'allais "me faire engueuler" en voyant que j'avais perdu 1,5 kg et que j'étais descendue en dessous de la barre minimale de 50 kg fixée par le médecin. Moi qui pensais avoir réussi à me stabiliser à 50 kg... Heureusement que j'étais toute habillée et chaussée pour monter sur la balance !
Ensuite, on est passé à la prise de sang que je redoute tellement. Quel soulagement que l'infirmière arrive à prélever TOUS les tubes (même les 2 tubes pour aider la recherche) du premier coup et en une seule fois. Je me suis dit que c'était un bon signe.
Je suis partie vers le bâtiment des radiographies, pour l'échographie abdominale puis l'échocardiographie (= écho coeur). Là, j'ai pu bien avancer dans mon livre, car j'ai passé plus de temps sur les chaises de la salle d'attente que sur le lit d'examen. Puis je suis passée au scanner thoracique, sauf que cette fois-ci, on devait me faire une injection de contraste afin de chercher une cause qui pourrait expliquer mes hémoptysies récidivantes. Autant dire que je n'ai pas eu autant de chance qu'avec la prise de sang du matin... La première infirmière a essayé deux fois sans être très convaincue, puis elle a fait appel à sa collègue spécialiste des veines difficiles, qui lui a rappelé qu'elle n'aurait pas dû piquer deux fois sans succès. (Comptez sur moi pour le lui rappeler la prochaine fois !) La deuxième infirmière a dû s'y prendre à deux fois pour pouvoir placer le mini-cathéter. (Et donc, pendant ce temps-là, l'heure tourne et je ne respecte pas le timing de mon planning !) Une fois branchée, j'ai pu passer le scanner, avec cette sensation de chaud (due au contraste) pas désagréable car j'avais vraiment froid. Après l'examen, j'ai attendu pour vérifier que je n'avais pas de vertiges, puis on m'a enlevé le cathéter et j'ai pu retourner en hôpital de jour.
L'infirmière se demandait où j'étais passée (promis, je n'ai pas fait l'hôpital buissonnier !) car il était déjà 12h55. J'ai dû courir à mon rendez-vous ORL et reporter mon déjeuner ensuite, à l'heure espagnole. En découvrant mon plateau repas, j'ai repensé à tous les plateaux repas que j'avais eus pendant mon séjour à la maternité, de l'autre côté de la rue. Et je me demandais aussi comment j'allais pouvoir reprendre des kilos en mangeant du poisson et des carottes vapeur, avec une salade verte...
Aussitôt le plateau fini, je me suis fait à nouveau charcuter aux EFR. Et oui, je devais faire les fameux gaz du sang ! Heureusement que l'infirmière m'avait promis qu'elle n'essayait de piquer qu'une seule fois, ça m'a (un peu) soulagée. Mais alors, qu'est-ce que c'est douloureux, cette prise de sang qui se doit faire sur l'artère ! On a dû se rabattre sur la mesure du taux d'oxygène par le petit appareil à brancher sur le doigt.
Comme je me sentais dans une forme olympique après cette épreuve, j'ai enchaîné avec la spirométrie. Je ne voyais pas l'écran depuis la cabine où j'étais assise, et j'ai donc découvert les résultats pendant la consultation avec ma pneumologue. Ensuite, je me suis lancée dans le test de marche de 6 minutes. J'ai tout de suite ressenti les bienfaits de mon activité physique régulière, car je n'avais aucune fatigue musculaire dans les jambes (#petitevictoire) même si je ressentais l'essoufflement. J'étais fière d'avoir pulvérisé mon résultat de l'année précédente, avec 112 mètres de plus parcourus !
Cependant, ma fierté a été de courte durée, lorsque la pneumologue a analysé mes résultats. Je me suis dit qu'il y avait une erreur sur mes chiffres d'EFR, car elle m'a annoncé un VEMS de 61% (-12 points par rapport à ma dernière visite, mais surtout le record de VEMS le plus bas que j'ai jamais connu...). C'est là que j'ai pris un coup de massue, car je m'attendais certes à une baisse de VEMS due à la fatigue, mais pas du tout à une baisse si importante. Le médecin voulait me proposer une cure de perfusions, et j'ai réussi à décrocher un petit sursis. J'ai donc commencé les antibiotiques per os, et je retourne faire un bilan dans 2 semaines. Mon programme d'ici là, c'est de me renforcer, en reprenant au moins un kilo, et surtout au moins 5 points de VEMS.
Je ne peux pas dire que je sois aidée par mon fils, qui a attrapé une otite et une angine, du coup les nuits sont assez hachées, et les siestes de courte durée... Mais je garde le sourire, je vais y arriver ! Ma soeur aussi s'en est sortie, et elle a pu rentrer à la maison 48h après l'opération. Plus de peur que de mal, donc !
Rayons de sourire,
Jessica

PS: Je suis désolée pour l'orientation bancale de la photo mais aujourd'hui je n'ai pas vraiment le courage de chercher à la corriger, j'espère que vous me le pardonnerez !

jeudi 22 décembre 2016

Première visite aux urgences

Depuis le temps, je suis au courant que je suis plus fragile que les autres. Et pourtant, j’ai toujours du mal à l’accepter. Je dois bien reconnaître que je ne suis pas aussi forte que ce que j’aimerais. Ça me coûte, de me montrer vulnérable.
Revenons à jeudi dernier, lorsqu’Adrien commence à tousser. Je ne me suis pas inquiétée plus que cela, c’est bien normal de tousser un peu avec l’arrivée de l’hiver, les pics de pollution répétés sur Paris, et l’envie d’imiter maman en permanence. Lorsque son père rentre à la maison, il remarque tout de suite que quelque chose ne va pas. Adrien fait de drôles de bruits, il a du mal à trouver sa respiration avec la tétine dans la bouche et il siffle. Je ne m’en fais pas car j’ai la solution miracle à portée de main, il suffit de lui nettoyer le nez avec du sérum physiologique et il pourra à nouveau respirer avec le nez dégagé. Mon homme en doute, et il a raison. Dix minutes plus tard, nous assistons à une véritable crise. Difficile à décrire ces bruits, mais cette fois-ci je suis inquiète. J’appelle le 15 pour leur décrire les symptômes. Ils me parlent d’une laryngite, et nous envoient une ambulance (30 minutes d’attente annoncées).
Adrien arrive à se calmer et à reprendre petit à petit sa respiration. On voit que ça lui demande beaucoup d’efforts. Et puis, à nouveau, ça dérape. Je rappelle le 15, ils me conseillent de faire couler de l’eau chaude dans la salle de bains et de m’y enfermer avec Adrien pour que les vapeurs d’eau chaude l’aident à respirer. L’ambulance est en route.
Enfin, les ambulanciers arrivent et procèdent à un premier examen. Adrien ne veut pas se laisser faire, et il faut se battre pour prendre sa température, sa saturation d’oxygène, sa fréquence respiratoire. Il crie toujours autant. Le diagnostic de laryngite est confirmé, surtout au vu du sternum qui s’enfonce à chaque respiration. On se met en route pour les urgences de Necker. Le premier ambulancier est un peu hésitant parce que, selon la procédure, ils peuvent emmener UN parent et pas les deux… Heureusement que l’autre ambulancier ne se pose pas la question, il m’installe sur le lit dans l’ambulance, avec Adrien sur mes genoux, et mon homme à la place de l’accompagnateur. En arrivant sur le boulevard, il enclenche la sirène et puis, 50 mètres plus loin, il y a un gros boum… L’ambulance vient de s’encastrer dans une voiture de particuliers qui n’a pas voulu la laisser passer ! Adrien a eu assez peur mais heureusement personne n’est blessé. Les ambulanciers appellent des collègues en renfort pour venir nous récupérer car leur véhicule n’est plus en état d’avancer.
Le temps me semble long.
Lorsque la deuxième ambulance arrive, on effectue le transfert de véhicule et cette fois-ci on arrive sains et saufs aux urgences. La salle d’attente est bondée mais Adrien est tout de suite pris en charge, c’est rassurant. Il rechigne à avaler le Doliprane puis le Célestène mais il ne m’aura pas, j’ai enfilé mon costume de Super-Maman-Insensible-Aux-Pleurs-De-Son-Enfant-Malade, car la priorité c’est qu’il puisse respirer à nouveau normalement. Le médecin prescrit un aérosol d’adrénaline et d’oxygène, et nous ne sommes pas trop de deux à le maintenir pour qu’il puisse inhaler ce qu’il faut. Ces 25 minutes me semblent une torture et je me répète en boucle dans ma tête que c’est pour son bien. Mon homme m’aide à tenir bon.
Ensuite l’infirmière passe prendre ses constantes toutes les 20 minutes. On voit qu’Adrien va déjà mieux. Le creux au niveau du sternum a disparu, et surtout, son air malicieux est revenu. Il prend conscience de tous les objets qui l’entourent et il se demande ce qu’il peut faire comme bêtise, comme jouer avec toutes les feuilles de papier placées sous la balance. Lorsqu’il rigole, ça m’impressionne ce son très rauque, mais je suis tout de même soulagée de l’entendre rire. Finalement, lorsque le médecin revient, elle estime qu’il n’a pas besoin d’un nouvel aérosol et elle nous renvoie chez nous, avec une ordonnance de corticoïdes pour le week-end.
A 5h, nous sommes de retour à la maison, et pas mécontents de pouvoir aller dormir. A 8h, je lutte pour aller travailler, en pensant que la sieste de l’après-midi va me permettre de récupérer. Lorsque je rentre du boulot, je m’effondre dans mon lit, ce qui me permet de reprendre des forces. La nuit suivante est encore très difficile. Je me sens désemparée car je ne vois pas comment je peux aider mon fils à respirer. Et puis, le tournant arrive dans la nuit du dimanche à lundi : c’est à mon tour d’avoir la gorge enflée, le nez pris, le mal de crâne…
C'est là que s'enclenche la spirale infernale : les quintes de toux nocturnes, les après-midis de sieste pour récupérer, le nez qui coule en permanence, l'impression d'être dans du coton tellement mes sensations virent au ralenti, les combats avec Adrien pour lui laver le nez, mon périnée qui est déjà parti en vacances, ma voix qui disparait également, un mal de tête persistant qui s'installe, à tel point que je ne supporte plus les cris de mon fils... Je finis par appeler le CRCM car je dois me résoudre à ce que ce virus ne parte pas de lui-même. Je commence donc les antibios par voie orale pour 5 jours, et on fera un point lundi prochain. J’espère que je serai un minimum rétablie pour profiter des vacances de Noël ! J’attends avec impatience de pouvoir trouver au pied du sapin le bouclier magique qui empêcherait toute infection pulmonaire et la recharge de batterie pour corps humain ! J’espère que le Père Noël ne sera pas en rupture de stock !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 11 août 2016

100% ALD et 100% motivée

Ce matin au courrier j'ai reçu les papiers qui confirment mon renouvellement d'ALD (Affection Longue Durée). Bonne nouvelle car je peux continuer à bénéficier de la prise en charge à 100% pour mes soins liés à la muco, et je n'ai plus le stress de me dire que le renouvellement arrivera peut-être après la date de fin de la prise en charge initiale (septembre 2016). Par contre, suspense car je n'ai aucune indication sur la validité de cette décision... On verra bien quand je mettrai à jour ma carte vitale la date limite qui en ressort !
J'ai envie de dire merci à l'assistante sociale de mon CRCM cinq étoiles, qui s'est occupée de la demande de renouvellement sans que je doive fournir d'efforts. Quand les démarches administratives sont simplifiées et qu'on m'aide pour de vrai, j'apprécie énormément !!
Une fois n'est pas coutume, je suis minée par le rhume (merci Adrien !), donc la semaine n'a pas été très productive (enfin, je ne parle pas des crachats que j'ai montrés à la kiné !). Après deux jours à me shooter au Fervex, je suis passée aux remèdes de grand-mère, comme la tisane au miel et les huiles essentielles. Le nez coule toujours mais plutôt clair que moche, je vois ça comme un signe positif. Par contre je suis tellement fatiguée pour pas grand chose que j'ai fait une cure intensive de siestes ces derniers jours.
Mon objectif pour la semaine était de faire mon circuit cardio-training mardi et jeudi, mais fatalement, quand mardi est arrivé, après la sieste, les aérosols et la séance de kiné, je n'avais plus l'énergie pour ça donc j'ai repoussé à mercredi. Hier, après le même cycle de sieste, aérosol et kiné, je ne me sentais pas très en forme pour m'attaquer au sport, et puis j'ai pensé à une fille formidable qui a toujours de l'énergie à revendre, même enrhumée, même gênée pour respirer, même sous oxygène. Je me suis dit que mon homonyme ne repousserait pas encore une fois la séance (sinon comment en faire deux fois dans la semaine ?), et que j'allais en retirer beaucoup de bien. Je me suis motivée, et même si je n'ai pas aussi bien performé que d'habitude pour tenir les positions, j'étais contente de l'avoir fait à mon rythme (c'est ça qui compte, comme le dit la coach !).
Merci donc mon homonyme pour, sans le savoir, m'avoir transmis ton énergie. En plus, j'ai enchaîné avec une bonne nuit de sommeil et j'ai sorti beaucoup de crachats moches aujourd'hui, preuve que le sport a bien mobilisé mes bronches. Du coup, j'y retourne demain !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 4 août 2016

Le tri du dossier médical

Comme je n’ai pas eu le temps de procéder au grand ménage de printemps, je profite de la tranquillité de l’été pour faire du tri, surtout dans mes papiers ! D'autant plus que ma soeur Alice m'a donné un énorme coup de pouce et m'a motivée comme il faut !
C’est qu’il faut être sacrément organisée pour arriver à jongler avec l’emploi du temps de la muco et celui du reste de la maison. Par exemple, je n’ai encore envoyé aucune facture à la mutuelle depuis la naissance d’Adrien, et mon objectif est de me mettre à jour d’ici la rentrée de septembre.
J’ai commencé par réorganiser ma caisse de médicaments et j’ai finalement abandonné le système de centraliser tous mes médicaments dans une seule (énorme) boîte. Ma pharmacie-maison nouvelle version se décline en plusieurs (petites) boîtes, qui ont l’avantage d’être faciles d’accès. D’abord la boîte du « courant », celle avec tous les cachets de la semaine (Créon, vitamines, Nasonex, Seretide, recharges d’aiguilles et de lancettes pour l’auto surveillance glycémique), puis les boîtes de « réserve » : une boîte avec le surplus des médicaments du « courant », une boîte avec le matériel lié au diabète et une boîte avec le matériel lié aux aérosols. Dans le frigo, j’ai les stylos à insuline et le TOBI. En plus de mon traitement de fond, je n’oublie pas de vérifier régulièrement ma boîte de soins de secours, avec Doliprane, Ibuprofène, Fervex et autres.
Avant de faire le tri dans les papiers de la maison, je me suis attaquée à mon mammouth à moi : mon dossier médical. J’utilise une pochette avec des intercalaires pour m’y retrouver, mais comme je ne faisais qu’ajouter des papiers sans jamais en enlever, j’en étais arrivée à un point où je ne voulais plus emporter ma pochette (trop lourde et encombrante) en allant chez le médecin, donc j’emportais un extrait du dossier et, forcément, il me manquait toujours le bon papier en arrivant à l’hôpital. La solution, c’est d’avoir un classeur avec tous les antécédents médicaux, qui reste à la maison, et une pochette, forcément plus légère, qui m’accompagne à mes rendez-vous.
Sur le premier onglet, j’ai la copie de mon attestation de carte vitale (avec la mention du 100% pour les soins ALD), ainsi que la copie de ma carte de mutuelle, et la feuille avec les contacts du CRCM.
Sur le deuxième onglet, j’ai les ordonnances en cours. Je me suis finalement décidée à jeter les anciennes ordonnances (oui, j’avais des ordonnances de 2010 que je gardais « au cas où »… sachant qu’une ordonnance a aussi une date de péremption !). De cette façon, je trouve plus facilement la liste complète de tous mes traitements.
Puis vient mon dernier compte-rendu du CRCM. Les anciens compte-rendu sont archivés dans le classeur qui reste à la maison, avec la copie des EFR de chaque examen.
J’ai prévu un onglet avec les résultats des analyses (dernière hémoglobine glyquée, qui m’a tellement fait souffrir la semaine dernière !) puis un autre onglet avec une grande enveloppe dans laquelle je garde les factures que je dois faire suivre à ma mutuelle (car oui, ça arrive que la télétransmission ne marche pas, surtout si, comme moi, vous ne savez pas que c’est à vous de l’activer car ce n’est pas automatique).
Ensuite vient l’onglet « non muco », car finalement, ce n’est pas parce que la muco accapare énormément mon capital santé qu’elle ne laisse pas de place à d’autres soucis de santé. Il faut bien rendre visite au dentiste, au gynéco, à l'ophtalmo...
Enfin, j'ai glissé quelques flyers à distribuer pour parler de mon livre "Moins de souffle, plus de Vie" !
Pour la suite du rangement, ça sera au prochain épisode !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 21 juillet 2016

Yoyo à 75%

C'est reparti pour le yoyo de la muco. À peine le temps de me réjouir de mon bilan pneumo de mardi que je me mets à grimacer à cause de mes intestins.
Le ré-entrainement à l'effort à mon rythme commence à porter ses fruits, je me sens bien sur le plan respi. J'arrive à marcher une heure par jour sans être essoufflée, même à une allure un peu plus rapide que ma marche de confort. La coach sportive m'a encouragée à continuer le programme.
J'ai fait un bon score de VEMS, à 75%, ce qui est très correct à mon âge, et qui me permet de pouvoir avancer dans tous mes projets sans être trop gênée au niveau respiratoire. Je peux marcher, courir, sauter, danser, et tout ça sans déclencher de grosses quintes de toux, il y a de quoi se réjouir !
L'ostéopathe (oui, je suis suivie dans un super CRCM qui me propose de voir un ostéopathe quand j'en ai besoin) m'a débloqué une vertèbre (je n'avais pas remarqué qu'elle était coincée, pourtant !) et il a surtout beaucoup travaillé sur mon côlon droit, qu'il a trouvé plutôt mal en point. J'étais en mode "compote" depuis 24h, sans en trouver les raisons. Le lendemain de mon bilan CRCM, j'ai passé une très belle journée sur le plan digestif, par contre, la clim du bureau a créé une ambiance igloo à 15 degrés qu'il était impossible de faire remonter, et dès le jour suivant, j'ai subi les frissons de chaud et froid, les éclairs dans le ventre (au lieu des papillons) et les ballonnements.
On n'a toujours pas inventé la machine qui m'aiderait beaucoup pour tous ces tracas digestifs. Quand j'ai mal au ventre, je n'arrive quasiment jamais à cerner le problème et donc à lui mettre un nom dessus. Je ne connais pas mon anatomie et je ne saurais pas repérer le ressenti d'une crampe d'estomac ou d'une brûlure d'estomac. Si je pouvais ressentir les symptômes associés à telle ou telle pathologie, ça serait un grand progrès pour mon quotidien ! La machine déclencherait en moi les symptômes des pathologies digestives et je pourrais enfin nommer ma douleur du moment. Bien sûr, il y a les médecins qui m'aident dans ce diagnostic, mais c'est tellement frustrant de ne pas arriver à décrire correctement ce qu'on ressent... Tiens, tout comme la description des odeurs (pour moi qui n'ai pas d'odorat !), je vous mets au défi de pouvoir faire comprendre une odeur à quelqu'un qui n'a pas de référence olfactive !
En attendant, j'ai repris mon régime de riz et compote et j'espère retrouver la grande forme rapidement, car ça serait dommage de ne pas pouvoir profiter pleinement de mes poumons à 75% !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 14 juillet 2016

Les Grandes Vacances (du kiné)

En France, du 14 juillet au 15 août, c'est la grande transhumance. Les vacanciers quittent leur quotidien pour quelques semaines, mais comme toujours, avec la mucoviscidose, cette période est toujours plus compliquée.
Déjà, pour ceux qui partent en vacances, il faut mettre en place la structure des soins sur le lieu de vacances. Comment trouver un kiné sur place ? En recherchant sur les pages jaunes ou sur l'annuaire santé de la sécurité sociale, on peut avoir une idée des cabinets de kiné mais pour savoir qui peut assurer les séances de kiné respiratoire, il faut les appeler un par un et demander... Autant dire qu'il vaut mieux prévoir un peu de temps car personne ne vous rappellera le jour même, sauf pour donner une réponse négative !
Il faut également penser à la trousse à pharmacie, qui inclut tous les médicaments habituels (Créon, vitamines, ventoline, insuline, etc.), les aérosols et son kit de nettoyage. N'oubliez pas une photocopie de votre ordonnance, ça évitera qu'on vous embête aux contrôles de sécurité ou autre. Cependant je vous conseille d'emporter en plus de quoi pallier aux petits imprévus qui s'invitent souvent pendant les vacances. Doliprane et Immodium ne sont jamais de trop, ainsi qu'une plaquette d'antibiotiques au cas où.
L'idéal, c'est d'avoir toujours sur soi la plaquette santé "J'ai la mucoviscidose" qui contient les grandes lignes de votre maladie, vos médicaments habituels, vos allergies connues, et surtout vérifiez avant de partir que les numéros d'urgence de votre kiné ou CRCM sont actualisés. Il vaut mieux découvrir que le numéro de téléphone ne fonctionne plus quand on n'en a pas vraiment besoin.
L'association a publié quelques conseils (article sur le lien ici) pour éviter la déshydratation, un risque bien réel mais largement sous-estimé. Donc, continuez à bien vous hydrater !
Pour ceux qui restent travailler pendant l'été (comme moi !), ce n'est pas simple non plus, car mon kiné n'est pas là de tout l'été, et la pharmacie ferme pendant le mois d'août. J'ai un peu bataillé pour retrouver un kiné dans le quartier qui puisse assumer ma prise en charge. C'est vrai qu'il faut : 1) une séance par jour (donc je raye d'office les kinés qui ne travaillent que quelques jours dans la semaine), 2) un kiné qui connaisse un peu la kiné respi (plusieurs cabinets m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas prendre de patient avec une pathologie respiratoire, un autre m'a dit qu'ils ne faisaient de la kiné respi que pour les bébés... et pour les grands bébés, ça marche comment ?), 3) un kiné qui se consacre entièrement à moi pendant la séance (on oublie les séances collectives, où un seul kiné s'occupe de quatre patients sur le même créneau).
Heureusement, au moment où je commençais à désespérer, j'ai eu la chance de tomber sur une perle rare qui est là tout l'été et qui veut bien s'occuper de moi ! Depuis la semaine dernière où j'ai repris des séances de kiné quotidiennes (et où j'ai commencé mon programme de ré-entraînement à l'effort, qui doit également faire son effet), je n'ai plus de problèmes de sommeil ni de quintes de toux inopportunes. Il y a juste ce petit rhume embêtant qui traîne, surtout depuis que la clim est lancée à fond dans les bureaux.
Mardi prochain, j'ai mon prochain bilan au CRCM, j'espère que tous les voyants seront au vert !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 9 juin 2016

Effets Secondaires

En général, quand le pharmacien me parle des effets secondaires d'un nouveau médicament, je suis aussi attentive que lorsque les hôtesses de l'air expliquent les consignes de sécurité avant le décollage d'un avion. Je me dis que je lirai la notice plus tard, quand j'aurai le temps... ce qui veut dire que je ne déplie jamais cet origami de deux centimètres carrés qui contient pourtant autant de caractères imprimés que le Larousse.
Cette semaine, j'ai pourtant ressenti pas mal d'effets secondaires, mais je ne saurais dire à quel médicament je dois les attribuer. J'ai démarré le Ciflox per os depuis samedi, mais je suis une habituée de cet antibiotique (qui a une liste longue comme le bras d'effets secondaires). Je suis toujours en perfusions d'antibiotique de Méropénem, qui est complètement nouveau pour moi, mais les perfusions de Nebcine ont arrêté vendredi, justement pour limiter les risques de perte d'audition, effet secondaire notoire de la Nebcine. A la place, j'ai repris les aérosols de TOBI. Et suite à mes quintes de toux nocturnes impossibles à faire passer, j'ai commencé des aérosols de Bricanyl et Atrovent depuis la semaine dernière. Donc ça fait beaucoup de molécules combinées ensemble !
L'effet positif, c'est que je dors la nuit, je ne suis plus réveillée par la toux ou les crachats de sang. (Juste par les pleurs d'Adrien, heureusement de façon occasionnelle !) Au niveau expectoration aussi, ça va mieux, les crachats sont beaucoup moins colorés et il n'y a plus grand chose à faire sortir, même avec le kiné. Donc je commence à ressentir les effets bénéfiques de la cure ! (Il était temps, je finis demain !)
Le contre-coup, c'est que je suis toujours fatiguée, je me suis transformée en félin, et je dors entre 14 à 16h par jour... ça ne laisse pas beaucoup le temps de faire autre chose dans la journée que mes soins ! Pourtant, la fatigue a changé par rapport au mois dernier, je pense que je fatigue à cause des traitements plutôt qu'à cause de l'infection pulmonaire, ce qui me parait un point positif.
Une autre conséquence de mon traitement, c'est l'impression d'avoir une haleine de médicament, toujours la bouche sèche avec une sensation de soif en permanence. C'est désagréable mais supportable. L'infirmière coordinatrice du CRCM m'a d'ailleurs confirmé que c'était un effet secondaire connu de la combinaison Bricanyl + Atrovent, je ne devrais donc pas poursuivre cet aérosol en continu sur le long terme mais juste lors des épisodes où j'en ai besoin car mes bronches sont trop spasmées. Bon.
Ensuite, il y a toujours les conséquences habituelles des antibiotiques sur la flore digestive et vaginale. Supplément de probiotiques indispensables !!!
Et puis, durant cette cure, j'ai rencontré de nouveaux effets secondaires, dont on parle peu sur la notice des médicaments (vous me direz, comme je ne l'ai pas lue, je ne peux pas savoir !). Il y a mon entourage qui se met aux petits soins pour moi, qui vient m'aider pour me faire à manger, étendre une lessive, changer Adrien, et c'est bien agréable. Il y a aussi des amis qui ne sont pas spécialement proches mais qui s'engagent à mes côtés dans le combat contre la mucoviscidose. Comme Fred, qui s'est lancé un beau défi de collecte pour Vaincre la Muco lors de la course de la Marmotte le 2 juillet prochain. Vous pouvez apporter votre contribution sur sa page de collecte : http://mondefi.vaincrelamuco.org/projects/la-marmotte-de-l-espoir Merci !
Enfin, il y a un expéditeur inconnu qui m'a fait envoyer des livres, une attention qui me touche particulièrement, même si je suis un peu déçue de ne pas savoir qui remercier...
Grâce à vous tous, je me sens résolument plus forte pour lutter contre la mucoviscidose. Nous finirons bien par avoir le dessus !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 7 avril 2016

Pas (encore) d'Ostéoporose

Pour une fois que je suis convoquée à l'hôpital pour un examen qui ne fait même pas mal, j'y cours !
Vous devez vous demander comment c'est possible de se réjouir autant pour une visite à l'hôpital, un lieu qu'on aimerait fréquenter le moins possible ! Et pourtant, hier, j'avais rendez-vous pour le dernier examen de mon bilan annuel (que je n'avais pas pu faire au mois de janvier), et je suis allée au CRCM avec le SOURIRE.
Cet examen magique et indolore s'appelle quand même d'un nom barbare : l'ostéodensitométrie. L'ostéodensitométrie permet de mesurer la densité osseuse et donc de connaître le degré de solidité des os. Un moyen, notamment, d'évaluer le risque de fractures ou d'ostéoporose chez les femmes ménopausées. C'est pour ça que j'étais la plus jeune patiente de la salle d'attente, et les mamies autour de moi m'appelaient "la petite jeune fille" (maintenant que j'y pense, ça m'arrive dans presque toutes les salles d'attente où je suis passée, en fait !).
Après avoir rempli un questionnaire sur mes habitudes alimentaires, notamment sur les laitages que je prends tous les jours je suis sensée prendre tous les jours, je suis passée dans la salle d'examen. Heureusement que je prends des suppléments de calcium au quotidien, car j'ai découvert que mon alimentation ne couvre que 50% des besoins journaliers en calcium. Ah là là, c'est difficile de gérer un régime adapté à la muco, au diabète muco, et à tout le reste !
Je me suis allongée en sous-vêtements et la machine a fait le travail. En gros, un appareil émet en direction de l'os des rayons X qui seront plus ou moins absorbés selon la minéralisation de l'os. Un autre appareil, situé au-dessus de la table, mesure ce qui reste du rayonnement après sa traversée de l'os. La densité osseuse apparaît alors sous la forme d'une courbe.
La prise de ces mesures prend quelques minutes. L'irradiation est faible, dix fois moindre que la dose utilisée pour une radiographie pulmonaire. La densité osseuse est donnée par rapport à une moyenne, correspondant à une population normale, du même âge et du même sexe. C'est cette moyenne qui sert de référence, un peu comme la courbe de croissance des enfants, qui figure sur le carnet de santé. La bonne surprise, c'est que je suis en plein dans la norme, donc pas de nouvelle complication à l'horizon !
C'est sûr qu'en voyant la liste de toutes les complications liées à la muco qui peuvent s'ajouter à une liste (que je trouve déjà longue !) des pathologies en cours, ça fait du bien de pouvoir en rayer une... au moins jusqu'au prochain bilan ! D'ici là, je continue à manger un laitage par repas, c'est obligatoire !
Rayons de sourire,
Jessica

jeudi 3 mars 2016

Nouveau Bijou

Je me remets petit à petit de l'opération d'hier.
Comme je suis colonisée au Pseudomonas de façon chronique, je ne vais pas échapper aux cures de perfusions d'antibiotiques pour nettoyer mes poumons de temps en temps. Depuis qu'on m'avait enlevé mon baby port-à-cath, en mars 2001 à Madrid, j'avais en tête d'en faire poser un tout neuf lorsque j'en aurai besoin. Surtout après les deux cures IV de 2015, pour lesquelles on m'avait posé un picc-line car on n'allait pas m'opérer pendant ma grossesse. Voilà, maintenant Adrien gazouille et sourit, et moi j'ai repris le chemin des hôpitaux.
C'est une petite opération, l'anesthésiste et son équipe sont les pros de la pose de la chambre implantable. Il avait été un peu surpris de ma demande de descendre au bloc avec mon iPod et ma musique, histoire de ne pas pouvoir entendre les cliquetis des instruments pendant l'opération, ce qui est mon angoisse dès qu'on me parle d'anesthésie locale. J'étais contente qu'il accepte, et j'ai dû me justifier auprès de chaque brancardier ou infirmière sur mon trajet de la chambre d'hôpital au bloc. Oui, oui, j'emporte mes écouteurs et ma musique, le chirurgien est d'accord !
En attendant que ça soit mon tour de passer au bloc, j'ai discuté avec ma voisine de lit, qui toussait comme moi et qui avait des ongles de muco. Elle n'était pas vraiment ravie de se faire poser cette petite boîte, même si le discours de l'anesthésiste était d'en parler comme un "nouveau bijou". Il ne brille pas mais il est en titane, un véritable bijou de technologie qui devrait durer quelques années en y prenant bien soin. J'ai essayé de la rassurer en lui montrant la cicatrice de mon ancien port-à-cath, qui est quand même assez discrète.
Puis je suis passée en salle d'opération, l'infirmière était adorable et j'ai discuté avec elle quasiment tout le temps de la pose, même avec la musique dans les oreilles. Je n'ai entendu aucun cliquetis d'instrument de torture, ni aucun juron du chirurgien... Bref, l'opération s'est très bien passée ! Les brancardiers ont juste oublié de venir me chercher ensuite, donc après quatre appels infructueux, c'est finalement l'infirmière qui m'a emmenée faire la radio de contrôle.
Je n'avais pas du tout mal en remontant à la chambre, mais en rentrant à la maison, les douleurs ont commencé à se manifester. La peau tire un peu sur la cicatrice, qui a beau être petite, j'avais quand même l'impression que tout mon corps était concerné. J'ai avalé un doliprane et je me suis couchée ! Le repos fait du bien mais il faut trouver la position adéquate pour ne pas tirer sur les chairs... ça va venir !
J'en ai pour une dizaine de jours de cicatrisation, et pendant ce temps-là, interdiction de porter des charges lourdes... y compris Adrien ! C'était vraiment la surprise, je ne m'attendais pas à ces consignes, alors qu'elles sont assez logiques. Du coup, j'ai actionné radio tam-tam pour lui trouver une baby-sitter pendant ces quelques jours où je ne vais pas pouvoir le prendre dans les bras.
Après une nuit difficile, mon salut est venu des anti-inflammatoires. Tout devrait rentrer dans l'ordre rapidement, et en attendant, je repasse en boucle ma playlist "Bonne Humeur", dont je vous livre mon top 10 :

  • Casser la voix, Patrick Bruel
  • One of these days, Teddy Thompson
  • Je t'écris, Grégory Lemarchal
  • Dès qu'j'te vois, Vanessa Paradis
  • Let it go, Demi Lovato
  • Bonfire Heart, James Blunt
  • Good ol' Days, The Script
  • Si tu ne me laisses pas tomber, Les Enfoirés
  • Feeling good, Michael Bublé
  • Le miracle, Céline Dion

Montez le son, et les bonnes ondes positives vont suivre !!
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 3 décembre 2001
Or, si j’acceptais de me faire poser une chambre implantable, j’allais gagner en autonomie. Elle m’avait assuré que tous ses patients qui avaient opté pour le port-à-cath profitaient à fond de ce nouveau confort et répétaient à l’envi qu’ils auraient dû le faire poser plus tôt. Apparemment, ce n’était pas non plus très contraignant hors période de cure. C’était plus l’opération qui m’angoissait. Surtout quand le chirurgien m’avait dit de ne pas m’inquiéter car je ne sentirais rien grâce à l’anesthésie locale. Comment ça, « locale » ? Il était très fier de m’annoncer que grâce aux progrès de la science, on pouvait m’éviter l’anesthésie générale. Il allait juste ouvrir au niveau de la jugulaire, faire une petite incision à la base du cou, une autre au-dessus du cœur pour y loger la chambre implantable et les tuyaux qui étaient reliés. Au vu de mon gabarit, le chirurgien avait opté pour un « baby port-à-cath », de format pédiatrique, dont la durée de vie était estimée entre cinq à dix ans. Le protocole était de rincer le dispositif une fois par mois quand je n’étais pas en cure, et à chaque perfusion dans le cas contraire.

jeudi 4 février 2016

Bilan Annuel au CRCM

Chose promise, chose due, voilà donc comment s'est déroulé mon bilan annuel !
En arrivant à l'hôpital vendredi matin à 8h (dur, dur, le réveil à 7h, d'autant plus que ça fait bizarre de me réveiller AVANT Adrien !), je me présente aux admissions. Le gars de l'autre côté de la vitre avait déjà mon dossier sous la main... Jusqu'à ce qu'il se rende compte que je ne m'appelle pas Guillaume ! C'est la première fois que ça m'arrive de tomber sur un homonyme ! Je fais donc attention à bien vérifier mon nom ET mon prénom sur le dossier, et c'est parti pour me présenter en hôpital de jour.
L'infirmière qui m'accueille est très sympa, elle m'installe dans mon box et je découvre le planning des réjouissances sur le tableau.

Hopital1

J'ai tout juste le temps de faire la prise de sang (une douzaine de tubes, quand même !!!) et d'avaler un petit-déjeuner avant de filer aux EFR. Là encore, on me demande où est Guillaume... Mais après vérification, Jessica est également inscrite au programme. Je commence par le test de la sueur. Pure formalité dans mon cas, puisqu'on connaît déjà les résultats, mais comme justement ils n'ont pas mes résultats à Cochin, je m'y colle. On m'explique que la procédure est maintenant standardisée, donc ce sont des électrodes qui vont faire chauffer mon bras avant qu'on puisse recueillir la sueur si je transpire assez. J'avais des souvenirs de faire des flexions pour me faire transpirer, alors que là je n'ai pas d'effort à fournir, c'est magique !
Ensuite je découvre ce que voulait dire "VO2 Max", je dois faire un test d'effort sur un vélo ! Il y a un médecin dans la salle, "au cas où", ce qui en fait ne me rassure pas tellement. On m'installe des électrodes sur la poitrine et je réalise à quel point c'était stupide de venir en robe... mais les infirmières ne m'avaient pas prévenue ! Petite formalité avant de commencer le test d'effort, il faut prélever les gaz du sang. Ce qui veut dire prise de sang au niveau artériel. La médecin fait un premier essai qui ne donne rien, sauf que ça me fait très très très mal. Son assistant essaye de son côté sur l'autre poignet et il arrive à prélever ce qu'il faut. Comme vous l'imaginez, je me sens au mieux de ma forme pour commencer à pédaler...
Je m'installe sur le vélo, les électrodes fixées sur la poitrine, le saturomètre fixé par un gros scotch sur l'oreille, le pince-nez en place et l'embout dans la bouche pour mesurer les volumes d'air qui passent. Je dois pédaler entre 60 et 70 tours minute pendant tout l'exercice, et indiquer d'un signe de tête chaque minute où j'en suis de mon essoufflement. Au fur et à mesure la médecin augmente les paliers d'effort. Assez vite, je me sens épuisée mais je m'accroche. Je n'arriverai malheureusement pas à pédaler sur le dernier palier, mes jambes ne sont pas assez musclées ! Ils ont pitié de moi et renoncent à prélever les gaz du sang post-exercice. (Du coup je me demande si c'était vraiment utile de les prélever avant ?)
Je continue par un test de marche sur 6 minutes. Il faut juste que je marche dans le couloir à mon rythme (je pensais qu'il fallait aller au maximum de ma vitesse, j'ai dû confondre avec un autre test !), on prend ma tension et ma saturation d'oxygène toutes les minutes et je dois également indiquer mon degré de fatigue. Heureusement que j'ai pris des forces au petit-déjeuner !
Après ça, je change de bâtiment sous le crachin. Je rencontre un médecin très étonnant lors de mon échographie du cœur, il m'explique qu'il faut faire très attention au ventricule gauche du cœur des mucos. La bonne nouvelle, c'est que le mien se porte très bien ! J'enchaîne avec la radio du thorax, puis pause un peu prolongée dans la salle d'attente pour le scanner car l'appareil est en maintenance pour encore 1h. Après le scanner du thorax et des sinus, nouvelle pause encore un peu plus prolongée en salle d'attente pour l'échographie de l'abdomen. Tiens, je retrouve mon homonyme !
C'est embêtant que je ne sois pas à jeun, apparemment... Mais j'estime qu'à 14h30, c'est assez surréaliste de demander à une muco diabétique d'être à jeun... L'échographiste m'explique que mon pancréas présente tous les signes d'un pancréas muco, pareil pour le foie. De son jargon, la seule chose que je retiens c'est qu'il y a du gras tout autour des organes.
Lorsque je reviens au pavillon de l'hôpital de jour, les infirmières sont soulagées car elles s'inquiétaient de ne pas me voir revenir... Elles font réchauffer mon plateau repas, qui me rappelle ce que je mangeais lors de mon séjour à la maternité. Après ça, la kiné vient m'aider pour la séance d'expectoration. Aujourd'hui je dois remplir 4 tubes.
Pour conclure l'hôpital de jour, je vois le médecin, qui n'est pas mon pneumologue habituel. Elle a déjà reçu une partie des résultats de la journée, et sa conclusion est que je dois faire plus de sport car ce sont mes muscles qui m'empêchent d'aller au maximum de mes capacités et non la gêne respiratoire. Monter 4 étages avec un bébé et son sac à langer dans les bras pendant trois semaines, ce n'est pas du sport, mais juste de la fatigue inutile... Oui, maintenant que l'ascenseur est réparé, je m'en rends compte ! Il ne reste plus qu'à trouver comment faire du sport, elle me conseille d'en parler avec ma pneumo habituelle. On avait parlé de ré-entraînement à l'effort avec le kiné, une piste à explorer, peut-être.
Le programme "officiel" est terminé, et je continue par quelques petits bonus (qui étaient initialement prévus pour ma deuxième journée de bilan) ! Nouvelle échographie, cette fois des veines du cou, en prévision de l'implantation de mon prochain port-à-cath. Comme ce ne sera pas la première fois, il faut vérifier l'état des veines, et j'ai de la chance : elles sont nickel ! Après ça, je rencontre l'équipe du CREF, qui pilote un nouveau projet de recherche dans lequel on va analyser l'ADN des bactéries retrouvées dans mes crachats. Je me suis portée volontaire, car cela n'implique pas de prise de sang supplémentaire (ça, c'est vraiment rédhibitoire pour moi !), juste des crachats et des EFR en plus en période de cure intraveineuse. Comme c'est la première séquence, je signe le protocole et je retrace tout mon historique médical avec le médecin... Je ne suis pas mécontente de rentrer à la maison après cette longue journée !

Hopital2

Lundi matin, j'y retourne, sauf que c'est beaucoup plus rapide. Je suis un peu sonnée car toujours sous le choc de l'annonce du décès de Vincent (voir mon billet précédent). L'ORL me demande si j'ai des problèmes ORL, je lui parle donc des mes problèmes de polypes dans les sinus. Bizarrement, il ausculte ma gorge et mes oreilles mais ne regarde même pas le nez. Je lui demande pourquoi, ce à quoi il me répond qu'il y a écrit "bilan de mucoviscidose et bilan d'audition" sur ma convocation. Bon. Je suis un peu à l'ouest et je n'insiste pas. J'en ai juste parlé à l'infirmière coordinatrice du CRCM le lendemain, et elle aussi trouve ça bizarre, car s'il n'y avait qu'une chose à regarder, c'était précisément mon nez. La prochaine fois, peut-être !
J'attends donc ma prochaine consultation avec la pneumo du CRCM (le 8 mars) pour avoir les résultats de ce bilan assez exhaustif.
Rayons de sourire,
Jessica

Mathieu - 5 mars 1995
Vansin continuait sur sa lancée.
— Jeanne, bravo, tu as été vraiment très inspirée. Et ton récit m’a beaucoup touchée. D’ailleurs, ça te dérange si je lis ton texte à la classe ? Non, vraiment, dis-moi si ça te dérange, et je te rends ta copie.
Comme si elle avait le choix, la pauvre ! Jeanne était une grande timide, elle n’aurait jamais contrarié un prof, encore moins devant toute la classe. De ma chaise, je vis qu’elle hochait la tête mais j’étais trop loin pour entendre sa réponse. Sa voix portait nettement moins que celle de Vansin. La prof remonta ses lunettes sur le nez et commença sa lecture. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien avoir comme épisode marquant à raconter ?
Je n’étais pas préparé au choc. Jeanne avait expliqué le déroulement d’une journée de bilans médicaux à l’hôpital, et elle n’avait pas lésiné sur les détails larmoyants. C’est sûr qu’en touchant la corde sensible, elle avait dix-huit d’entrée. C’était trop facile.

jeudi 14 janvier 2016

Soldes d'Hiver

L'époque des soldes a vite démarré en ce début janvier. Il ne se passe pas un jour sans que je ne reçoive de la publicité pour 10, 20 ou 30% additionnels sur les prix soldés.
Mes poumons ont donc sûrement pensé que c'était l'époque pour afficher -10% lors de mes derniers EFR. Vous pouvez imaginer ma déception, d'autant plus que depuis deux semaines à descendre et monter les quatre étages à pied à cause de la panne d'ascenseur, j'étais persuadée que ma capacité pulmonaire allait battre des records... La pneumo m'a parlé d'une prochaine cure IV à organiser avant que je ne reprenne le travail, si je n'ai pas récupéré ces 10% d'ici début mars. Elle m'avait prévenue, que ça allait être dur d'assumer en même temps le rôle de maman et le rôle de patiente muco !
En attendant, je m'occupe donc des démarches pour la pose d'un nouveau port-à-cath. Je ne pensais pas que ça reviendrait si tôt, mais je vois le côté positif : j'ai encore le temps de passer quelques journées supplémentaires à l'hôpital pendant mon congé maternité ! (Il faut juste trouver à faire garder Adrien...) J'espère que lors de mon bilan annuel des 22 et 25 janvier, j'aurais déjà remonté un peu la pente. En tout cas, je suis motivée !
Ajoutez à cela mes déboires avec l'administration pour résoudre mes dettes vis-à-vis de l'hôpital public car changer trois fois de caisse de sécu en 6 mois, ça n'est pas possible "normalement", et vous comprendrez que mon niveau d'énergie a quelque peu baissé. Au moins, 2016 s'annonce sans autre changement, ce qui devrait me faire rentrer dans les cases. Me voilà rassurée !
Heureusement, au milieu du flot de ces mauvaises nouvelles dont je me serais bien passé, j'ai reçu quelques rayons de sourire qui sont venus éclairer ma journée. Tout d'abord, vos messages d'encouragement, dont je suis très fière car on voit bien que vous avez complètement intégré le message d'espoir de mon livre. MERCI de me suivre dans les bons et les moins bons moments ! Et puis, je me réjouis de bientôt participer à la Soirée de l'Espoir du 18 février prochain à Colomiers. Pour les inscriptions, c'est par là : cliquez ici. Enfin, les sourires d'Adrien valent toutes les cures de perfusion du monde. Il faut que je me maintienne au top niveau pour pouvoir le voir grandir dans les meilleures circonstances possibles.
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 6 janvier 2008
Ça m’avait fait très plaisir de faire découvrir à Evelyne les rues animées de Londres. En plus, on pouvait encore profiter des décorations de Noël, qui donnaient un air de fête à la ville. Aux achats frénétiques des cadeaux à mettre sous le sapin avaient succédé les achats compulsifs des soldes. Pour la deuxième démarque, certaines boutiques offraient jusqu’à 80 %, une vraie aubaine ! Evelyne avait d’ailleurs succombé à la tentation chez Marks & Spencer. Je ne m’étais pas fait prier pour l’accompagner.

mercredi 16 décembre 2015

Ode aux mamans d'enfant malade

Ce billet s'adresse tout particulièrement aux mamans (oui, aux parents en général, mais surtout aux mamans quand même) d'enfants malades. Car c'est mon cœur de maman qui en a pris un coup lors de la visite chez le pédiatre pour les deux mois de mon fils.
Je pensais bien qu'il n'allait pas particulièrement apprécier l'administration des premiers vaccins, et ses pleurs déchirants me l'ont confirmé. Je n'avais qu'un biberon à lui mettre sous la dent (façon de parler car il n'en a pas encore, de dents) pour le consoler. Je ne l'avais encore jamais entendu pleurer de la sorte, et j'en ai été toute chamboulée.
Et puis, l'attitude d'Adrien le reste de la journée a été complètement différente de d'habitude. Lui qui est un vrai petit glouton avait perdu tout appétit, il avait du mal à trouver le sommeil et surtout il était de plus en plus chaud... Après vérification, il avait 38 de fièvre. La soirée a été particulièrement pénible car je sentais qu'il était en détresse mais je ne savais pas comment le soulager. Je contrôlais sa température régulièrement, je prenais garde à ne pas trop le couvrir et je désespérais d'arriver à lui faire avaler quelque chose. Je ne voulais pas m'inquiéter outre mesure car ça ne devait être qu'une réaction somme toute normale, après les vaccins du matin.
Je l'ai couvé toute la nuit et à mon grand soulagement j'ai retrouvé mon petit garçon dès le lendemain matin. La fièvre avait disparu, les sourires et l'appétit sont revenus. C'est là que j'ai eu une pensée pour mes parents, et surtout pour ma maman, qui ont eu à gérer un enfant malade dès son premier jour de vie. Surtout un enfant malade qui restera malade toute sa vie, sans grand espoir de guérison. On ne parle pas ici d'une fièvre, une gastro ou une rougeole. La mucoviscidose est une maladie évolutive, et en général l'évolution ne va pas vraiment dans le bon sens.
Depuis 9 semaines qu'Adrien est entré dans notre vie, je suis chaque jour reconnaissante d'avoir un petit garçon en bonne santé. Alors je suis encore plus reconnaissante à mes parents de s'être occupés de moi toutes ces années où j'avais un besoin constant de soins. Quelle douleur pour une mère de voir son enfant souffrir sans pouvoir le guérir ! D'endosser le mauvais rôle quand il faut lui expliquer qu'il doit renoncer aux activités de son âge pour se consacrer à des traitements lourds ! D'endurer sa détresse sans aucun moyen d'y remédier, lors des poses de cathéter ou des séjours à l'hôpital ! Et encore, mes parents ont eu la chance et la joie de me voir grandir et m'épanouir. Je connais d'autres parents qui ont dû faire le deuil de leur enfant. La maladie a été plus forte et leur a laissé un vide inconsolable, pour le restant de leurs jours.
A ces mamans courage qui se sont battues pour le bonheur de leur enfant malade, qui lui ont transmis la joie des petits bonheurs de la vie, qui ont su guérir les petits bobos en y déposant un bisou, qui ont transformé un malheureux lit d'hôpital en chambre de princesse, qui ont allumé des étincelles d'espoir dans les yeux de leur petit, qui sont sans aucun doute les meilleures mamans du monde (c'est écrit sur le collier de nouilles reçu pour la fête des mères)... Merci et bravo !
A mon tour, j'endosse ce rôle de maman avec des étoiles plein les yeux et j'espère être à la hauteur, comme toutes les mamans que je connais et que j'admire.
Rayons de sourire,
Jessica

Patricia - 5 mai 1983
Une des filles sortit en courant chercher le médecin. Le matin, il faisait sa visite d’étage en suites de couches et ne fut pas long à venir nous rejoindre. Pour un soi-disant « petit » problème, je trouvais que tout le monde autour de moi commençait à faire monter la pression, et je lançais des regards inquiets à mon homme. Lui essayait d’évaluer l’ampleur de la chose, sans pour autant déranger le personnel soignant.
Le pédiatre prit conscience de notre présence, et il nous expliqua en termes simples ce qui l’inquiétait : on s’attendait à ce que Jeanne produise du méconium, qui correspondait aux premières selles du nouveau-né. En général il était expulsé dans les vingt-quatre heures qui suivaient la naissance. Dans le cas de Jeanne, il restait encore du temps car elle n’avait que douze heures de vie, mais son ballonnement abdominal était anormal, donc on essayait d’anticiper par un contrôle de routine. Le médecin palpa son ventre, secoua la tête. Puis il chaussa des gants et, à tâtons, effectua un toucher rectal à notre bébé. Ce geste, qui ne prit pourtant que très peu de temps, me choqua profondément. Le médecin nous annonça avec un regard désolé que la manipulation n’avait rien donné, et qu’il fallait maintenant procéder à un lavement. Malheureusement, la maternité n’était pas équipée pour cet acte, et il fallait donc transférer mon bébé à l’hôpital. Sauf que je n’étais pas encore assez solide pour la suivre. Impossible d’imaginer qu’on nous sépare ! Pas maintenant, pas si tôt !

jeudi 22 octobre 2015

Ma plus grande fierté

Il aura suffi d'une micro-seconde à peine pour que je tombe sous le charme de mon fils. Je me suis sentie tellement fière de mes exploits de jeudi dernier ! (vous comprenez maintenant pourquoi j'ai manqué à l'appel de la publication du billet du jeudi...)
Adrien
Depuis les cours de préparation à l'accouchement j'avais du mal à imaginer le déroulement de cette épreuve ultime ! Je ne me voyais pas assez forte pour tenir le rythme physique et en même temps je pensais bien que je pouvais me surpasser pour un moment aussi intense. J'avais raison de faire confiance à cet instinct animal qui a finalement plus que décuplé mes forces. (Je reconnais que la cure IV de septembre a fortement contribué à me fournir toute l'énergie nécessaire pour le jour J!)
Quelle satisfaction incroyable d'avoir pu donner le jour au plus beau petit garçon du monde (of course!) à la force de mon souffle ! C'est une réaction très égoïste mais il faut bien savoir être égoïste de temps en temps.
D'autant plus que mon euphorie n'aura pas duré très longtemps car le contrecoup du plus gros effort de ma vie ne s'est pas fait attendre. J'ai profité des premiers instants avec mon fils sur la poitrine puis mon corps m'a complètement lâchée et j'ai perdu connaissance. L'équipe médicale a bien sûr géré ça comme des pros et j'ai recouvré mes esprits un peu plus tard.
C'est après mon deuxième malaise le lendemain que j'ai fait un bilan sanguin. Comme j'étais fortement anémiée j'ai eu droit à une transfusion de deux culots de sang neuf. Je suis donc sortie de la maternité avec des suppléments en fer et une ordonnance pour contrôler le niveau de mes globules rouges !
Mais surtout je repars avec un nouveau statut dont je suis extrêmement fière : celui de maman ! Et maintenant, je me concentre sur mes soins pour pouvoir assurer un maximum ce rôle de nouvelle maman. Pas question de laisser le Pyocianique jouer les trouble-fête !
Rayons de sourire,
Jessica

Patricia - 5 mai 1983
Les pieds coincés dans les étriers, je ruminais. Les contractions, bien qu’espacées pour le moment, étaient tellement douloureuses ! Consciencieusement, je labourais de mes ongles le bras de mon homme qui supportait la douleur, sans oser se plaindre. De toute façon, il savait bien que c’était bénin par rapport à ce que j’étais en train d’endurer. J’étais en salle de travail depuis plusieurs heures, qui me paraissaient une éternité. J’étais épuisée. Arrivée la veille au soir, j’avais vu le soleil se coucher, les étoiles se lever, et laisser de nouveau la place au soleil, qui était maintenant à son zénith. Malgré les encouragements de la sage-femme, j’en avais marre. Je ne comprenais pas ce qui retenait notre bébé aussi longtemps. J’alternais les cris, les soupirs, les larmes. Je respirais tant bien que mal, façon « petit chien ». Quand vint le moment de pousser, je m’appliquai de toutes mes forces, mais apparemment pas assez fort. Ça n’avait pas suffi. J’étais à bout.
Enfin, à 16 h 10, le cri tant attendu retentit. Avec grand soulagement, je desserrai les doigts et libérai ainsi le bras de Laurent. Mon mari m’embrassa sur le front. J’étais en nage mais il s’en fichait. La sage-femme posa alors sur ma poitrine une minuscule boule gluante toute chevelue qui braillait : notre fille chérie. Nos regards de parents étaient subjugués par cette forme minuscule et ridée, qui ressemblait alors plus à un crapaud velu qu’à une petite princesse. Comme nous avions déjà convenu du prénom pour le bébé, je passai mes doigts dans ses cheveux collants en souhaitant la bienvenue à Jeanne.

jeudi 17 septembre 2015

Nouvelle cure

On parle de l'intuition féminine, mais dans mon cas je parlerai plutôt de l'intuition de ma pneumologue. Dès le mois de juin, elle m'avait dit que j'aurais du mal à échapper à une cure de perfusions d'antibiotiques avant la fin de ma grossesse... Et bien elle avait entièrement raison, car après les bonnes surprises liées au repos et à l'intensification de la kiné au mois d'août, il a suffi d'un banal rhume pour me mettre complètement KO...
Vendredi dernier je suis passée au CRCM (Centre de Ressources et de Compétences pour la Mucoviscidose) en urgence, et le diagnostic ne s'est pas fait attendre. Avec toujours 10^7 de Pseudomonas qui se promènent dans mes bronches, un encombrement qui va crescendo, une fatigue intense qui ne va pas vraiment s'améliorer dans les prochains temps, des nuits tellement agitées par la toux que même les siestes ne sont plus réparatrices, il fallait bien frapper un grand coup, c'est-à-dire lancer l'artillerie lourde avec les perfusions d'antibiotiques.
La bonne nouvelle, c'est que les infirmières coordinatrices du CRCM s'occupent de tout l'aspect logistique, ce qui n'est pas rien. Puisque c'est ma première cure d'antibiotiques sur Paris, elles ont dû chercher tous les prestataires associés à ce plan de bataille, soit : un bloc opératoire à l'hôpital pour assurer la pose du picc-line, une infirmière pour venir tous les jours à domicile faire passer le traitement, le prestataire médical qui livre le matériel qui prend de la place (le contenant), la pharmacie qui s'occupe des antibiotiques et du sérum (le contenu), ça en fait du monde à coordonner !
Je leur tire mon chapeau car tout a été organisé très rapidement.
Mardi matin, je suis passée au bloc pour la pose du picc-line. Cette fois-ci, j'ai même eu droit à un peu d'anesthésie locale (après le premier trimestre de grossesse, 1cc d'anesthésie ne devrait pas faire de mal au bébé, et ça peut être tellement bénéfique pour la future maman !), et heureusement car le chirurgien a bataillé pour trouver une veine. Son discours, qui se voulait rassurant lorsqu'il s'est présenté à moi ("Ne vous en faites pas Madame, en 5 minutes chrono, tout est réglé"), s'est transformé au fil du temps en un langage beaucoup plus coloré et qui ne m'était sûrement pas destiné ("P#$*@ de b#$*@ de m#$*@, la veine roule et on ne peut rien fixer"). 1h30 plus tard, il était tout de même fier de m'annoncer qu'il avait réussi un exploit au vu de mon capital veineux. Je suis repartie avec le picc-line en place, certes, mais également avec un hématome assez moche et douloureux, juste en dessous du picc-line, là où la veine n'a jamais voulu accepter qu'on la touche.
Après ces émotions, le petit-déjeuner de l'hôpital était le bienvenu. L'après-midi j'ai récupéré tout le reste du matériel, juste à temps pour l'arrivée de l'infirmière du soir. Je n'ai vraiment pas fait long feu ensuite, et j'ai dormi comme un bébé (enfin, comme un bébé sage qui fait déjà ses nuits) jusqu'à l'arrivée de l'infirmière du matin le lendemain matin.
Maintenant j'ai deux semaines pour me requinquer et me remettre sur pied ! Déjà, pour les Virades de l'Espoir, dans 10 jours, je devrais me sentir un peu plus en forme. Ma collecte de fonds continue sur la page : http://mondefi.vaincrelamuco.org/projects/la-collecte-de-jessica-jessica-s-fundraising-campaign
Et bien sûr, l'objectif pour le mois d'octobre c'est d'avoir récupéré toutes mes forces, et même plus, pour pouvoir faire connaissance avec Junior dans les meilleures conditions possibles !
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 3 décembre 2001
L’opération ne devant pas avoir lieu tant que je n’avais pas besoin de perfs, je m’étais sentie tranquille au moins jusqu’à Noël. L’arrivée d’un hiver rude ne m’avait cependant pas laissé beaucoup de répit, vu que je passai au bloc le 18 novembre. J’avais d’abord été très agréablement surprise par les résultats de l’anesthésie locale. J’étais allongée sur le billard, seulement recouverte d’un champ couleur « vert hôpital », dans lequel le chirurgien avait ouvert un grand carré au niveau du haut de mon torse. Mais l’inclinaison de la table d’opération faisait en sorte que mon regard n’avait pas accès à cette zone, même en louchant très fort. Mon cerveau savait pertinemment que le chirurgien était en train de faire de la couture à cet endroit-là, mais il ne le sentait pas. Par contre, mon ouïe n’avait malheureusement pas été anesthésiée, et j’entendais tout ce qui se passait au bloc. Le cliquetis des instruments en métal qui s’entrechoquaient me paraissait terrifiant. Le chirurgien sifflotait, et voulait engager la conversation. Moi, j’étais trop stressée pour lui répondre par autre chose qu’un claquement de dents. L’opération m’avait semblé durer une éternité, mais finalement en moins d’une demi-heure le chirurgien m’avait laissée aux mains de l’infirmière pour finaliser les pansements. En plus d’installer la chambre implantable, il y avait également connecté une aiguille de Huber pour que je puisse commencer la cure le soir même. Toute la partie supérieure gauche de mon torse et jusqu’à la base du cou était recouverte de compresses, de Bétadine, de Tegaderm, autant dire que je ne pouvais pas vraiment admirer le résultat. Le chirurgien semblait content de lui, il m’avait même promis que je le remercierais dans quelque temps, quand je pourrais voir le très beau travail qu’il avait réalisé. Il m’avait assurée que je pourrais continuer à mettre des décolletés sans qu’on s’aperçoive de la présence de la chambre implantable. La magie du baby port-à-cath ! C’était sympa de sa part de penser à conserver mon capital séduction.

jeudi 20 août 2015

Devoirs de Vacances

Quand j'étais petite, je n'envisageais pas un été sans les devoirs de vacances. Je devais me freiner pour ne pas finir le cahier trop vite !
Aujourd'hui, mes devoirs de vacances se résument à une ordonnance très complète : repos + kiné respi + aérosols + 30 minute de marche, à répéter tous les jours. Ce programme fonctionne plutôt bien en ce moment, comme l'ont montré mes résultats d'EFR lors de mon bilan hier. A 73% de VEMS, je suis fière de moi, et je me sens débarrassée de la menace des perfusions. J'ai le sentiment du travail bien fait, même si je n'ai pas droit à un jour de relâche ; c'est la différence avec les devoirs d'école ou de vacances, qui nous laissent tout de même des moments libres pour nos loisirs.
La muco ne laisse pas de répit ni de jour de repos car elle requiert une vigilance de tous les instants. Mais c'est rassurant de voir que cette maladie peut évoluer dans un sens ou dans l'autre, et pas seulement s'aggraver (surtout à mon "grand" âge de muco !). Bien sûr, je suis consciente que ces résultats sont loin d'être définitifs, mais pour l'instant je savoure ma petite victoire. J'avais finalement raison, deux semaines plus tôt, de croire à un été sans perfusions. Merci les séances de kiné et merci la TOBI en aérosol !
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 5 septembre 1989
Comme c’était la rentrée, la maîtresse préféra ne pas nous donner de devoirs « pour qu’on se réhabitue progressivement ». A la place, elle fit raconter à chacun un souvenir de vacances. On devait dire aussi si on avait fait des cahiers de vacances. A l’heure du repas, je vis rapidement Alice, mais elle préférait rester avec ses nouvelles copines plutôt qu’avec sa sœur. Il y avait une dame qui nous faisait passer de l’autre côté de la cour, jusqu’à la cantine. On devait se mettre deux par deux et se compter. Les tables étaient très grandes, on pouvait s’asseoir à dix autour d’une table. Dans un coin de la salle, il y avait la table des maîtresses. Je devins toute rouge quand la maîtresse s’approcha de ma chaise pour me donner mes médicaments. Comme on avait été au centre aéré ensemble, Mélanie savait que je prenais des médicaments avant de manger. Mais tous les autres de la table voulurent savoir aussi ce que la maîtresse m’avait donné. Et moi qui ne voulais pas me faire remarquer !

jeudi 25 juin 2015

Bienvenue à Paris !

Pour mon premier jour à Paris, j'ai eu droit au trafic ralenti sur la ligne de métro suite à un incident voyageur, à la pluie en continu toute la journée même si le calendrier voulait me faire croire que nous étions passés à la saison estivale, et au choc des prix affichés dans les vitrines du quartier (107€ pour un shampooing / coupe / brushing, sérieusement ???). Très rapidement, j'ai pris le rythme du métro - boulot - dodo, même s'il est plus juste dans mon cas de parler de aérosol - métro - boulot - kiné - aérosol - dodo.
Justement, une de mes préoccupations pour bien démarrer cette nouvelle étape est de trouver un cabinet de kiné respi grâce à qui je vais pouvoir reprendre des séances quotidiennes avec un professionnel. Je me rappelle de mon arrivée à HEC, c'était exactement la même situation. Je débarquais de ma province et je devais mettre en place une structure de soins adaptée. J'avais été confrontée aux démarches administratives de la sécu étudiante, qui n'avait pas l'air pressée de valider ma prise en charge à 100% d'ALD (Affection de Longue Durée). C'était ma première prise de contact avec un CRCM adulte. J'avais eu du mal à trouver une pharmacie pour mes traitements quotidiens. Mais au milieu de toutes ces galères, j'avais eu la chance de trouver une kiné en or.
Cette fois-ci, je reviens de presque 10 ans à l'étranger, pendant lesquels j'ai continué à cotiser à la Sécurité Sociale française par le biais de la Caisse des Français de l'Etranger. Me voici une nouvelle fois aux prises avec la bureaucratie de la Sécu, mais je suis plus patiente qu'avant. Mon dossier est prêt, ainsi que tous les justificatifs demandés, il faut juste laisser le temps à ma nouvelle caisse d'en faire connaissance.
Grâce à ma visite du mois de mai, je suis déjà familière avec le CRCM de Cochin et son fonctionnement. Je suis encore en recherche d'un kiné et d'une pharmacie, sauf que j'ai emporté quelques provisions de médicaments dans mes bagages, et je sais maintenant faire mes séances de kiné toute seule avec un Flutter.
Je me sens donc bien préparée pour me lancer dans cette nouvelle étape. Jusqu'à la semaine prochaine (quand je recevrai les résultats de mon ECBC), je veux également croire que j'ai laissé à Madrid le staphylocoque et le pyo qui m'ont mise à plat ces derniers mois.
Alors voilà, le moral est au beau fixe, maintenant je crois le calendrier qui me dit que c'est l'été !
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne - 22 septembre 2002
Nous formions une grande communauté d’étudiants, mais au final, les profils ne variaient pas énormément. Chacun était issu d’une bonne famille, avait reçu une bonne éducation, et on se félicitait mutuellement d’avoir eu des bonnes notes à l’école. Bref, comme le disait maman, tous les jeunes garçons que je croisais correspondaient en tout point au gendre idéal. Mais elle avait vite compris que ma préoccupation première en arrivant là n’était pas de me caser. Au contraire, l’item numéro un de ma to-do list était de retrouver une structure de soins adaptée. Sauf que là, je ne pouvais plus compter sur l’aide des parents, j’étais partie bien loin de Toulouse.
J’avais eu de la chance de rencontrer Emma. Elle venait tout juste de finir l’école de kiné et avait été embauchée comme assistante au cabinet de Jouy-en-Josas. Elle adaptait les rendez-vous des autres en fonction de mes horaires, en disant que les mamies de Jouy n’avaient aucune contrainte d’emploi du temps, ce qui n’était pas mon cas. En plus, Emma se déplaçait jusqu’au campus tous les jours, et ça m’arrangeait bien car je n’avais pas de moyen de transport. Elle m’avait même emmenée à la pharmacie du village, car il fallait que je me fournisse en médicaments tous les mois. J’avais une ordonnance du Docteur Sab encore valide, mais comme mes papiers étaient en train de se mettre en place auprès de la sécu étudiante, le pharmacien refusa de prendre sur lui le tiers payant et je dus régler moi-même mes doses de Créon pour le premier mois. J’étais révoltée par son attitude, mais je ne dis rien. C’était la seule pharmacie des environs, donc j’avais plutôt intérêt à bien m’entendre avec lui. Autant faire bonne figure.

jeudi 18 juin 2015

Dans les cartons !

Une fois n’est pas coutume, la fin d’année scolaire annonce de grands changements. Cette semaine marque la fin d’une période importante pour moi : ma vie madrilène.
En préparant ma valise pour rentrer en France, je ne peux m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur. Je sais au fond de moi que j’ai pris la bonne décision pour préserver au mieux mon capital santé. Je vais pouvoir retrouver un kiné professionnel tous les jours au lieu d’une séance hebdomadaire, je vais pouvoir être suivie dans un centre spécialisé pour les mucos adultes au lieu du service pédiatrique, je vais pouvoir commander directement mes médicaments à la pharmacie en bas de chez moi au lieu de charger mes parents de me les envoyer depuis la France, je vais pouvoir être reconnue comme muco au boulot sans devoir m’épuiser à justifier ma toux…
Les conditions sont tout de même idéales, j’ai déjà un boulot qui m’attend et ma famille qui se réjouit de m’accueillir. En plus, j’ai eu un excellent premier contact à l’hôpital de Cochin, ce n’est pas comme si j’allais sauter dans l’inconnu.
Mais voilà, je suis une émotive et il s’en faut de peu pour que je verse une petite larme en disant « Au revoir » à tous ceux qui m’ont accompagnée durant ces dernières années : toute l’équipe de l’hôpital, et spécialement le pneumo, les kinés de ville que j’ai moi-même formés à la kiné respi qui me convenait, et les amis bien sûr ! Pour les revoir, je pourrais toujours m’évader quelques week-ends dans l’année, (2h d’avion ce n’est rien !), tout comme j’ai pris l’habitude de passer deux week-ends par an à Londres pour retrouver les bons côtés de mon ex-vie londonienne.
Une page de ma vie se tourne, à moi d’écrire le prochain chapitre ! (et pourquoi pas en faire un prochain livre !)
Rayons de sourire,
Jessica

Mélanie – 6 juin 1997
La dernière lettre de Jeanne avait un ton un peu triste et mélancolique, parce que le pyo était revenu. C’était trop bête, juste au moment où elle s’intéressait aux garçons, enfin, plutôt AU garçon, vu qu’il n’y en avait qu’un qui était digne d’intérêt à ses yeux. Elle se plaignait que Daniel ait conquis son cœur en même temps que le pyo avait reconquis ses poumons. Il ne lui laissait plus de répit. Elle n’arrivait plus à s’en débarrasser, même à grand renfort d’antibiotiques, d’aérosols et de kiné (deux séances par jour, tout de même !). Elle avait déjà enchaîné deux cures IV sur les six derniers mois, et ça n’était malheureusement pas suffisant. Dans ces conditions, je comprenais sans mal ce spleen qui s’exprimait dernièrement. Elle avait peur de devoir annuler sa participation au spectacle de danse de fin d’année, si elle devait commencer les perfs. Il fallait qu’elle trouve des arguments convaincants pour les retarder de quelques semaines. Mais ensuite venait le brevet ! Et puis, les vacances ! Décidément, ce n’était jamais le bon moment !

jeudi 21 mai 2015

Prise de contact au CRCM de Cochin

Hier, en franchissant les portes de l’hôpital Cochin, je me suis sentie comme une petite fille qui fait sa rentrée des classes. Intimidée par les différents bâtiments, je me suis un peu perdue dans cette mini ville nichée au cœur de la grande ville. (Forcément, la pluie battante qui était venue m’accueillir ne m’a pas aidée à me repérer du premier coup !)
Donc voilà mon prochain CRCM (= Centre de Ressources et de Compétences de la Mucoviscidose). J’ai repensé à ma première impression lors de mon accueil au CRCM de Foch, à Suresnes, il y a de ça plus de 10 ans. A l’époque, je n’avais jamais mis les pieds à l’hôpital, à part pour mes journées de bilan annuel, mais je n’étais pas pleinement consciente de ce que ça impliquait car je ne faisais que suivre mes parents d’un examen à l’autre, d’un pavillon à l’autre. Depuis que je suis passée en « suivi adultes », je me rends bien compte de l’organisation d’une journée de bilan.
J’avais juste oublié la dimension bureaucratique ! En effet, j’ai dû passer au service Admissions, constituer mon dossier pour l’hôpital, et expliquer pourquoi je suis encore prise en charge par la Sécu des Français de l’étranger. (Je ne peux basculer à la caisse de Sécurité Sociale « classique » qu’à partir du moment où j’ai un contrat de travail en France, bien sûr !) Je n’avais pas le bon papier (le mien était vert, pas rose), mais on m’a fait une faveur de préparer mon dossier comme il faut.
Après ça, je suis passée au CRCM proprement dit, et j’ai été reçue comme une princesse. Tous les professionnels que j’ai croisés étaient vraiment souriants, aimables, heureux de m’aider. La pneumologue a passé une grande partie de l’après-midi avec moi, pour me connaître, revoir mon dossier médical, comprendre mes antécédents, elle m’a même parlé d’avenir et des prochains programmes de recherche (qui pourraient d’ailleurs concerner mes mutations) !
J’ai soufflé. Même si les EFR me paraissent un peu faibles par rapport à mes valeurs historiques, ils sont plutôt bons pour mon âge ! Je suis juste au-dessus de 70% des valeurs théoriques.
Pareil pour mon poids. Je pense que je devrais faire 1 ou 2 kg de plus, mais les médecins que j’ai vus en étaient très contents car ils m’ont dit que la majorité de leurs patients faisaient plutôt 10 kg de moins que moi.
J’ai craché, même si je n’ai pu remplir que deux des trois tubes. J’aurai les résultats dans une semaine, mais pas besoin d’être laborantin pour savoir que ce que j’ai sorti de mes poumons est plein de petits Pseudomonas ! La pneumo m’a proposé de reprendre les aérosols de TOBI pour un mois, et ensuite on verra si j’ai pu me débarrasser de ces crachats dégueulasses, ou si j’ai besoin de ressortir l’artillerie lourde avec une nouvelle cure de perfusions.
Côté diabète, mes objectifs de glycémie ont été modifiés à la baisse, plus stricts, mais c’est pour mon bien, et je vois ça comme un nouveau challenge à relever. Le fait de manger du « vert » à chaque repas (souvent, une salade) m’a bien aidée ces dernières semaines à atteindre mes objectifs.
En résumé : un bilan plutôt positif, surtout une très bonne prise de contact avec l’équipe pluridisciplinaire que je retrouverai fin juin pour vérifier si la TOBI a produit l’effet escompté !
Rayons de sourire,
Jessica

Jeanne – 22 septembre 2002
La salle d’attente de l’hôpital était en elle-même une épreuve. Je voyais défiler des patients très mal en point. Ce n’était pas souvent des personnes âgées au sens du troisième âge, mais elles paraissaient beaucoup plus que leur âge. Elles avaient dû être sacrément abîmées par la vie. Pas précisément le genre de modèle de « grand muco » que j’avais en tête. Je me demandais ce que je faisais là, car je ne me sentais pas appartenir à cette catégorie. Ce fut là que je vis pour la première fois quelqu’un portant sa bouteille d’oxygène. « Porter » n’était pas vraiment le mot juste car le pauvre n’avait plus de force pour porter quoi que ce soit. Il tirait sa bouteille dans un petit caddie à roulettes qui le suivait. C’était complètement débile de ma part, mais je paniquai instantanément à l’idée de me retrouver dans cet état-là dans dix ans. Pourquoi cette projection improbable ? Pour en arriver là, il devait avoir une très faible capacité respiratoire, or c’était loin d’être mon cas. Je n’avais même pas vingt ans, il en paraissait le double. Lors de cette première visite, je n’avais pas vraiment réalisé ce que cela signifiait. Certes, il était sous oxygène et dorénavant sa maladie était visible aux yeux de tous, mais il était VIVANT. A ma naissance, les médecins avaient prévenu mes parents que l’espérance de vie d’un enfant muco ne dépassait pas les dix ans. Vingt ans plus tard, grâce à l’amélioration de la qualité des soins et de la qualité de vie, on l’estimait autour de trente ans. Je ne m’émerveillais pas assez de ce phénomène. C’était un bond de géant, même si les chiffres en eux-mêmes ne voulaient rien dire. Ce qui comptait, et j’en étais la preuve vivante, c’était qu’on pouvait vivre avec la muco. Une grande partie de la population muco en France était maintenant majeure, à tel point que les structures s’étaient adaptées. Les adultes n’étaient plus suivis en pédiatrie. Les CRCM pour adultes visaient à prendre en charge les évolutions de la maladie spécifiques à l’âge adulte. Il y avait même un Conseil des Patients au sein de l’association Vaincre la Muco , et un département pour accompagner les patients dans leur vie professionnelle. Ça démontrait bien que je pouvais élaborer des plans d’avenir !

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